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    Mohamed Hassad: «La France doit réparer l’injustice»

    Par L'Economiste | Edition N°:4385 Le 23/10/2014 | Partager
    L’appel à vigilance démenti par les touristes qui continuent de venir au Maroc
    L’ambassade marocaine à Paris a interpellé le Quai d’Orsay
    Les loupés sont à chercher du côté français

    Pour le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad, «la population française ne suit pas du tout la consigne de vigilance du ministère des Affaires étrangères. Ce qui montre qu’il est dans le tort de classer le Maroc dans cette catégorie de pays»

    - L’Economiste: La France a classé dernièrement le Maroc sur la liste des pays à risque, après la décapitation d’un otage français en Algérie. Comment expliquez-vous que Paris fasse la confusion entre Rabat et Alger?
    - Mohamed Hassad: Pour nous, c’est totalement incompréhensible que le ministère français des Affaires étrangères sorte une liste qui, d’ailleurs, ne comprend que des pays du Sud. Avant de déclasser le Maroc, il faudrait d’abord s’occuper du classement des risques en France. Aujourd’hui, je ne suis pas certain que la France soit plus sûre que le Maroc. En termes de sécurité, nous sommes exactement au même niveau. Dans ce domaine, nous n’avons aucun problème. Et si le Quai d’Orsay devait classer les pays, il ne devrait pas se limiter aux pays du Sud mais commencer par la France pour voir à quel niveau de vigilance le pays se situe. Nous avons été très surpris que le Maroc soit mis sur une liste de vigilance. Nous sommes mieux que plusieurs pays européens, y compris la France.

    - Dans sa liste, la France n’a pas mentionné les pays du Nord mais le Maroc. Avons-nous fait des loupés?
    - Les loupés, c’est plutôt en France qu’on les trouve. Vous avez suivi dernièrement l’affaire du Marocain marié à une Française et qui était sous contrôle judiciaire, en France. Il a réussi à s’échapper et à venir au Maroc. Et ce sont les services de sécurité marocains qui l’ont  interpellé au moment où il voulait quitter notre pays pour aller rejoindre les foyers de tension. Il avait avec lui ses deux petites filles de 2 et 4 ans, munies de leurs passeports français. Cela montre que les services marocains sont extrêmement vigilants  et efficaces. Cette efficacité est reconnue, même par les services français eux-mêmes.
    - Mais le Maroc a tardé à réagir à cet appel à vigilance émanant du ministère français des Affaires étrangères. Pourquoi?
    - Ce n’est pas une question de retard, à partir du moment où la population française est plus consciente du danger que le ministère des Affaires étrangères. La meilleure preuve est l’arrivée des touristes français au cours du mois de septembre dernier. Leur nombre est bien supérieur à celui enregistré au cours de la même période de l’année dernière. Cela veut dire que la population française fait très bien la différence entre les pays, là où il s’agit d’observer la vigilance et là où il ne faut pas le faire. Nous considérons que cet appel a été démenti par la population qui continue de venir au Maroc. Tous les jours, nous recevons des personnalités françaises, des amateurs de rallye,… Même l’activité cinématographique continue avec le tournage de films français au Maroc. Donc la population ne suit pas du tout la consigne de vigilance du ministère des Affaires étrangères. Ce qui montre qu’il est dans le tort de classer le Maroc dans cette catégorie de pays.
    - Oui, mais il y a quand même des hôteliers français qui ont reconnu l’existence d’annulations de réservations…
    - Sur un plan général, à n’importe quelle période, il y a des annulations. Il y a des personnes qui veulent venir passer des vacances mais changent d’avis. Ils annulent pour une raison ou une autre, d’autres par frilosité. Mais le constat global, c’est que nous avons une augmentation des arrivées touristiques au Maroc. Vous pouvez le confirmer auprès des hôteliers de Marrakech et d’Agadir. Le tourisme se porte bien. Nous n’avons aucune inquiétude, c’est ce qui explique que nous n’avons pas réagi. Mais, aujourd’hui,  nous souhaitons que le ministère français des Affaires étrangères répare cette injustice.

    - Avez-vous saisi officiellement le Quai d’Orsay en France?
    - Oui, et cela à travers notre ambassade à Paris. Il y a eu une réaction pour attirer l’attention sur cette injustice.

    - La sortie du président français François Hollande en marge de l’inauguration de l’exposition sur le Maroc à l’Institut du monde arabe à Paris, a-t-elle permis de réduire l’effet de cet appel à vigilance?
    - Le président de la République française est doté du bons sens. Même lui a fait l’éloge du Maroc, de sa stabilité et sa sécurité. C’est un témoignage qui nous honore.

    Coopération judiciaire

    La tension est arrivée à son comble entre Rabat et Paris il y a quelques mois, conduisant à la suspension de la coopération judiciaire entre les deux pays. Une décision qui avait surpris plus d’un, mais qui constituait une réponse à certains dérapages des responsables français vis à vis du Maroc. Plusieurs ressortissants des deux pays, notamment des Français détenus dans les prisons marocaines, mais aussi des entreprises et des MRE, ont souffert du blocage de l’appareil de coopération judiciaire.
    Aujourd’hui, les choses semblent se diriger vers l’apaisement. Mohamed Hassad a affirmé que «des discussions sont en cours. J’espère que cela va aboutir bientôt».

    Propos recueillis par
    Mohamed CHAOUI

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