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Economie

Hausse de l’électricité
Le patronat court-circuité

Par L'Economiste | Edition N°:4285 Le 28/05/2014 | Partager
Le gouvernement décide sans concertation
Les opérateurs craignent pour la compétitivité
Les premières hausses: 6% pour la moyenne tension, 4% pour la haute tension

C’EST la grogne chez les industriels. Même s’ils n’ont pas encore le détail de la nouvelle grille tarifaire de l’électricité dont les projets de décret sont en préparation,  ils contestent toute augmentation. Celle-ci aura un impact sur les coûts des facteurs de production. Ce qui est jugé anormal à l’heure où le Maroc a mis en place une stratégie d’accélération industrielle avec l’ambition de créer des milliers d’emplois. Le risque est de déclencher des augmentations des prix et d’alimenter les tensions inflationnistes.
Dès le premier août, le gouvernement a décidé d’augmenter les prix de l’eau et de l’électricité. Seuls les ménages qui consomment moins de 6 m3 d’eau et 100 kilowattheures seront épargnés. Pour le reste, les hausses seront fonction des tranches de consommation.  La moyenne tension utilisée surtout par les PME et la haute tension qui compte les grandes industries sont également concernées.
Le mot d’ordre du gouvernement est d’appliquer la vérité des prix pour les produits pétroliers et aussi l’électricité avant de s’attaquer plus tard à d’autres produits. La première hausse prévue le 1er août sera de 6% pour la moyenne tension et de 4% pour la haute tension. Pour l’eau, l’augmentation tournerait autour de 6%.
A la CGEM, c’est «la stupéfaction». Une source autorisée à la Confédération précise que ces augmentations sont décidées de manière unilatérale: «Nous n’avons pas été approchée par le gouvernement. Il a décidé tout seul sans concertation». Le patronat, qui n’a pas encore avalé la hausse du Smig de 10%,  n’a cessé de mettre en garde contre les surcoûts supportés par l’entreprise.
Mise devant le fait accompli puisque le contrat-programme de l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE) est signé, la CGEM insiste sur la nécessité de préserver «les couches sociales modestes». Elle demande aussi que les hausses pour la moyenne et haute tension ne soient pas brutales. En ce sens, l’Etat ne devrait pas couper d’un trait la subvention du fioul ONE. «Il faut préserver la compétitivité de l’entreprise et mettre en place un démantèlement progressif de la subvention du fioul ONE. Nous voulons de la visibilité sur ce démantèlement», poursuit une source autorisée au patronat.
Contactés par L’Economiste, les opérateurs mettent en avant les risques pour la compétitivité et aussi pour l’emploi. «Nous avons subi beaucoup de hausses: le Smig, le fioul et bientôt l’électricité. La matière première continue aussi à augmenter. Les facteurs de production connaissent une réelle pression», s’inquiète Amine Berrada Sounni, président de la Fédération nationale de l’agro-alimentaire (Finagri). Il tire aussi la sonnette d’alarme sur l’emploi: «Depuis le début de l’année, l’industrie agroalimentaire a perdu des emplois». 
Dans le textile, les opérateurs mettent en garde contre les risques d’un embrasement des coûts des facteurs: «Il ne faut pas sauver l’ONEE au détriment d’autres secteurs. Les pouvoirs publics doivent être sensibles à la problématique de la compétitivité. Il faut des péréquations», conseille Tazi, directeur général de l’Association marocaine du textile habillement (Amith).
Pour ce secteur, l’énergie représente 6 à 8% du prix de revient dans la confection contre 25% à 30% pour l’amont textile. Un amont appelé à se développer  conformément à la stratégie 2020. «Les augmentations que nous subissons nuisent à la compétitivité de l’entreprise dans sa globalité. Il faut revoir l’ensemble des coûts», soutient Mostapha Sajid, président de l’Amith. Et d’ajouter que «l’entreprise est dégoûtée de l’investissement. Les opérateurs sont pénalisés à l’entrée, soit même au moment du raccordement».
Aujourd’hui tous les opérateurs craignent l’impact de ces augmentations. Même le secteur agricole ne sera pas épargné. «Nous utilisons de l’électricité pour l’alimentation animale, pour les accouveurs… les surcoûts seront répercutés sur le produit fini», affirme un aviculteur. Comparativement à d’autres pays, le prix de l’alimentation animale est jugé quatre fois plus cher à cause du coût de l’énergie: 7 à 8 centimes le kilo contre 1 à 2 centimes en Europe.

Ménages à un compteur: «La facture individuelle difficile»

LE gouvernement a annoncé que  4,1 millions d’abonnés à l’électricité et 2,2 millions à l’eau potable seront préservés de la hausse du prix de l’électricité. Ce qui correspond aux tranches qui consomment moins de 100 kWh pour l’électricité et 6 mètres cubes pour l’eau. Reste le problème des ménages desservis par un compteur collectif.  Sur ce point, le gouvernement se veut rassurant en affirmant qu’ils «auront droit à une facturation individuelle pour bénéficier des avantages de la tranche sociale». Une opération difficile à mettre en place. «C’est techniquement complexe», prévient Saïd Guemra, expert conseil en management de l’énergie. Il affirme que «dans ces conditions l’augmentation des tarifs touchera même les familles pauvres qui partagent une même maison et cotisent à la fin de chaque mois pour payer l’électricité».

Khadija MASMOUDI

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