Entreprises

Production d’électricité
Méga-projet d’investissement à Safi

Par L'Economiste | Edition N°:4362 Le 19/09/2014 | Partager
Le coût de réalisation de la centrale thermique s’élève à 23 milliards de DH
Mise en marche prévue au premier trimestre 2018
Un modèle de production privée d’électricité, en vente exclusive à l’ONEE

Abdelilah Benkirane, ici en compagnie de Ali Fassi Fihri, a mis l’accent sur l’importance des investissements réalisés en partenariat public privé. A l’image de la centrale thermique de Safi, dont le marché a été remporté par le consortium Nareva Holding, GDF Suez et Mitsui&Co

Comme nous l’avons annoncé dans notre édition d’hier, le gouvernement vient de finaliser le montage financier pour la réalisation de la centrale thermique de Safi. Les contrats d’investissement ont été signés, hier, au siège de la primature, en présence de Abdelilah Benkirane, de plusieurs ministres et des responsables des sociétés qui ont remporté le marché. La réalisation de cette centrale thermique, qui constitue le plus grand investissement du genre au Maroc, selon Abdelkader Amara, ministre de l’Energie, sera effectuée par un consortium d’entreprises nationales et internationales, dont Nareva Holding, GDF Suez et Mitsui&Co. Ces dernières ont remporté ce marché suite à un appel d’offres international, qui a connu une grande concurrence, selon Ali Fassi Fihri, DG de l’ONEE. Cet engouement s’explique, selon Fassi Fihri, par la pertinence du modèle marocain d’investissement dans les énergies, suite à la réussite des projets lancés à Jorf Lasfar et Ouarzazate. De son côté, Abdelilah Benkirane a mis l’accent sur «les réformes initiées en termes de simplification des procédures et d’encouragement des partenariats privés, qui permettent de drainer plus d’investissements étrangers». Ce consortium a créé une nouvelle société, Safi Energy Company. La réalisation de cette centrale nécessitera la mobilisation de 2,6 milliards de dollars, soit près de 23 milliards de DH. Le financement a été pris en charge par un groupement de banques nationales et internationales. Dans les détails, la Banque japonaise JBIC apportera 900 millions de dollars, tandis que d’autres banques internationales, bénéficiant de la garantie de l’Etat du Japon, contribueront à hauteur de 485 millions de dollars. Les établissements financiers nationaux, représentés lors de cette signature par Mohamed Benchaaboun, PDG de la Banque Centrale Populaire, mettront sur la table 500 millions de dollars, au moment où la Banque islamique de développement devra injecter 69 millions de dollars. D’autres banques internationales devront également participer au financement à hauteur de 100 millions de dollars, tandis que les actionnaires au projet, prendront en charge 535 millions de dollars. Curieusement, un 2e communiqué émanant cette fois-ci de Nareva, l’une des composantes du consortium, a passé sous silence les détails du financement de ce projet.
La date d’opérationnalisation de cette centrale thermique est prévue pour le premier trimestre de 2018. Elle sera dotée d’une capacité de production de 1.386 MW. Ce qui permettra de couvrir près de 25% de la demande nationale en électricité en 2018, a affirmé Abdelkader Amara. Celui-ci a expliqué qu’il s’agira d’un modèle de production privée d’électricité, dans la mesure où Safi Energy Company, qui se chargera de la construction du site, s’occupera également de l’exploitation. Le ministre de l’Energie a assuré que la vente sera faite exclusivement au profit de l’ONEE. Amara a aussi fait savoir que l’approvisionnement en charbon de cette station nécessitera la construction d’un nouveau port à proximité du site du projet. Les différents intervenants lors de cette cérémonie de signature des contrats d’investissement ont mis l’accent sur le caractère écologique de cette centrale. Elle devra utiliser des techniques développées permettant une optimisation de l’utilisation propre du charbon et la maîtrise des émissions des gaz, en conformité avec les standards internationaux. Parallèlement, ce projet permettra de créer de nouvelles opportunités d’emploi. Il s’agit notamment de 400 emplois directs et de 700 indirects. A cela s’ajoutent 3.200 postes lors de la réalisation de la centrale.

Présence japonaise

Lors de la cérémonie de signature des contrats d’investissement, Abdelilah Benkirane a appelé l’ambassadeur du Japon à encourager les entreprises de son pays à venir s’implanter au Maroc. Aujourd’hui, près de 35 entreprises japonaises sont déjà actives sur le marché marocain. C’est le cas de Mitsui, qui a réalisé les centrales 5 et 6 à Jorf Lasfar. Et l’intérêt pour investir au Maroc est de plus en plus important, a affirmé l’ambassadeur nippon. La coopération entre les deux pays devra s’accentuer, à travers des rencontres de haut niveau, à l’image du sommet arabo-japonais, prévu en décembre prochain à Marrakech. 

Mohamed Ali MRABI

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