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Société

Gaza, au pays des héros ordinaires
Témoignage: Sous le ciel contrôlé et bombardé

Par L'Economiste | Edition N°:4372 Le 03/10/2014 | Partager
Zouhair Lahna a partagé 51 jours avec les Gazaouis, entre massacres et miracles
Un témoignage choc sur le quotidien dans l’enclave palestinienne

Au milieu des décombres, le docteur Zouhair Lahna a partagé 51 jours de la vie des Palestiniens dans un Gaza déchiré par la guerre

La douleur des mères qui perdent leurs enfants, celle de ces jeunes qui viennent de voir disparaître un père, une sœur, toute une famille. Les corps déchiquetés, criblés d’éclats d’obus, l’odeur du sang et de la mort, qui prend à la gorge, partout où l’on va. Partager un nouveau quotidien, celui de ceux qui peuvent, à chaque instant, perdre la vie. Et des rencontres, des miracles aussi comme celui de Roa, qui est arrivée une nuit le ventre déchiré par une bombe. Après 4 heures d’opération, et peu d’espoirs de survie, elle est là au matin, bien vivante. Son sourire, son souffle et son courage donnent tout leur sens à ces médecins de guerre
C’est à ces miracles que les hommes et les femmes, plongés, malgré eux ou par engagement humanitaire, dans ce chaos oublié, s’accrochent.  Alors, parce que tout cela est lourd à porter seul, le docteur Zouhair Lahna a eu besoin d’écrire. Ce chirurgien obstétricien marocain, «allergique à l’injustice», a fermé un temps son bureau à l’hôpital où il travaille en France, pour rejoindre les équipes de PalMed Europe, une association de médecins palestiniens. On ne rentre pas facilement dans Gaza. Son récit se passe de tout commentaire. Jour après jour, il témoigne du quotidien d’une population prise en otage, auprès de laquelle il a passé 51 jours. A 48 ans, après des missions humanitaires aux Comores, en Inde, en Afghanistan… il en avait pourtant vu d’autres.
Dimanche 13 juillet 2014, il plonge dans l’enfer de cette première nuit à l’hôpital Al-Shifa, le centre névralgique de la zone. Premiers sons des bombardements, première intervention sur un enfant, cette nuit là, son bilan sera de 3 décès pour 1 patient sauvé, presque par miracle. Et tout s’enchaîne. Au même rythme effréné de la vie et de la mort. Effaré de voir ces habitants continuer à vivre et à espérer, dans une sidérante acceptation de leur destin.
De la guerre, des discours aseptisés, des drones qui les visent, de leurs maisons qui s’écroulent. Contre tout cela, ils ne peuvent rien, mais ce qu’ils n’acceptent pas, c’est le silence de leurs frères, non pas des peuples, mais des dirigeants des pays arabes, à genoux devant une armée sans foi ni loi. Alors pour Zouhair également, les questions des couloirs humanitaires, des droits et devoirs d’ingérence, sont une escroquerie. “Toutes ces belles paroles sont réservées à certaines causes bien tracées, qui représentent un quelconque intérêt. Mais pas à nous!”. Son constat est amer. Comment pourrait-il en être autrement? “A Gaza, Israël n’épargne ni les écoles, ni les mosquées, ni les hôpitaux. Les drones font des ravages innommables, visant des femmes et des enfants”.

Un système de santé plein
de dignité

Ces bombardements et ces attaques seraient unanimement condamnés ailleurs comme crimes contre l’humanité. “Comment pouvons-nous réserver le terme terrorisme aux musulmans? N’est-ce pas du terrorisme ce qui se passe là-bas?”. A propos de son engagement, Zouhair précise fermement qu’il ne fait pas d’humanitaire, mais simplement son devoir. “Je n’interviens pas pour soigner des victimes d’un tremblement de terre, mais des gens qui ont été visés, assassinés”. A ceux et celles qui souhaitent s’engager activement pour venir en aide aux Palestiniens, il répond “nous devons nous demander ce que nous pouvons faire pour nous-mêmes, afin de sortir de l’aliénation culturelle et intellectuelle et recouvrer un jour la liberté, la vraie, et surtout la dignité, celle qui impose le respect. Le respect ne s’octroie pas, mais se mérite”.
Ces 51 jours à Gaza, c’est aussi des naissances, une solidarité sans faille entre les habitants, le soutien d’Israéliens engagés et révoltés contre cette guerre, des lieux encore verts et boisés comme des oasis de bonheur, et aujourd’hui, un intérêt énorme des Marocains pour cette histoire.
Le docteur Zouhair Lahna n’aura pratiqué au Maroc que 3 ans. Mais il n’en garde pas de bons souvenirs. Impossible pour lui «d’épouser un système qui n’est pas fondé sur la dignité des patients». A Gaza, dit-il, «le système de santé est mille fois meilleur qu’au Maroc. Les patients sont accueillis et soignés avec respect, sans être obligés de payer pour qu’un médecin s’occupe d’eux. Nous pouvons faire du bon travail même sans trop de moyens. Il suffit de le vouloir».
Stéphanie JACOB

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