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Chronique

Naissance de la troisième Bourse mondiale en Chine
Par Omar Fassal

Par L'Economiste | Edition N°:4406 Le 25/11/2014 | Partager

La Chine avance à petits pas. Son approche est lente et réfléchie. Deng Xiaoping, l’homme d’Etat qui libéralisa

Omar Fassal est diplômé de l’Université de Lyon en ingénierie chimique, de Sciences Po Toulouse en analyse du monde contemporain, et de l’EM Lyon en ingénierie financière. Il est analyste des marchés financiers internationaux chez CDG Capital, auteur du livre «Tout savoir sur la finance», chroniqueur pour L’Economiste et intervenant pour Atlantic Radio»

l’économie chinoise après la mort de Mao Zedong en 1976, disait qu’il fallait: «traverser la rivière en tâtant les pierres». C’est ainsi que la libéralisation du système financier chinois progresse, à petits pas plutôt qu’à coup de révolutions financières. La semaine dernière, une nouvelle étape fut franchie. Il s’agit de la mise en place d’une connexion entre la Bourse de Shanghai et la Bourse de Hong Kong, annoncée le lundi 10 novembre et qui est effective à partir du 19 novembre. Le «Shanghai-Hong Kong Stock Connect» est une plateforme commune qui permet aux investisseurs basés en Chine d’acheter des actions cotées à Hong Kong, et inversement aux résidants installés à Hong Kong d’acheter des actions chinoises.
Toutes les parties y gagnent. Les Chinois peuvent désormais diversifier leur épargne qui est très concentrée sur l’immobilier, en l’investissant à la Bourse de Hong Kong. De l’autre côté du miroir, cela va faciliter l’accès des capitaux étrangers pour financer les entreprises chinoises. Historiquement, l’accès des investisseurs étrangers était très limité à la Bourse de Shanghai, alors qu’ils étaient accueillis à bras ouvert à Hong Kong. Pour investir à Shanghai directement, il fallait demander une autorisation à Pékin, qui entre dans le cadre d’un programme d’investisseurs qualifiés (QFII). Cette autorisation si elle était accordée comprenait en sus des quotas d’investissement. Désormais le schéma est simplifié. Les investisseurs étrangers installés à Hong Kong peuvent investir directement sur la Bourse de Shanghai, sans aucune autorisation de Pékin, en appelant simplement leur broker. Ainsi, les deux parties ressortent gagnantes de ce projet.
L’association entre ces deux Bourses a créé indirectement la troisième plus grosse Bourse mondiale. La capitalisation cumulée de Hong Kong et de Shanghai s’élèvera à 5.600 milliards de dollars. Cela place cet ensemble après le New York Stock Exchange (17.950 milliards) et après le Nasdaq (6.085 milliards), mais avant le Japan Exchange Group qui est

La libéralisation du système financier chinois progresse, à petits pas plutôt qu’à coup de révolutions financières. La semaine dernière, une nouvelle étape fut franchie. Il s’agit de la mise en place d’une connexion entre la Bourse de Shanghai et la Bourse de Hong Kong, annoncée le lundi 10 novembre et qui est effective à partir du 19 novembre

issu de la fusion de la Bourse de Tokyo et d’Osaka (4.543 milliards), et avant le London Stock Exchange (4.429 milliards).
Comme toujours, la Chine avance mais en contrôlant sa progression. Cette plateforme de connexion ne permettra pas des échanges illimités: des quotas sont à l’ordre du jour. Les flux de Hong Kong vers Shanghai sont limités à 2 milliards de dollars par jour, et à 49 milliards en cumulé. Les flux de Shanghai vers Hong Kong sont à leur tour limités à 1,7 milliard de dollars par jour, et à 40 milliards en cumulé. A Shanghai les titres éligibles représentent 90% de la capitalisation, à Hong Kong ils représentent 82%.
Pour accompagner cette ouverture, une importante mesure de libéralisation fut annoncée le mercredi 12 novembre. Il s’agit de la suppression du quota de conversion entre le dollar hongkongais (HKD) et le yuan renminbi. Auparavant, les

Alors que le Hong Kong Exchanges était à la 6e place avec 3.101 milliards de dollars et que le Shanghai Stock Echange était à la 7e place avec 2.497 milliards de dollars, le marché commun formé grâce à la plateforme de connexion fait son entré dans le top 3 mondial. Désormais, la capitalisation cumulée des deux marchés chinois s’élèvera à près de 5.598 milliards.

résidants de l’île ne pouvaient convertir autant de dollars hongkongais qu’ils le voulaient  en renminbi: ils étaient limités par un plafond quotidien de 20.000 yuan (soit 3.200 USD). Ce plafond fait désormais partie du passé. Ils peuvent en convertir autant qu’ils le souhaitent, pour leur donner les moyens de paiement nécessaires pour acheter les actions sur la Bourse de Shanghai.

Internationaliser l’usage du yuan renminbi

Le but recherché par ce montage n’est pas simplement de favoriser la circulation de l’épargne entre la Chine et le monde extérieur, c’est également de promouvoir l’internationalisation du yuan renminbi. Alors que l’économie chinoise est devenue la deuxième au monde (un PIB de 10 trillions de dollars prévu pour 2014), sa monnaie est encore quasi absente des réserves de changes des banques centrales. En effet, les réserves mondiales sont composées à hauteur de 61% par le dollar américain, de 24% par l’euro, de 4% par le yen japonais et de 4% par la livre sterling, de 2% par le dollar australien et de 2% par le dollar canadien, puis enfin de 0,3% par le franc suisse. La part allouée à la monnaie chinoise est encore négligeable. Ces efforts de libéralisation des mouvements de flux financiers visent à encourager l’usage de la monnaie chinoise, non plus uniquement pour le commerce, mais également pour des besoins financiers. Mais voilà. La Chine à son habitude avance discrètement, à petits pas plutôt qu’à coup de réformes titanesques. Cette stratégie semble pourtant lui avoir réussi. Depuis le début des années 80, personne n’a pu freiner l’irrésistible ascension chinoise. Napoléon n’avait-il pas dit au XIXe siècle: «Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera»?

 

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