×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Le prix de L’Economiste pour la recherche en économie, gestion et droit
    Analyse

    Le nucléaire se cherche une place dans le mix énergétique

    Par L'Economiste | Edition N°:4285 Le 28/05/2014 | Partager
    Une source complémentaire aux énergies renouvelables
    Considéré comme énergie compétitive, il a l’aval de l’AIEA et même des écolos
    Uranium des phosphates, RH, expertise… les atouts du Maroc

    A l’horizon 2030, les besoins de notre pays devraient tripler. La consommation d’électricité, passerait de 33 milliards de kWh par an à 130 milliards de kWh. Pour les pro-nucléaires, l’introduction du nucléaire permettrait de réduire la facture.

    L’option du nucléaire dans le mix énergétique pourrait être très bénéfique pour le Maroc, même si la stratégie nationale ne compte mobiliser pour l’instant que les ressources en énergie renouvelable facilement accessibles. Ce plan a pour ambition d’atteindre 42% de la puissance électrique installée de sources renouvelables en 2020, dont 2.000 MW à partir du solaire et 2.000 MW  de l’éolien. Le gaz naturel est également retenu «comme un choix stratégique et fondamental de diversification de ce mix énergétique». Une feuille de route pour le développement de l’utilisation du gaz naturel est en cours de préparation, et elle sera dévoilée prochainement après consultation des différents partenaires publics et privés», selon un responsable du département de l’Energie. Toutefois, les perspectives de développement de ce mix énergétique n’incluent pas encore le nucléaire, une source non polluante, peu coûteuse et surtout complémentaire aux énergies renouvelables, constate Çaoui Abdelmajid, président de l’Aigam (l’Association des ingénieurs en génie atomique du Maroc). «Au-delà de 2020, le gaz, l’électronucléaire et les schistes devraient constituer d’autres sources alternatives», renchérit pour sa part Mohammed Fettah, président de la Fédération de l’énergie.
    Le nucléaire fera-t-il un jour partie de l’équation énergétique? Une question qui divise, encore, les pro et anti, bien que le Maroc ait posé, depuis les années 1980, les jalons fondamentaux de cette option qui reste ouverte, tout au long des plans énergétiques déclinés. Les responsables de l’Aigam militent pour que le nucléaire, dont les gains économiques sont considérables, soit évalué et pris en considération eu égard à ses nombreux avantages. A commencer par son président fondateur Mekki-Berrada, qui rappelle que cette source énergétique à bas carbone a reçu la bénédiction de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qu’elle a été adoptée par plusieurs pays et à laquelle même les écologistes reconnaissent une utilité pour stopper le réchauffement climatique. Pour lui, sans l’électronucléaire, le monde atteindra difficilement le double objectif d’approvisionnement énergétique durable et de réduction des gaz à effet de serre auxquels tous les pays sont confrontés y compris le Maroc.
    A l’horizon 2030, les besoins de notre pays devraient tripler. La consommation d’électricité, particulièrement, passerait de 33 milliards de kWh par an à 130 milliards de kWh. Pour les pro-nucléaires, le Maroc dispose de potentialités pour développer cette filière en vue de devenir une source complémentaire aux énergies renouvelables. Premièrement, le Maroc engrange dans son sol le grand stock mondial du minerai du phosphate qui permet d’extraire l’uranium utilisé comme combustible pour le fonctionnement des centrales nucléaires. Des actions ont été initiées pour la mise en place de structures et le développement des compétences. La création en 1986 du Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN) à Mâamora qui a été investi dans plusieurs missions dont la préparation des conditions de l’appropriation de l’électronucléaire, en fait partie. Depuis 2003, il abrite aussi un Centre d’études nucléaires. Celui-ci a été équipé par la suite du premier réacteur au Maroc de 2 MW de puissance dédié à la recherche. Pour Mekki-Berrada, ce centre constitue un fleuron national qui a acquis une notoriété au niveau international, notamment vis-à-vis de l’AIEA et des pays amis tels que la France et les Etats-Unis. Ce qui va lui permettre d’accompagner un futur programme électronucléaire. De son côté, l’ONEE a déjà réalisé les études de faisabilité technico-économiques de la première centrale et la sélection d’un site qualifié sur le plan de la sûreté situé entre Safi et Essaouira. 

    Compétitivité

    Outre la question du respect de l’environnement, le volet coût reste un facteur déterminant pour le choix du mix énergétique. Ce dernier doit permettre une offre de l’énergie avec un coût compétitif pour l’économie, notamment pour le secteur industriel. «Il l’est à long terme», affirme Tarik Choho, DG adjoint, chargé du commercial à Areva France. Certes, la construction d’une centrale nucléaire nécessite des investissements importants par rapport à une centrale thermique, mais les coûts d’exploitation, beaucoup plus faibles dans le nucléaire, permettront une maîtrise des coûts de l’énergie sur une durée d’exploitation de 60 ans. Le nucléaire permet aussi de se prémunir contre les aléas et les fortes hausses des autres sources d’énergie.

    Noureddine EL AISSI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc