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    Analyse

    Rentrée scolaire
    Les parents sidérés par la dérive des frais

    Par L'Economiste | Edition N°:4349 Le 02/09/2014 | Partager
    Pour la 1re fois, une étude s'intéresse aux frais de scolarité dans le privé
    Une inflation de dépenses, souvent non justifiée

    85% des parents d’élèves sondés estiment que les augmentations récurrentes des frais de scolarité sont injustifiées

    Après les vacances, c’est le casse-tête de la rentrée scolaire. Chaque début septembre,  nombreux sont les parents d’élèves qui dénoncent les abus de «certaines écoles privées» et la cherté des fournitures et frais de scolarité auprès des associations de protection de consommateurs. Les parents se plaignent surtout «des augmentations récurrentes des frais de scolarité, de la cherté du cartable, des frais d’assurances exagérés, voire injustifiés, de la qualité de l’enseignement prodigué, de la sous-qualification des enseignants, de médiocrité pédagogique, des frais de transport, de cantine…». La liste des réclamations est assez longue. Pour appréhender les différents abus, disposer de données fiables et  mieux défendre les intérêts des parents d’élèves, l’Association de protection des consommateurs (Uniconso) a mené une enquête récente à la sortie des écoles à Casablanca. L’objectif est de déterminer les perceptions des parents, mesurer leur degré de satisfaction et dénoncer les dérives.
    L’enquête d’Uniconso confirme que les frais de scolarité sont souvent exagérés. Près de 60% des parents sondés payent plus de 1.000 DH par enfant/mois, 37% payent entre 500 et 1.000 DH. «Les frais mensuels de scolarité, ajoutés à ceux des fournitures, du transport, de la cantine, des cours de soutien et des activités parascolaires constituent des charges trop lourdes à supporter par les ménages», déduit l’association de protection des consommateurs.  Autre aberration dénoncée par les enquêteurs d’Uniconso, «les prix sont librement fixés par les dirigeants des écoles primaires privées. Ils n’obéissent à aucune règle si ce n’est la loi du marché dictée par les établissements privés». Selon les conclusions de l’étude, «la majorité des parents sondés estiment que ces coûts sont chers par rapport à leurs revenus, mais n’y peuvent rien». 42% des personnes sondées estiment que le coût de scolarité est «très cher», voire «excessif». 40% le trouvent «cher» et à peine 18% pensent que le coût mensuel de scolarité est «abordable». Les enquêteurs déduisent que les frais liés à la scolarité «sont très élevés par rapport aux revenus de la classe moyenne». Sur ce même registre, les parents appréhendent chaque rentrée car elle est synonyme d’augmentations systématiques des frais de scolarité. D’ailleurs, 85% des sondés déclarent que les augmentations récurrentes des frais «sont injustifiées». Selon Ouadie Madih, SG de la Fédération nationale de la protection des consommateurs, «les frais de scolarité doivent être fixés pour l’ensemble du cycle d’enseignement et non pas niveau par niveau». Et d’ajouter: «certaines écoles privées ne respectent pas la loi 31-08 et profitent de l’ignorance des parents d’élèves et d’une administration démissionnaire».
    Côté fournitures scolaires, là encore les tarifs sont jugés excessifs. «87% des personnes interrogées pensent que le coût annuel des fournitures est élevé». Dans le détail, 37% le trouvent «cher», 31% pensent que «c’est très cher» et 19% estiment que les frais sont «excessifs». Sur le programme pédagogique, seuls 13 déclarent qu’il «n’est pas adapté à leurs enfants». Autrement dit, 87% estiment que le programme est adapté.  Le volet infrastructures des écoles préoccupe également les parents. Malgré les prix de scolarité jugés excessifs, l’infrastructure n’est souvent pas au rendez-vous et elle n’est pas adaptée au niveau d’exigences: «54% des parents sont insatisfaits de l’infrastructure des écoles privées primaires».
    Les frais de transport et ceux de la cantine sont également jugés excessifs. Sur ce registre, 47% des interrogés payent plus de 500 DH par enfant/mois uniquement pour le transport. 42% des sondés payent entre 500 et 1.000 DH par mois et 5% paient plus de 1.000 DH/mois. «68% des parents interrogés estiment que le coût mensuel du transport est élevé». Dans le détail, ce sont exactement 45% des parents qui estiment que le transport est «cher». 16% le trouvent «trop cher», alors que 7% le juge «excessif». Quant à la cantine, elle absorbe aussi entre 500 et 1.000 DH (28%). 4% des sondés payent plus que 1.000 DH par enfant/mois pour le repas du midi. Mais la majorité (68%) paie moins de 500 DH par mois pour la restauration. Autre prestation dont le coût préoccupe les parents d’élèves du privé, les activités extrascolaires. «50% des personnes interrogées estiment «élevé» le coût annuel des activités extrascolaires». Au-delà de la rentrée, les parents d’élèves dénoncent également des dérives dans les cours de soutien prodigués par les écoles (en moyenne entre 300 et 600 DH/mois) l’hygiène, la sécurité, la sous-qualification du corps enseignant, les maladresses sur le plan pédagogique… Les documents d’assurances sont rarement transmis aux parents (contrats et clauses) et les tarifs ne correspondent pas aux prestations. Par ailleurs, nombreux sont ceux qui voient la création «d’un marché parallèle» à travers les cours de soutien. «Lorsque toute une classe fait des cours de soutien ou soir, c’est qu’il y a un problème dans les cours de base», dénonce Uniconso. D’après l’étude, 94% des parents ont 1 ou 2 enfants à l’école primaire. 58% ont un enfant et 36% deux enfants.

    Fiche technique

    L’enquête de satisfaction des parents sur l’enseignement primaire privé a été lancée suite à des réclamations concernant «des abus d’écoles privées à Casablanca». Parmi ces abus, figurent l’augmentation récurrente des frais de scolarité, la cherté du cartable, le tout dans un contexte socioéconomique difficile. L'étude porte sur un échantillon de 200 personnes. Ce sont essentiellement des parents d’élèves d’écoles privées primaires de Casablanca. Sur l’échantillonnage, Uniconso a opté pour la convenance. La méthode a privilégié le face-à-face à la sortie des classes.

    Amin RBOUB & Amine ATER

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