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    Evénement

    L’Etat place l’ONEE sous perfusion financière

    Par L'Economiste | Edition N°:4283 Le 26/05/2014 | Partager
    Le contrat-programme signé aujourd’hui
    50 milliards de DH sur quatre ans
    La refonte de la grille tarifaire de l’électricité attendue

    Avec la réalisation des différentes centrales thermiques et des projets d’énergies renouvelables, l’Office national d’eau et d’électricité devrait à moyen terme redresser ses fondamentaux.

    C’est officiel. Le contrat-programme de l’Office national d’eau et d’électricité doit être signé ce lundi 26 mai. Attendu depuis 2012, l’aboutissement de cette convention a nécessité l’implication du chef de gouvernement lui-même. Abdelilah Benkirane avait en effet présidé, mercredi 21 mai, une réunion interministérielle spécialement consacrée aux derniers détails de cette convention. De fait, il s’agit d’un plan de sauvetage de l’électricien dont la situation financière n’a cessé de se dégrader depuis 2008. (Voir notre édition du 16 mai 2014;). Ce plan prévoit la mobilisation d’un investissement de 50 milliards de DH sur quatre années. Son financement sera assuré pour moitié sur le budget de l’Etat. Le reste proviendrait des bailleurs de fonds, de l’Office lui-même, qui peut lever des capitaux, et des usagers. Mais pour le moment, la piste d’une optimisation de la gestion de l’organisme via la cession du foncier urbain et ses participations dans certaines filiales reste privilégiée par le gouvernement. Car l’objectif à moyen terme est d’assurer le rétablissement des équilibres financiers de l’Office.
    Dans ce schéma, la tarification sera touchée. Elle n’a pas bougé depuis 2009 pour la moyenne et haute tension et depuis 1996 pour la basse tension. «Mais les ménages modestes seront épargnés», rassure Mohamed Louafa, ministre délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance». Les catégories qui se trouvent dans la tranche égale ou inférieure à 100 kWh et 6 mètres cubes d’eau potable ne sont pas concernées par la hausse des tarifs. Il s’agit de 4,8 millions de ménages sur les 7,5 millions que compte le pays. L’écart entre le tarif réel et celui facturé à cette population sera pris en charge par l’Etat qui versera une subvention directe à l’ONEE. «C’est pour la première fois que les ménages modestes seront vraiment ciblés», se félicite Louafa. Et c’est à cette condition que le gouvernement assumera sa responsabilité de la révision des tarifs pour les autres tranches. Reste à régler deux problèmes de taille. Celui des compteurs collectifs dans des logements occupés par plusieurs ménages, phénomène assez fréquent dans les villes traditionnels. Le second concerne l’habitat anarchique. Jusqu’à présent, l’administration leur interdisait d’installer un compteur. «Désormais, le gouvernement va autoriser l’installation de compteurs provisoires à l’image des chantiers de construction. A charge pour les autorités de prévenir la prolifération de ces constructions anarchiques», avait annoncé Louafa lors d’un Club de L’Economiste. (Voir édition du 26 février).
    Au-delà, le contrat-programme vise l’assainissement des finances de l’Office. A commencer par l’arrêt de l’hémorragie que cela occasionne pour le budget de l’Etat. Depuis 2008, cet organisme y  purge l’équivalent de 9 milliards de DH/an sans toutefois honorer, dans les délais, ses engagements vis-à-vis de ses fournisseurs et prestataires de services. En cause, le retard pris dans la réalisation notamment des centrales de production d’électricité à base thermique. Par contre, l’Office a fait des deux centrales d’appoint,  qui ne doivent fonctionner qu’en cas de forte demande, des sources de production pérennes et de surcroît à base de fuel spécial. Résultat, une flambée des coûts sans commune mesure avec ceux du charbon et encore moins par rapport au gasoil. D’où la montée en puissance du concours financier de l’Etat.

    Des indicateurs alarmants

    La dégradation des finances de l’Office national d’eau et d’électricité ne s’explique pas uniquement par la production et la vente de l’énergie électrique. Elle résulte aussi de l’endettement, du déficit de la caisse interne de retraite et du défaut de paiement des fournisseurs. En 2013, la dette a atteint le niveau record de 70 milliards de DH avec une aggravation de son service à 6,8 milliards. Ce qui représente l’essentiel du chiffre d’affaires de l’Office. Pour ce qui est de la caisse de retraite, le montant du déficit atteindrait 3 milliards de DH, d’ici la fin de l’année. Alors que les dettes cumulées vis-à-vis des fournisseurs et prestataires des services ont dépassé la barre de 2 milliards de DH à fin 2013.

    A. G.

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