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    Politique Internationale

    Le Mali renoue avec ses vieux démons

    Par L'Economiste | Edition N°:4280 Le 21/05/2014 | Partager
    Le mouvement armé des touareg relance les hostilités
    Médiateur, Rabat s’inquiète de cette nouvelle tension

    Véritable poudrière, le Mali se présente de nouveau comme un territoire sous haute tension. Les affrontements qui ont eu lieu samedi 17 mai  à Kidal font presque écho à la mobilisation internationale décrétée contre le terrorisme islamiste en Afrique de l’Ouest lors du sommet sur la sécurité au Nigeria qui s’est tenu le week-end dernier à Paris.  Malgré que  le Mali ait dépêché des renforts militaires pour tenter de reprendre le contrôle du nord, fief des rebelles touareg, qui y ont libéré lundi soir 32 fonctionnaires, ces attaques  rappellent de mauvais souvenirs et laissent planer le doute d’une probable guerre dans cette région.
     Le Maroc s’est d’ailleurs positionné  comme un des médiateurs dans le dossier malien accepté par les deux parties. Le Roi Mohammed VI s’est rendu à deux reprises à Bamako au cours de l’année passée, et  a reçu en janvier le secrétaire général du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg), Bilal Ag Achérif, lui demandant de «rester ouvert au dialogue politique» avec Bamako.  Après les affrontements sanglants, le ministère des Affaires étrangères n’a pas manqué de condamner vigoureusement «les actes de violences ainsi que la prise d’otages».
     La question politique des touareg a toujours  posé problème dans cette région depuis l’indépendance du Mali. En effet en 2012 déjà, c’est le MNLA qui avait lancé l’offensive à partir du nord, avant d’être dépassé par des groupes djihadistes, entraînant l’intervention française nommée «Serval». Depuis, le mouvement touareg,  qui a cédé le contrôle de Kidal au cours de l’été 2013, a repris l’ensemble des points d’entrée de la ville.
    Cette fois-ci, l’élément déclencheur des violences a été la visite du Premier ministre malien, Moussa Mara, à Kidal, perçue comme une provocation par la communauté touareg, et tout spécialement par son bras armé, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). S’en sont suivis  les affrontements qui ont fait  une trentaine de morts, dont huit soldats et plusieurs officiels maliens.
    Si l’engagement du Maroc n’est pas négligeable celui de Paris et de l’Union européenne est à prendre en considération. Elles disposent aussi du puissant levier de l’aide financière, indispensable pour la reconstruction du pays,  pour amener Bamako à dialoguer avec les représentants des touareg. Le problème est que les autorités maliennes n’ont pas les moyens de maîtriser la question du MNLA. Conséquence, les accords de paix du 18 juin 2013 sont non opérationnels. Ils devaient, surtout, organiser le retour de l’Etat dans le nord et ouvrir la voie à des discussions sur le statut administratif et la stratégie de développement  du mouvement touareg. Ces deux points forment le soubassement historique des revendications touareg, qui balancent entre autonomie et indépendance. Or, ces négociations n’ont jamais commencé, accréditant la thèse que, malgré ses promesses électorales, le président Ibrahim Boubacar Keïta, élu en août 2013, n’a pas la volonté politique de faire avancer le dossier de la réconciliation. En attendant, le Mali semble replonger de nouveau dans le désordre total.

    Sarrae BOUAYAD

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