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    Analyse

    Préscolaire: Attention à l’acharnement!

    Par L'Economiste | Edition N°:4283 Le 26/05/2014 | Partager
    Trop de pressions sur les 3-5 ans pour faire d’eux des génies
    La garderie n’est pas une école miniature

    La majorité des établissements du préscolaire au Maroc forcent les élèves à apprendre à lire et à écrire alors que les enfants de 3-5 ans ont surtout besoin de jouer.

    Les idées reçues ont la peau dure! Les parents envoient les enfants dès le bas âge dans des crèches ou des garderies. Derrière la socialisation de l’enfant, les parents espèrent lui donner des outils pour affronter la vie scolaire dans les meilleures conditions possibles. Les enfants sont soumis à un bourrage de crâne qui dépasse largement leurs capacités cognitives naissantes. Ils sont obligés d’apprendre à lire et à écrire. Certains centres obligent même les enfants à apprendre une ou même deux langues étrangères. Les psychopédagogues tels que Jean Piaget ou encore Philippe Meirieu sont formels: la tranche d’âge de 3 à 5 ans devrait plus être celle où les enfants s’adonnent à toutes sortes d’activités ludiques pour développer les capacités linguistique et psychomotrices, découvrir l’espace, se familiariser avec la vie en société; L’acquisition de capacités scripturales ou lectorales ne devrait donc commencer qu’au primaire et de manière progressive. Qu’est-ce qui explique donc cette course à la compétition.
    «Les familles marocaines ont été influencées par le mythe de l’excellence qui est d’abord parti d’Asie. C’est ce qui explique que tout le monde veut que ses enfants deviennent les meilleurs de la classe», explique Bendaoud Merzaki, directeur de l’enseignement privé et le préscolaire au ministère de l’Education. C’est d’ailleurs ce qui explique l’explosion du phénomène des heures supplémentaires qui commence à prendre des proportions hors de tout entendement. Dans les années 70, les parents payaient à leur progéniture des cours de maths ou de français pour leur permettre de combler leurs lacunes. Mais depuis quelques années, les cours de soutien concernent toutes les matières. A tel point que les heures supplémentaires sont devenues une deuxième vie scolaire, qui s’ajoute à l’école de tous les jours.
    Aucune étude n’a été réalisée pour évaluer l’intérêt ni l’efficacité de ces cours, mais une chose est sûre: «L’enfant qui a suivi l’éducation préscolaire dans certains établissements arrive parfois essoufflé au cycle primaire. Ce qui est contreproductif», signale l’expert.
    D’ailleurs, dans l’écrasante majorité des pays avancés, les activités d’éveil et de construction de la personnalité sont privilégiées par rapport au contenu. Le ministère de l’Education veut s’inspirer des modèles des pays avancés et des régions à niveau de développement comparable pour repositionner le préscolaire et le recentrer sur sa véritable vocation: développer les capacités psychomotrices des enfants avant d’entrer au primaire. Encore faut-il convaincre les parents habituellement adeptes de la course à l’excellence.
    Hassan EL ARIF

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