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    Economie

    Mesure antidumping
    Grand déballage pour le papier A4

    Par L'Economiste | Edition N°:4280 Le 21/05/2014 | Partager
    Audition publique tendue à Rabat
    Attaqué sur sa production, Med Paper se rebiffe
    Portucel Soporcel et importateurs font alliance

    «On a tout ouvert et tout dit». La déclaration du PDG de Med Paper, Mohsin Sefrioui, est assez révélatrice de l’ambiance qui a marqué l’audition publique tenue le 19 mai à Rabat. Les mesures antidumping visant le papier A4 en provenance du Portugal est au cœur d’une enquête ouverte suite à la plainte de Med Paper. En attendant le résultat final, le produit enquêté est soumis à un droit additionnel provisoire de 10,6% depuis le 24 avril 2014.
    L’unique transformateur national de pâte à papier se retrouve ainsi face à ses contradicteurs que sont le groupe portugais Portucel Soporcel, l’Association marocaine des importateurs-distributeurs  de papiers et carton (ADPAC) et les représentants de la Commission européenne. Même si Mohamed Benayad, SG du ministère délégué au Commerce extérieur, en guise de président de l’audition, a tenté de rassurer sur «la neutralité» de la Commission européenne présente au côté des autorités marocaines «pour veiller à la bonne application de la procédure». L’existence du dumping, du dommage et du lien de causalité ainsi que l’impact des mesures antidumping sur le secteur ont été les principaux points discutés.
    L’exportateur portugais annonce la couleur: «Portucel Soporcel n’est pas un mercenaire venu tout casser». Pour «crever l’abcès», Me Olivier Prost, du cabinet Gide, s’engage au nom de son client à  «mettre fin à la confidentialité des statistiques 2004-2009 d’Eurostat sur le volume d’exportation du papier A4 portugais et à les communiquer aux enquêteurs après l’audition publique». La Commission européenne insiste sur le fait que  les enquêteurs «doivent s’assurer de la comparabilité de toutes les statistiques».
    Le but étant de démontrer que le produit exporté du Portugal au Maroc est en dessous des chiffres avancés. D’autant plus que Med Paper soulève «l’absence d’une position tarifaire explicite désignant spécifiquement la ramette A4 dans la nomenclature douanière SH marocaine…». Ce que les importateurs récusent en déclarant avoir demandé à l’Office des changes une référence douanière spécifique pour avoir des statistiques précises sur le marché papier.
    Basée à Tanger, la filiale de CDG Développement relève ensuite «l’incohérence des prix du papier A4 premium et celui standard» qui sont commercialisés par son concurrent. La société que dirige Sefrioui est dubitative: «Une marge de 15% est relevée entre les deux produits. Comment se fait-il qu’elle est à peine de 1,8% chez Portucel Soporcel?». Les importateurs contestent. «Un distributeur doit garder sa marge. Il en va de sa survie. Pourquoi le produit le plus cher est le plus vendu?», demande le président de leur association professionnelle, Mohamed Ali Mechiche Alami.
    D’où une autre question: Y a-t-il similarité entre le papier A4 de Med Paper et son concurrent portugais? Ce dernier diffuse une vidéo comparant les qualités de son produit par rapport au produit local. Comparaison faite par un «laboratoire américain» dans les locaux de Portucel Soporcel. Le tout pour montrer que c’est «le comportement du produit durant son utilisation qui prime (qualité constante, multifonctionnalité, bonne impression) et non pas la blancheur, le grammage et le prix comme l’estime Med Paper». Ces caractéristiques physiques et optiques «démontrent une qualité de haute performance. Il n’y a pas de similarité entre les deux produits.
    Donc pas de concurrence ni de préjudice», conclut le fabricant européen. La vidéo est qualifiée d’un «coup de bluff», par le PDG de Made Paper. «Il suffit d’humidifier un papier pour qu’il y ait bourrage de l’imprimante. C’est honteux de faire valoir de faux arguments». Le producteur national argue avoir les mêmes machines que celles de Portucel Soporcel, utiliser la même essence d’eucalyptus et qu’un laboratoire public LPEE suit ses produits... Le directeur production de la filiale de CDG Développement vient à l’appui en soulignant que «les additifs utilisés pour améliorer la qualité physique du papier proviennent de fournisseurs étrangers…». La similarité (composition et utilisation du produit) est l’un des critères qui pèsent dans les mesures antidumping et la jurisprudence de l’OMC. Les représentants de la Commission européenne estiment ainsi qu’un «produit qui n’est pas fabriqué par Med Paper ne rentre pas en concurrence directe avec ceux de l’opérateur portugais dans la mesure où il n’y a pas de dommage grave». Le tout pour démontrer qu’il n’y a pas forcément lien de causalité entre le présumé dumping et les difficultés de Med Paper.
    Un délai de 7 jours ouvrables à compter du 19 mai à été donné aux protagonistes pour envoyer par écrit leurs remarques.


    F. F.

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