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Analyse

Emploi des femmes
Le chemin de croix pour les postes de responsabilité

Par L'Economiste | Edition N°:4418 Le 11/12/2014 | Partager
Seule une femme sur 10 arrive à une fonction de direction
Elles constituent à peine 6% des secrétaires généraux dans l’Administration
A peine 0,8% de femmes entrepreneurs

Les nombreuses inégalités qui sévissent dans les lieux de travail sont favorisées, selon le rapport du CESE, par leur large diffusion dans la société et par leur enracinement socioculturel

Si le rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE) insiste sur la précarité des activités économiques des femmes, il a également mis en avant leur faible participation à la prise de décision. En effet, les femmes n’occupent que 12% des postes de direction. Les rédacteurs du rapport estiment que les femmes «se heurtent, aussi bien dans le public que dans le privé, au plafond de verre, défini comme un ensemble de barrières invisibles, créées par des préjugés d’ordre comportemental ou organisationnel empêchant des individus qualifiés d’avancer dans leur organisation». Dans la fonction publique, près de 88,3% des femmes responsables sont des chefs de service ou de division. En face, le taux de féminisation de certaines fonctions comme secrétaire général ou directeur ne dépasse pas respectivement 6% et 11%. Le CESE n’hésite pas à critiquer la faible présence des femmes dans les nominations dans les hautes fonctions, conformément à la nouvelle loi. En effet, «sur 300 nominations aux hautes fonctions en 2013, on ne compte que 38 femmes, soit 12,6%, bien loin de l’objectif de la parité stipulé dans la Constitution», est-il noté. Pire, dans le secteur privé, seule une femme sur 10 accède à un poste de responsabilité.
Globalement, les rédacteurs du rapport estiment que «les pratiques de gestion des ressources humaines sont à l’origine des discriminations indirectes». En effet, ces pratiques qui sont «souvent conçues sur le modèle du travailleur masculin, dont les obligations familiales sont soit minimes, soit prises en charge par la conjointe, s’avèrent défavorables aux femmes». Ainsi, un processus d’appel à candidature pour des postes de responsabilité, «bien qu’ouvert, peut exclure de facto les femmes, en imposant des critères qu’elles ne sont pas en mesure de satisfaire, comme le nombre d’années d’expérience préalables en tant que responsables».
En face, même l’entrepreneuriat féminin reste «limité par l’accès au financement et dominé par l’auto-emploi». En 2012, seules 0,8% des femmes sont des entrepreneurs et 16,1% travaillent en tant qu’indépendantes. Il s’agit principalement des coopératives féminines, qui connaissent un développement notable. Les 1.699 coopératives féminines regroupent 31.173 adhérentes. Néanmoins, si le travail des coopératives est considéré comme un tremplin vers l’entreprise et l’autonomisation des femmes, il faut noter qu’il s’agit surtout d’activités liées à des secteurs à dominance masculine, comme l’artisanat, l’agriculture… Mais le véritable frein au développement de l’entreprise féminine reste l’accès au financement. Surtout lorsqu’on sait que le taux de bancarisation des femmes est inférieur à 30%. Ainsi, le document du CESE montre que «50% des entreprises féminines sont autofinancées, et seulement un tiers du financement provient des ressources externes». En plus de ces difficultés, «les femmes entrepreneurs sont confrontées à des barrières persistantes pour le démarrage et la croissance de leurs activités, notamment à cause d’un accès limité à l’information, à la formation et aux infrastructures d’accueil, ou encore à cause de pratiques sociales et culturelles discriminatoires».

M. A. M.

                                                                          

Mécanismes d’accompagnement

La résorption des inégalités entre hommes et femmes passe, selon le CESE, par l’intégration du principe d’égalité en tant que fondement de la citoyenneté dans les programmes éducatifs. Le Conseil de Nizar Baraka propose au gouvernement d’agir sur 4 leviers. En tête, la nécessité de «se doter d’instruments et d’indicateurs conformes aux normes internationales, qui permettent d’appréhender l’effectivité de l’égalité dans la vie économique». Il s’agit notamment de l’activation de l’Observatoire national de l’emploi, appelé à produire régulièrement des données et des informations aux décideurs sur la participation des femmes à l’activité économique. Le gouvernement est également appelé à «instaurer un cadre favorable à l’égalité économique et à la conciliation entre les responsabilités professionnelles et familiales. L’idée est de «mettre en conformité les lois et règlements avec les dispositions des conventions de l’OIT, en particulier sur le plan des définitions, et avec le principe de coresponsabilité des parents prévu par le code de la famille. A cela s’ajoute l’importance de «favoriser l’activité des femmes et faciliter leur accès à l’emploi, à travers des mesures incitatives et des avantages fiscaux aux entreprises privées, qui instaurent la parité dans les différentes instances. L’idée est aussi de promouvoir et d’accompagner l’entrepreneuriat féminin, via le développement de mécanismes d’accompagnement au niveau régional.

 

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