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La pauvreté équivaut à une «taxe cognitive»!

Par L'Economiste | Edition N°:4414 Le 05/12/2014 | Partager
La Banque mondiale suggère de repenser le développement économique
Une idée qui rejoint celle du capital immatériel

Le tableau présente des exemples d’interventions fondées sur une compréhension plus réaliste du comportement humain. Les résultats sont efficaces par rapport à leur coût

Une analyse plus globale du comportement humain peut contribuer à résoudre plusieurs questions comme la hausse de la productivité, la pauvreté ou encore la lutte contre le changement climatique. C’est une des conclusions du rapport de la Banque mondiale sur le développement dans le monde 2015: «Pensée, société et comportement». Ce document vise avant tout «à motiver et guider les chercheurs et les praticiens pour élaborer un nouvel ensemble d’approches du développement prenant en compte les influences psychologiques et sociales», selon les experts.
L’un des points de vue soulevés est celui de l’aspect psychologique et social de la pauvreté qui ne se résume pas à un manque de ressources matérielles. Les difficultés et le stress associés à la pauvreté exercent une «ponction» sur les ressources cognitives. Les travaux compilés dans le rapport suggèrent que la pauvreté s’apparente à une «taxe cognitive» qui rend malaisée une prise de décision délibérée, surtout en période de stress ou de difficultés économiques. Cette idée rejoint celle du capital immatériel qui devrait se traduire au Maroc par un investissement plus productif dans le capital humain, c’est-à-dire, dans l’éducation et la formation au sens large (voir aussi l’entretien avec Jean-Pierre Chauffour économiste principal de la Banque mondiale pour le Maroc, cf. notre édition N° 4387 du 27/10/2014, «Le Maroc regorge d’actifs immatériels»). Le Maroc à la possibilité d’atteindre une meilleure répartition de sa richesse nationale et d’améliorer la prospérité de ses habitants, s’il tire avantage de ce potentiel. La Banque mondiale suggère de développer un regard nouveau sur les interventions de développement à travers la pensée automatique, la pensée sociale et la pensée par modèles mentaux. Les trois principes s’appliquent à de nombreux domaines, du développement de la petite enfance au changement climatique en passant par la productivité, la consommation des ménages, la santé et les soins médicaux. Dans le cas de l’épidémie d’Ebola, les experts suggèrent de «gérer les phénomènes de stigmatisation, les malentendus entourant les modes de transmission du virus et les réactions de panique inappropriées, soit autant d’aspects qui appartiennent au domaine des préjugés et des biais cognitifs». Une connaissance plus approfondie de ces ressorts de la pensée pourra permettre d’améliorer les réponses.

Un cadre d’analyse structuré autour de trois principes

- La pensée par modèles mentaux: Lorsque les individus pensent, ils n’inventent généralement pas de nouveaux concepts. Ils utilisent des modèles mentaux issus de leurs sociétés et de leurs histoires communes. Les sociétés fournissent aux individus de nombreux modèles mentaux, souvent contradictoires ; celui qui va leur apparaître dans une situation donnée dépend de signaux contextuels. Les interventions et les politiques publiques qui visent à activer des modèles mentaux favorables peuvent améliorer la vie des individus.
- La pensée sociale: L’être humain est profondément social. Nous aimons coopérer – tant que les autres font leur part du travail. Les institutions et les interventions peuvent être conçues de manière à favoriser des comportements coopératifs. Les réseaux sociaux et les normes sociales peuvent servir de base à de nouveaux types d’interventions et de politiques publiques.
- La pensée automatique: Nous pensons en grande partie de façon automatique et à partir de ce qui nous vient à l’esprit sans effort. La pensée réfléchie, où nous évaluons les mérites de tous les choix disponibles, est moins fréquente. La plupart du temps, nous utilisons des raccourcis cognitifs. De ce fait, des changements mineurs dans le contexte immédiat de la prise de décision peuvent avoir des effets disproportionnés sur le comportement.

Fatim-Zahra TOHRY

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