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    Tourisme
    Faute de balnéaire, nous perdons de la croissance!

    Par L'Economiste | Edition N°:4290 Le 04/06/2014 | Partager

    Abderrafie Zouiten, directeur général de l’ONMT: «Toutes les grandes destinations ont une grosse offre balnéaire: La Turquie, 1 million de lits dont 400.000 pour la seule station d’Antalia. L’Espagne, 1,2 million de lits dont 400.000 aux Iles Canaries»

    Directeur général de l’ONMT, Abderrafie Zouiten est le marketeur en chef du tourisme marocain sur le marché international. Le potentiel de croissance du secteur est énorme, dit-il, «mais nous risquons de perdre des opportunités faute de taille critique de notre offre balnéaire».
    Les 2/3 de la demande mondiale se dirigent vers le balnéaire. Or, avec seulement Agadir et ses 28.000 lits (dont une bonne partie non commercialisable), on ne fait pas le poids sur les deux grands marchés qui comptent: l’Allemagne, 55 millions de packages et l’Angleterre 40 millions.

    - L’Economiste: L’industrie du tourisme reprend plus rapidement que prévu au niveau mondial. Sommes-nous adossés à cette dynamique?
    - Abderrafie Zouiten: Oui, et les chiffres le démontrent. Le premier trimestre de l’année était excellent et le mois d’avril est sur le même trend avec une hausse à deux chiffres des arrivées et de 3,8% des recettes. C’est une évolution en phase avec la croissance mondiale qui est de 4%. La hausse significative de l’offre aérienne cet hiver avec plus de 25% de sièges a eu un impact positif sur les arrivées depuis le début de l’année.
    La variable majeure qui explique également le positionnement favorable du Maroc sur le marché international est la stabilité politique et sociale que connaît notre pays. Les réformes menées ces dernières années ont permis de percevoir le Maroc comme un pays qui avance avec sérénité. Pour autant, il ne faut pas verser dans l’euphorie, la situation n’est pas acquise définitivement. Beaucoup de travail reste à faire, particulièrement les trois prochaines années qui sont, à mon avis, cruciales. Nous bénéficions d’une excellente fenêtre d’opportunités, mais à condition d’aller beaucoup plus vite sur deux chantiers.

    - Dans quels domaines faut-il accélérer la cadence?
    - Il faut aller beaucoup plus vite sur deux chantiers: l’extension de l’offre balnéaire qui, je le rappelle, était un axe prioritaire du plan Azur, et l’augmentation des capacités dans l’aérien (voir L’Economiste du 3 juin 2014 sur www.leconomiste.com). Le Maroc a la prétention d’être parmi les 20 premières destinations mondiales d’ici 2020, mais avec seulement une capacité de 200.000 lits dont une faible part -28.000- dans le balnéaire (Agadir), il sera difficile d’atteindre cet objectif. Il faut savoir que 2/3 de la demande mondiale du tourisme est balnéaire. Toutes les destinations majeures ont d’ailleurs une grosse offre balnéaire: La Turquie, 1 million de lits dont 400.000 pour la seule la station d’Antalia. L’Espagne aligne 1,2 million de lits dont 400.000 pour les Canaries et 500.000 lits à la Costa Del Sol. En Egypte, Cham El Cheik, c’est l’équivalent de 120.000 lits. On voit donc le gap qui nous reste  à combler.
    Il est donc urgent de faire émerger une véritable station balnéaire. Les deux prochaines années seront à ce titre décisives. A court terme, il nous faut une véritable station équivalente à la capacité de Marrakech, soit entre 50 et 60.000 lits. La demande est telle que l’hiver dernier (1er novembre au 31 mars), nous aurions commercialisé, sans difficulté, 30.000, voire 40.000 lits en plus dans le balnéaire.

    - Le balnéaire est pourtant la colonne vertébrale du plan Azur. Que s’est-il passé? Et Taghazout est supposée être lancée…
    - Le balnéaire était un des points forts du plan Azur, c’est vrai. Puis la crise financière de 2008, qui s’est transformée en crise économique, est passée par là. Peut-être que l’on a vu aussi trop grand. Six stations à réaliser d’un seul trait, c’était peut-être un peu trop. On aurait  peut-être dû mieux concentrer notre effort et éviter de nous disperser. Maintenant, les choses étant lancées, il faut mettre de la vitesse. Il est crucial d’atteindre très rapidement la taille critique. Si on veut être parmi les plus grands, c’est clair, il faut augmenter la dimension balnéaire de notre offre.

    Si on veut atteindre 20 millions de touristes,
    le Maroc doit être en mesure de répondre
    à toutes les attentes qui s’expriment sur le marché

    - Qui doit investir et d’où viendra l’argent? L’hôtellerie ne séduit plus autant qu’il y a 10-15 ans et les banques sont devenues méfiantes…
    - Les investisseurs marocains ont été très courageux et il faut leur rendre hommage pour cela. La CDG joue également un rôle primordial, un rôle de catalyseur. Les investisseurs étrangers ont également apporté leur contribution.
    Les investisseurs dans le tourisme comme dans tout autre secteur recherchent avant tout la rentabilité et le balnéaire offre cette rentabilité. Regardons ce qui se passe en matière de flux en Europe qui est une zone prioritaire pour nous: 2/3 des touristes qui vont en Espagne viennent de l’Allemagne et de l’Angleterre. En Turquie, c’est 45%.Tout ce monde-là se dirige, pour la plupart, vers les stations balnéaires.
    Deux marchés sont cruciaux pour toute destination: l’Allemagne c’est 60 millions de touristes et l’Angleterre, 54 millions. Faute de capacité balnéaire, notre pénétration sur ces deux marchés majeurs reste marginale. Nos partenaires nous disent que nous n’avons pas assez de capacités balnéaires. Tout l’effort doit donc être concentré pour atteindre la taille critique dans ce domaine. C’est là où se situe l’enjeu. Aujourd’hui, nous sommes dans un paradoxe où la destination est très demandée mais nous ratons des opportunités faute de produit adapté.


    Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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