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    La sidérurgie rembobine son thriller industriel

    Par L'Economiste | Edition N°:4296 Le 12/06/2014 | Partager
    Défense commerciale: 2e essai pour Maghreb Steel
    La FIMME va encore une fois jouer aux équilibristes
    Opérateurs aux abois et bras de fer avec les exportateurs

    «Les importations en provenance de l’UE représentent environ 99,2% du volume total des importations. L’Espagne se place en tête des pays exportateurs, suivie par les importations de la Belgique et de l’Italie», selon le rapport d’ouverture de l’enquête menée par le ministère délégué au Commerce extérieur.

    Maghreb Steel repart en guerre contre cette fois-ci «les importations massives de tôles laminées à froid, plaquées ou revêtues». Le 24 avril 2014, elle a réclamé des clauses de sauvegarde. C’est son 2e essai après avoir obtenu gain de cause suite à sa requête antidumping visant la tôle laminée à chaud en provenance de Turquie et de l’Union européenne.
    Une nouvelle enquête du ministère délégué au Commerce extérieur a été donc ouverte le 11 juin 2014. Le même jour sa direction de la politique des échanges commerciaux met en place une procédure de surveillance des importations qui va durer toute la période de l’enquête. Mesure qui induit que «les engagements d’importation de  tôles laminées à froid et tôles plaquées ou revêtues doivent être préalablement visés par le ministère délégué au Commerce extérieur», selon son avis n° 13/14. Voilà donc qui promet un nouveau bras de fer avec les exportateurs, comme les géants de la sidérurgie Tata Steel ou Arcelor Mittal, et les autres producteurs turcs notamment. Ce sont 15 sociétés au total à figurer sur la liste du plaignant
    Selon des échos du marché, les opérateurs locaux (métallurgistes ou charpentiers) n’ont pas encore digéré l’information. «Mais beaucoup d’entre eux sont désabusés», rapporte Abdelkader Boumah, président de l’Association des fabricants de tubes. «C’est de bonne guerre que de demander une protection sous une forme ou sur une autre. Justifiée ou pas, nous verrons». Réclamer des mesures de sauvegarde «n’est pas dans l’intérêt des industriels-importateurs et avec peut-être une nouvelle taxation pénalisante et que le consommateur final va payer», poursuit le porte-parole des fabricants de tubes.
    La Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (FIMME) devra encore jouer à son insu aux équilibristes. En effet, la chaîne industrielle compte en amont des sidérurgistes et en aval plusieurs métiers de transformation comme les producteurs de tubes ou profilé ouvert qui font à partir de la tôle des volets roulants pour les garages ou des tubes soudés qui entrent dans la conception des chaises, des bureaux, des sièges de voitures, de machines à laver.
    Face à «l’invasion» des produits européens surtout (voir infographie), Maghreb Steel n’arrive toujours pas à joindre les deux bouts. «Non pas à cause d’un manque de compétitivité, mais des importations massives qui ont perturbé le business plan», comme l’a soutenu le PDG de Maghreb Steel lors de l’audition publique tenu le 4 février 2014 à Rabat. Ses détracteurs, Arcelor Mittal et Tata Steel, ont par contre férocement critiqué son business plan jugé «surdimensionné».  

    Mutation mondiale

    L’unique producteur d’aciers plats a investi près de 6 milliards de DH dans un complexe sidérurgique à Tit Mellil. A fin 2012, les dettes du groupe s’élevaient déjà à 5,4 milliards de DH;  S’ensuivra une augmentation de capitale de 900 millions de DH et un rééchelonnement de la dette. En effet, la société que dirige Fadel Sekkat a signé en août 2013 un protocole d’accord avec un consortium bancaire (Attijariwafa bank, Banque Populaire, BMCE Bank;) portant sur la restructuration de sa dette financière.
    Le monde des affaires et de la sidérurgie est conscient qu’une éventuelle défaillance de Maghreb Steel vis-à-vis de ses créanciers sonnerait comme une bombe à déflagration dans le secteur bancaire et pas seulement. Faudrait-il sauver coûte que coûte le soldat «Zayane? Les enquêteurs du département du Commerce extérieur ne cessent de clamer publiquement leur neutralité: «Seuls pèsent les arguments chiffrés et juridiquement soutenables» et rappellent que l’Organe de règlement des différends rattaché à l’OMC garde un œil sur les procédures.
    En lançant son activité d’aciers plats en 2001, d’une capacité de production de 400.000 tonnes, Maghreb Steel n’a pas caché son ambition «d’inscrire le Maroc sur la carte des pays disposant d’une industrie lourde». Sauf qu’Euler Hermes Economic Research annonce en octobre 2013 que «la sidérurgie souffre d’importante surcapacité et une montée en puissance de la Chine, de l’Inde et du Brésil». L’échiquier mondial est en train de se reconfigurer. Une impitoyable quête pour la survie est lancée. Il ne faut pas nier qu’avec la crise, les Européens vivent de très mauvais moments. Et Maghreb Steel fait valoir cette carte pour exprimer ses craintes: «Rien n’indique que les exportations en provenance de l’UE ne vont pas augmenter encore plus dans l’avenir». Hasard du calendrier, le Parlement européen a voté une résolution datée du 4 février 2014 (jour de l’audition publique sur les mesures antidumping visant l’UE et la Turquie) sur «le plan d’action pour une industrie sidérurgique compétitive et durable en Europe». Feuille de route qui englobe aussi «une stratégie d’exportation vers les pays en développement». 
    Faiçal FAQUIHI

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