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Economie

Lhafi au Club de L’Economiste
Les mesures contre la désertification

Par L'Economiste | Edition N°:4283 Le 26/05/2014 | Partager
Un programme intégré autour de trois axes
Traiter le problème d’ensablement à la source

La désertification est l’un des chantiers que le Haut commissariat des eaux et forêts prend à bras-le-corps. Surtout vu les grandes menaces qui planent sur certaines régions à cause de l’impact des changements climatiques. D’autant plus qu’il s’agit d’un phénomène complexe, qui ne concerne pas uniquement l’envahissement de certaines zones par les sables. En effet, «la désertification ne comprend pas uniquement l’ensablement», a tenu à préciser Abdeladim Lhafi. Elle est aussi liée au déséquilibre des nappes phréatiques et à la perte de la biodiversité. D’où la nécessité d’une approche globale pour s’attaquer à ce phénomène. Ce qui se traduit par une action combinée sur les trois volets de la désertification. Car, «chaque problème nécessite  un traitement différent», a noté Lhafi. Pour l’endiguement de l’ensablement, le Haut commissariat aux eaux et forêts opte pour un traitement à la source. L’idée est «d’agir sur les zones d’émission», a-t-il expliqué. Ce qui a permis d’obtenir des résultats probants, grâce notamment aux nouvelles techniques de fixation. Sur le front du déséquilibre des nappes phréatiques, le Haut commissariat aux eaux et forêts mène une action en coopération avec le département de l’Eau. Surtout qu’avec la surexploitation des ressources hydriques dans certaines régions, les nappes phréatiques se sont enfuies de plus de 60 mètres, a fait savoir Lhafi. Ce qui pose une série de difficultés. C’est le cas notamment pour les plantations d’arganiers, dont l’extension consomme beaucoup d’eau et risque d’impacter négativement la nappe phréatique. Néanmoins, Lhafi a insisté sur l’importance des arbres de l’arganier, «qui constituent un véritable rideau contre l’ensablement». Par ailleurs, le phénomène de la désertification impacte également la biodiversité écologique. Le haut commissaire aux Eaux et Forêts a souligné que «plusieurs espèces disparaissent à cause de la destruction de leurs habitats naturels». D’où «la nécessité d’apporter des solutions en amont». Concrètement, il s’agit de mettre en place une stratégie de protection de la faune et de la flore, notamment à travers le développement des parcs naturels et des sites d’intérêt biologique. Lhafi a indiqué qu’un effort a été mené en termes d’arsenal juridique, avec l’adoption de deux lois relatives aux aires protégées en 2010 et 2011. Ce qui «nous permet de disposer d’une réglementation claire pour encadrer les actions dans ce domaine», a-t-il noté. Aujourd’hui, le Maroc dispose de 10 parcs naturels, dans différentes régions, en plus de celui, intercontinental, liant Rabat et Madrid, comprenant également les espaces marins. Ce qui «permet de mener des actions de réhabilitation des espèces».

Réserves naturelles

Le processus de rétablissement des équilibres de la biodiversité comprend aussi le développement des réserves naturelles, notamment avec «le projet, mené sur instructions royales, consistant à fusionner les parcs naturels d’Ifrane et de Khénifra, relatifs aux cèdres», a fait savoir Lhafi. Néanmoins, celui-ci a précisé que cette opération prend beaucoup de temps. «Cette reproduction se fait selon le rythme naturel. Car, nous travaillons sur le long terme». Surtout qu’il s’agit de pérenniser ce patrimoine au profit des générations futures. 

S. B.

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