×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Competences & rh

    Le programme scolaire pour tous, une illusion

    Par L'Economiste | Edition N°:4284 Le 27/05/2014 | Partager
    Chaque enfant dispose d’un potentiel unique
    A bas la religion des notes!
    L’éducateur doit être un idéal identificatoire


    Abdellatif Salhi, psychothérapeute: «Le rôle de d’éducation c’est aussi d’apprendre aux enfants qu’ils peuvent perdre de temps en temps. Ils ne peuvent pas être excellents partout».
     

    - L’Economiste: L’échec scolaire est vécu par les parents comme un drame. Quelles peuvent en être les causes?
    - Abdellatif Salhi:

    Il s’agit d’un phénomène «polydéterminé», qui n’émane pas toujours de l’enfant. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer, comme la personnalité de l’enfant, l’environnement social ou familial, ou encore le programme scolaire. L’école cherche toujours à adapter le profil de l’enfant au programme, comme s’il était parfait, sans faille. Or, ce n’est pas le cas. Le programme scolaire prétend gérer les différences des enfants, mais c’est une illusion. Il n’existe pas de psychologie différentielle des élèves, alors que chacun arrive à l’école avec un capital psychologique propre. L’échec scolaire peut également être le résultat de la relation à l’école. Si elle n’est pas source de plaisir et qu’elle ne représente pas un idéal identificatoire pour l’enfant, elle est automatiquement rejetée. 

    - Quelles conséquences pour l’enfant?
    - Dramatiques. C’est la voie pour les déboires sociaux L’échec scolaire donne à l’enfant un sentiment de culpabilité. Les parents, eux, le considèrent comme une blessure narcissique et une frustration. Il peut donc envenimer les rapports, bloquer la communication et impacter la psychologie de toute la famille. Le rôle de d’éducation c’est aussi d’apprendre aux enfants qu’ils ne peuvent pas être excellents partout. Il faut dédramatiser l’école.
    Chaque enfant a une personnalité avec des forces et des points à améliorer. L’école doit jouer sur les forces  de l’enfant et être une plateforme à partir de laquelle il développe ses potentialités, sinon c’est l’hécatombe scolaire! Au Maroc, l’échec mène directement à l’abandon. Soit l’élève quitte l’école, soit décroche psychologiquement et s’évade de la réalité.

    - Le système actuel d’éducation n’arrange pas les choses;
    - La relation pédagogique est d’abord une relation d’aide, d’empathie. L’éducateur doit aider l’élève à

    Une atteinte à l’estime de soi de l’enfant peut être ravageuse. L’idée qu’il a de lui-même influence son comportement. Généralement, lorsque l’estime de soi est haute, la personne se réjouit de ses réussites, son estime de soi augmente et elle est encouragée à entreprendre plus d’initiatives. En cas d’échec, elle relativise et va de l’avant. En revanche, si son estime de soi est faible, la personne pense que ses réussites sont des accidents, et sa vision d’elle-même ne change pas. Mais si elle échoue, cela la pousse à se dévaloriser encore plus et à minimiser ses actions. Source: A.S

     construire un bon lien affectif avec l’école. S’il est considéré comme l’ennemi naturel de l’enfant, l’école toute entière est rejetée.
    Malheureusement, notre système apprend à l’enfant à lire et à écrire, mais pas à parler. C’est une anomalie. Qui s’exprime se développe, et qui se développe s’affirme. L’enfant est là pour s’épanouir, apprendre des normes qui l’aideront à vivre en société, à s’y adapter, tout en se comparant à d’autres personnes. Mais sans pour autant se sentir inférieur, et c’est ce que l’école fait la plupart du temps.

     - Comment en sortir?
    - Le diagnostic précoce des difficultés scolaires est primordial afin de prévenir la situation d’échec. Elles peuvent être d’apprentissage ou de nature psychologique (voir encadré). Une fois les difficultés détectées, il faut qu’il y ait un travail de complémentarité entre trois intervenants: le pédagogue, le médecin et le psychologue.
    La personnalité du maître ou de l’éducateur est très importante. Ce dernier joue un rôle important durant les premières années scolaires de l’enfant. Si l’élève le considère en tant qu’idéal identificatoire, cela le rassure et l’aide à développer une bonne relation avec l’école. Si, au contraire, il rejette la personnalité du maître, il reniera également tout le statut de l’école.

    - Des conseils pour les parents et les enseignants?
    - Chaque enfant dispose d’un potentiel à part. 7 formes d’intelligence existent: logico-mathématique, musicale, littéraire, technique, kinesthésique, spatiale et combinée. Il ne faut jamais dire à un enfant qu’il est nul. Je suis d’ailleurs contre la «religion des notes» à l’école.
    Les difficultés de l’enfant ne doivent pas faire l’objet de déni. Les parents devraient les accepter et les faire accepter à l’enfant. Les dramatiser n’est pas conseillé. Elles doivent être soumises à une équipe pluridisciplinaire, comprenant le cas échéant un pédagogue, un médecin et un psychologue ou psychothérapeute. 
    Faire des reproches à l’enfant est également à bannir. La situation doit être relativisée, au risque de porter atteinte à l’estime de soi de l’enfant.

    Difficultés scolaires: Une multitude de cas

    LES troubles pouvant mener à l’échec scolaire sont multiples. Ils peuvent être d’apprentissage, liés à des anomalies neurobiologiques, comme la dyslexie, la dysorthographie (difficulté à s’adapter à l’orthographe), la dyscalculie (difficulté à apprendre le calcul) ou encore la dyspraxie (difficulté à s’orienter dans l’espace). La paresse fait également partie de cette catégorie. Elle peut être due au caractère apathique de l’enfant, ou bien à des facteurs extra caractériels (en cas de surdité par exemple). Les difficultés peuvent aussi être psychologiques. C’est particulièrement vrai en cas d’hyperactivité. Accompagnée d’un déficit d’attention, elle peut survenir en réaction à un bouleversement (divorce par exemple), être pseudo-éducative (changement de classe) ou organique (trouble du cerveau). «Dans les consultations, les cas d’hyperactivité et de dyslexie sont les plus fréquents», relève Salhi.

    Ahlam NAZIH

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc