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    Entreprises

    Contrefaçon: 30.000 emplois perdus par an

    Par L'Economiste | Edition N°:4280 Le 21/05/2014 | Partager
    Un manque à gagner fiscal d’un milliard de DH pour l’Etat
    Une enquête permet pour la 1re fois de cerner les effets économiques de ce fléau
    Les produits chinois, indiens et turques arrivent des EAU, principalement à Casablanca

    Avec le renforcement du contrôle en Espagne, le trafic s’est inversé et l’on commencerait à relever chez le voisin ibérique un flux de marchandises contrefaites issues du Maroc

    LA contrefaçon au Maroc continue de faire des ravages. Son chiffre d’affaires atteint en moyenne près de 13 milliards de DH par an, soit autant de marchés perdus pour les industriels locaux. Elle constitue aussi un manque à gagner d’un milliard de DH pour le fisc, mais le plus grave est qu’elle entraîne la destruction de 30.000 emplois par an, soit l’équivalent d’une usine comme celle de Renault tous les deux mois. Ces chiffres sont issus d’une enquête sur les incidences économiques de la contrefaçon présentée par le Comité national pour la propriété industrielle et anti-contrefaçon (Conpiac) lors d’un séminaire à Tanger. Il s’agit de la première étude réalisée sur le sujet, en février 2013.
    La déferlante de la contrefaçon touche presque tous les secteurs. Cela va du textile et cuir à l’appareillage électrique et les pièces de rechange automobile. «Les analyses de terrain au niveau des différentes villes visitées ont permis de mettre en évidence 50 places de commerce reconnues par la présence de produits contrefaits», précise Noufissa Belcaid, directeur des signes distinctifs à l’Office marocain pour la propriété intellectuelle et commerciale (Ompic). Parmi ces places, l’une des plus importantes est Casablanca ainsi qu’Agadir, Nador et bien entendu Tanger.
    La provenance de ces produits contrefaits n’étonne plus personne. En tête de liste, on retrouve la Chine, suivie par la Turquie et l’Inde. Ces produits transitent de plus en plus par les zones franches des pays du Golfe, essentiellement celles installées aux Emirats arabes unis, véritables plaques tournantes de la contrefaçon. Au Maroc, le principal point d’entrée reste le port de Casablanca, même si les autres ports, dont TangerMed, sont eux aussi assez actifs.
    Les volumes sont certes importants, toutefois le contrôle devient plus dense. Il y a quelques mois les douaniers avaient réussi à arrêter une cargaison de près de 2.000 smartphones contrefaits à destination du marché marocain via le port de TangerMed.
    Selon la Douane, cette dernière a commencé à travailler avec un nouveau système a priori qui permettrait de déceler les marchandises douteuses en fonction de leur provenance.
    La Douane a aussi affiné son arsenal pénal. En effet, la contrefaçon est devenue une infraction de première classe, à l’image de l’importation sans déclaration, ce qui implique amende et réquisition de la marchandise et du moyen de transport.
    En outre, la Douane permet aussi de bloquer les produits en cas de demande. Ainsi, lors des dernières années, plus de 557 suspensions ont concerné des produits à l’import, alors que 2.600 dossiers de suspension ont été acceptés.
    Heureusement, selon Adil El Maliki, directeur général de l’Ompic, le secteur des médicaments n’est pas trop touché au Maroc, même si la contrebande surtout à l’Oriental et les achats via internet commencent à inquiéter. La cause est due, selon El Maliki, à la présence d’un réseau de distribution solide, bien encadré et organisé, ce dont ne bénéficient pas les secteurs du textile, des pièces autos et des autres secteurs touchés par la contrefaçon. D’où une première piste de réflexion pour l’organisation de filières de distribution solides pour couper l’herbe sous les pieds des réseaux de la contrefaçon.

    Le détroit, une zone à risque

    LE détroit constitue un des carrefours où le trafic de la contrefaçon est très important. C’est de là que transitent les marchandises contrefaites à destination du Maroc issues de l’Extrême-Orient, histoire de brouiller les pistes des douaniers, une tendance de plus en plus fréquente depuis l’entrée en service de TangerMed.
    Il y a quelques années, les efforts des douaniers espagnols avaient été payants après l’interception de plusieurs conteneurs avec des produits textiles contrefaits issus de la Chine et à destination du Maroc.

    Ali ABJIOU

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