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Economie

Tourisme/annulations de réservations: Haddad relativise l’impact

Par L'Economiste | Edition N°:4372 Le 03/10/2014 | Partager

Lahcen Haddad soutient que la destination Maroc reste attractive malgré le contexte régional. Il en veut pour preuve le maintien des manifestations, tels les raids et rallye sportifs, la Coupe d’Afrique de Football ou encore le tournage de grosses productions cinématographiques
 

La vague d’annulations de réservations de voyages sur le Maroc remontée par plusieurs TO fait réagir le ministre du Tourisme. Lahcen Haddad nuance les impacts et rassure sur l’attractivité de la destination malgré la menace terroriste dans la région. Il décrypte aussi les réalisations et les priorités au lendemain des Assises.

- L’Economiste: Confirmez-vous les impacts (annulations en série de réservations) sur la destination suite à la menace de Daech?
- Lahcen Haddad: D’après les éléments dont nous disposons, les annulations restent  limitées  et  notre destination continue d’avoir la confiance de plusieurs opérateurs, qui eux-mêmes appellent à faire une distinction claire entre le Maroc et le reste des pays de la région. Ces inquiétudes concernent surtout le marché français, et le Quai d’Orsay vient de communiquer à plusieurs opérateurs, qui l’ont sollicité, une note qui classe le Maroc en destination à «vigilance normale».  Plusieurs manifestations sont maintenues, telles que les raids et rallye sportifs, la Coupe d’Afrique de Football… sans oublier les nombreuses productions cinématographiques actuellement en tournage… La menace et les inquiétudes sécuritaires sont devenues mondiales. Nous veillons scrupuleusement aussi bien à la sécurité des touristes qu’à celles de nos concitoyens, et les autorités marocaines ont réaffirmé que la sécurité dans notre pays reste garantie pour tous.

- Y a-t-il un dispositif de communication de crise qui a été mis en place  auprès des principaux pays émetteurs pour éviter les amalgames?
- Depuis la semaine dernière, nous avons adressé un message, à travers l’ONMT et la CNT, à l’ensemble des opérateurs afin de réaffirmer la garantie de la sécurité au Maroc aussi bien pour les citoyens que pour les visiteurs. Une cellule de veille a été mise en place avec nos partenaires de la CNT afin de suivre et d’évaluer la situation des flux touristiques et d’anticiper, si nécessaire, sur des actions à même de préserver l’activité touristique. Nous n’avons à ce jour pas relevé de chiffres inquiétants, nous sommes très loin, fort heureusement, d’annulations massives. Une récente étude menée par un grand cabinet européen révèle que l’indice Travelsat Competitive Index sur le «sentiment de sécurité» pour la période juin-septembre 2014  pour la région Afrique du Nord et Moyen-Orient, reste à un niveau stable par rapport à l’an passé. Le cabinet international souligne également que le taux de plaintes liées à des problèmes de sécurité sur place n’excède pas 5%, un taux en ligne avec la norme mondiale.

- Au lendemain des Assises, opérateurs, investisseurs, hôteliers… sont restés sur leur faim. On parle de mesurettes au lieu de mesures concrètes attendues depuis 2010. Qu’en pensez-vous?
- Les résolutions prises et annoncées  lors des Assises du tourisme s’inscrivent en droite ligne avec les doléances des professionnels.  Ce sont  des mesures  collégiales et stratégiques, qui ont été discutées et actées lors du dernier Conseil stratégique du tourisme, réuni sous la présidence du chef du gouvernement, le 19 septembre dernier. Il est clair que l’Etat ne peut pas apporter des réponses individuelles et à la carte, en fonction des problématiques spécifiques de chacun et des agendas. La responsabilité de l’Etat est de veiller à implémenter la stratégie nationale, et d’y apporter, à chaque fois que nécessaire, les ajustements qui s’imposent pour faire avancer l’ensemble du secteur, et répondre aux problématiques stratégiques. Cela fait 4 ans que les professionnels se plaignent des difficultés à accéder au financement bancaire pour accompagner leurs projets. Le Fonds de garantie annoncé aux Assises viendra justement renforcer et soutenir les garanties auprès des banques pour faciliter l’octroi de crédits aux investisseurs. Le secteur privé se plaint depuis toujours de la complexité du système fiscal imposé au secteur du tourisme. Nous avons acté lors de ces assises une simplification du dispositif parafiscale du secteur, et nous avons validé le rallongement de la période d’exonération de la TVA sur l’achat des produits locaux (dans le cadre d’un projet d’investissement) à 36 mois au lieu de 24 mois. Ce qui donnera du souffle à la trésorerie des projets. Cela fait plus de 10 ans que tous les opérateurs et acteurs dénoncent la lenteur du plan Azur et son «échec». Nous avons pris la décision de travailler sur la re-priorisation de ce plan en concertation avec le ministère de l’Intérieur, et celui de l’Economie et des Finances, et en parfait accord avec le secteur privé.

- Justement, quelles sont ces incitations à l’investissement?
- Les primes d’investissement ont été, depuis la signature de la Vision 2020, destinées aux grands projets structurants, aux investissements dans les zones les moins matures, et pour les projets les plus demandés et dont la rentabilité est faible et/ou lente tels que les parcs d’attractions et les produits d’animation. Il n’est pas responsable de demander à l’Etat de signer un chèque à blanc de 200 millions de DH chaque année, et d’en décider l’affectation après !! L’Etat ne refusera aucun projet qui répondra aux critères définis pour l’octroi de la prime d’investissement, mais veille à ce que les projets soient examinés au cas par cas pour l’attribution ou non de cette prime, dans le cadre de la Charte d’investissement.

- Quid de la promotion de la destination?
- Pour le budget de promotion, nous avons commencé cette année par la mise en place de la redevance sur l’aérien dont les résultats commenceront à se faire sentir à partir de 2015. Nous avons aussi acté lors des Assises la mise en place des fonds régionaux pour soutenir la promotion des destinations avec la contribution de tous les partenaires. Nous nous sommes également engagés lors de ces Assises à soutenir et accompagner financièrement le secteur privé pour favoriser l’émergence d’un acteur majeur dans le domaine de la distribution du voyage qui serait à même de renforcer la présence de la destination Maroc auprès des marchés émetteurs ciblés. Pour stimuler davantage la demande intérieure, nous avons annoncé la régionalisation des vacances scolaires à partir de 2015 et l’examen des modalités de mise en place des chèques vacances, pour soulager les budgets des ménages (en faisant contribuer l’employeur notamment) et en facilitant l’épargne pour cette fin.

- Quelles sont vos priorités au lendemain des Assises et quel bilan en faites-vous?
- J’avais pris l’engagement de tenir des Assises du tourisme avec franchise et clarté. Je crois que de ce côté, c’est fait. Nous avons débattu de thématiques importantes qui conditionnent la réussite de la vision stratégique du secteur, et nous avons relevé les dysfonctionnements et présenté les solutions envisageables. Il appartient à tous les partenaires et les acteurs de s’inscrire dans une démarche constructive et pragmatique, loin des calculs personnels et des agendas individuels. C’est de l’avenir d’un million de Marocains et de notre économie dont il s’agit, cela ne devrait faire l’objet d’aucune surenchère. Mes priorités consistent à travailler davantage sur le plan Azur pour en accélérer la réalisation, de maintenir la dynamique de croissance du secteur, et de faire aboutir avec les partenaires privés et publics les résolutions.

- Peut-on se permettre de piloter une vision une fois tous les 4 ans?
- Je ne reviendrais pas sur la période 2010-2012 qui a été particulière.  Mais j’ai préféré retarder ce rendez-vous pour 2014 pour nous permettre d’avoir plus de recul sur certains sujets stratégiques et surtout finaliser des vrais pistes de solution et non des annonces dans la précipitation juste pour tenir un calendrier annuel.
Propos recueillis par Safall FALL

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