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    Société

    Coopérer pour endiguer le phénomène du djihadisme

    Par L'Economiste | Edition N°:4285 Le 28/05/2014 | Partager
    Certains pays européens peu enclins à partager leurs renseignements
    Les profils des recrues de plus en plus disparates, donc difficiles à cerner
    La «déradicalisation» pour réintégrer les combattants dans leurs pays d’origine

    LE djihadisme donne du fil à retordre aux responsables sécuritaires et aux chercheurs des deux rives de la Méditerranée. Il s’agit d’un phénomène en recrudescence, épaulé par la durée que prennent les confrontations en Syrie. Le retour des combattants, dont certains avec de solides connaissances en combat, pose un réel souci sécuritaire pour de nombreux pays dont le Maroc. C’est cette thématique qui a regroupé plusieurs chercheurs, responsables sécuritaires de pays des deux rives de la Méditerranées et représentants diplomatiques en poste à Rabat lors d’une conférence organisée par le Centre marocain des études stratégiques (CMES) à Tanger. Si l’analyse des causes et des éléments déclencheurs de ce phénomène diffère lorsqu’on traverse la Méditerranée du Nord vers le Sud, il n’en reste pas moins que l’un des moyens pour faire face à cette menace potentielle du djihadisme reste la coopération.
    «Il faut des stratégies claires pour pouvoir dépasser cette zone de turbulences», affirme Mohamed Benhammou, président du CMES. Selon ce dernier, la sécurité de la région euro-méditerranéenne constitue un ‘bien collectif’ qui nécessite une mutualisation des efforts dans le cadre de la responsabilité et de la gestion collective de la sécurité. Pour Benhammou, il s’agit de mettre en place une stratégie claire, axée sur un meilleur échange d’informations entre les pays de la région et un partage d’expériences réussies dans le domaine. Mais ce qui peut sembler une évidence ne l’est pas pour tout le monde. Certains Etats sont peu enclins à partager leurs renseignements, ce qui n’aide pas à la résolution de ce problème qui est de nature globale.
    D’autre part, la nature même des menaces liées au djihadisme a nettement évolué avec le temps car le profil des djihadistes a basculé avec une diminution de la part de l’idéologie et une augmentation de celle des moyens dont les armes, rappelle le président du CMES.
    D’où la nécessité de mettre en place des mécanismes de «déradicalisation» afin de pouvoir réintégrer les combattants dans leurs pays respectifs.
    Mais l’une des stratégies préconisées reste la prévention. Prévoir les éléments précédant la radicalisation violente semble être une des voies pour limiter l’avancée du djihadisme. Mais la tâche n’est pas facile, confirment plusieurs spécialistes. Le caractère hétérogène du profil des djihadistes complique les choses. Cela varie du professeur d’université au jeune sans occupation. La seule caractéristique commune reste l’âge, entre 25 et 39 ans, mariés pour une grande majorité. Ce qui pose le problème de la motivation qui n’est pas visible a priori.
    Ce qui est clair, par contre, c’est le rôle joué par internet, un média qui a permis de mettre à la portée de tout le monde les pensées extrémistes et radicales, affirme Carola Garcia Calvo, de l’institut de recherche espagnol Real Instituto El Cano. Même si les phénomènes d’auto-radicalisation de certains sujets restent sans explications.

    En stagnation

    LE djihadisme ne date pas d’hier. Il serait apparu avec la première guerre d’Afghanistan pour se développer avec la guerre d’Irak. Mais c’est la guerre civile en Syrie qui lui a permis d’atteindre une nouvelle dimension. Selon les estimations, ce conflit a attiré près de 35.000 combattants étrangers dont 7.000 parmi les rebelles, dont une part non négligeable d’Européens. Toutefois, depuis fin 2013, le nombre aurait commencé à stagner, indique Olivier Kempf, chercheur à l’institut IRIS. La multiplication des parties en guerre avec l’apparition de groupuscules comme Al Nousra ont refroidi les ardeurs des candidats au Jihad. «On ne va plus pour un jihad simple face à un seul grand ennemi, maintenant, il faudra choisir son camp», explique Kempf.

    Ali ABJIOU

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