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    Entreprises

    Dell refuse le diktat de la Bourse

    Par L'Economiste | Edition N°:4283 Le 26/05/2014 | Partager
    Une stratégie à plus long terme loin des impératifs de rentabilité
    Casablanca comme base pour l’Afrique
    Entretien exclusif avec le numéro 2 du géant américain

    «Cotés en Bourse, nous avions une tendance à prendre davantage de décisions à court terme avec un reporting trimestriel très contraignant», explique Aongus Hegarty , président EMEA de Dell.

    Au moment où le Maroc essaie de développer son marché financier en encourageant les introductions en Bourse, le géant américain Dell s’endette pour claquer la porte de Nasdaq. L’entreprise veut s’émanciper de la pression boursière et des impératifs de rentabilité à court terme. Par cette décision, Dell compte également faire face à la montée de la concurrence. Aongus Hegarty, président Europe, Moyen-Orient et Afrique, de passage à Casablanca, explique les enjeux de cette décision et les ambitions de Dell au Maroc.
    - L’Economiste: Quel est l’objectif de votre visite au Maroc ?
    - Aongus Hegarty: Je viens régulièrement au Maroc depuis une dizaine d’années. Nous avons une activité très vaste à Casablanca à partir d’où nous gérons l’Afrique du Nord et de l’Ouest et une partie importante  de notre business en Europe. Nous employons l’équivalent de 2.000 personnes. L’unité marocaine occupe une place importante dans la région Europe, Moyen-Orient et Afrique. Il y a quelques jours, j’étais à Rabat pour discuter avec certains de nos clients dans l’administration publique, les télécoms et des partenaires. Nous avons également eu plusieurs réunions avec nos équipes à Casablanca pour le suivi des projets.

    - Sur quels projets travaillez-vous actuellement?
    -Nous avons toujours de nouveaux projets. Le Maroc est un marché important où nous sommes en train de recruter de nouvelles compétences pour couvrir de plus en plus de zones géographiques. Le pays est également une clé d’entrée pour le marché africain et un support pour l’Europe. Nous avons discuté avec nos partenaires sur ce potentiel africain. Nous avons une présence au Kenya et au Nigeria, mais le support technique vient essentiellement du Maroc. La dernière tournée royale ouvre plusieurs opportunités pour les entreprises. 

    - Pensez-vous que le marché marocain est suffisamment mature d’un point de vue technologique?
    - Absolument. Les différentes rencontres que j’ai eues avec nos clients témoignent de cette maturité. Beaucoup travaillent sur des projets qui recouvrent les dernières technologies développées par Dell. Cela se fait dans un objectif d’efficience et de productivité. D’autres entreprises mettent en place des plateformes pour gérer tout un business régional. Sur les 10 dernières années où j’ai suivi l’évolution du marché marocain, les investissements en infrastructure et en technologie ont beaucoup évolué. Cette tendance nous encourage à investir davantage dans notre structure à Casablanca.

    - Dell s’est retiré de la Bourse depuis quelques mois. Qu’est-ce qui a motivé cette décision?
    - Nous sommes une entreprise totalement privée depuis 6 mois. Michael Dell, qui est le fondateur de l’entreprise, en est aujourd’hui l’actionnaire majoritaire.  Au début de l’année dernière, nous avons lancé un processus de privatisation. Cette décision est un bon catalyseur pour nos équipes et nos business. Aujourd’hui, nous nous concentrons uniquement sur nos clients et non plus sur la Bourse et les actionnaires. Nous essayons de comprendre les besoins et les stratégies de nos clients. Nous utilisons toute notre technologie pour répondre au mieux à cette demande bien plus que par le passé.

    - Comment cette décision se traduit dans votre stratégie?
    - Avec la privatisation, nous sommes  plus habilités à prendre des décisions avec un impact sur les moyen et long termes. Cotés en Bourse, nous avions une tendance à prendre davantage des décisions à court terme avec un reporting trimestriel très contraignant.

    - Est-ce que la crise est aujourd’hui totalement dépassée dans votre secteur?
    - La crise financière a eu un impact important sur l’Europe qui a commencé à être concurrencée par d’autres marchés, notamment africain et au Moyen-Orient. Durant mes voyages dans la région, en particulier ces 12 derniers mois, j’ai senti que la croissance commence à revenir poussée par les investissements technologiques et capitalistiques pour augmenter la productivité. La technologie est aujourd’hui incontestablement un moteur de croissance. Il est encore prématuré pour juger du niveau de reprise, mais les indicateurs sont positifs. Au Maroc, nous observons beaucoup d’entreprises qui réalisent des investissements en technologie. Pour le Moyen-Orient, des événements importants  devront tirer la croissance comme l’Expo 2020 à Dubaï ou encore la Coupe du monde au Qatar. Cela crée des opportunités intéressantes. A mon avis, c’est au niveau de l’accès au financement que beaucoup de choses restent à faire, en particulier pour les PME.

    Remonter la chaîne technologique

    C’EST un étudiant texan de 19 ans, Micheal Dell qui donnera naissance à un fleuron informatique américain. Dell a commencé son activité dans le hardware avec le développement d’ordinateurs. Par la suite, l’entreprise s’est attaquée au marché des serveurs et des data centers. Plus récemment, différentes acquisitions ont étoffé l’offre de Dell en matière de software, en particulier dans les systèmes d’information, la sécurité et la protection de données. «Une évolution qui nous a permis d’être plus présents dans le domaine de business intelligence et l’analyse de la data. Notre dernière acquisition de Statsoft nous a procuré une plus grande visibilité en Europe dans le domaine de l’analyse statistique et analytique», explique Hegarty.  Ces solutions ne donnent pas uniquement la possibilité de gérer la data, mais également de l’interpréter pour être capable de prendre les bonnes décisions.

    Ilham BOUMNADE

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