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Analyse

Louardi : «Oui, j’ai fait l’objet de pressions»

Par L'Economiste | Edition N°:4278 Le 19/05/2014 | Partager
Baisse du prix des médicaments: ce n’est qu’un début!
Les essais cliniques reprendront sur la base d’une réglementation
Le partenariat public-privé pour faire face au manque de médecins et de moyens

Une vingtaine de nouveaux médicaments seront introduits sur le marché. Pour ces produits, le prix qui sera appliqué est le plus bas du benchmark. Et ce, conformément à la nouvelle réglementation
 

SES détracteurs lui reprochent d’ouvrir plusieurs chantiers à la fois, mais pour El Houssaine Louardi, ministre de la Santé, «c’est le meilleur moyen de pouvoir avancer dans ce secteur où les dysfonctionnements sont importants ». Des réformes qui ne sont pas toujours faciles à faire passer comme ce fut le cas pour la baisse des médicaments.

■ Médicaments: Une réglementation rarement respectée
La baisse du prix des médicaments s’est faite dans un cadre global des politiques pharmaceutiques nationales. L’élément essentiel, c’est cette baisse des prix. D’abord parce que l’arrêté qui fixe les prix date de 1969, soit au moment où les génériques n’étaient même pas commercialisés au Maroc. Ensuite, il n’a jamais été appliqué. Enfin, d’autres textes sont apparus par la suite en particulier celui de 1981.
Ce dernier disait que la baisse du prix d’un médicament dans son pays d’origine doit être répercutée au Maroc. Or, cette disposition n’a jamais été appliquée. Même l’Organisation mondiale de la santé avait conclu en 2004 que le prix du médicament au Maroc était trop élevé.
Surtout que 54% des frais de soins sont pris en charge par les ménages. Sur ces frais, 40% représentent le poste médicament. Une baisse des prix se fera sentir immédiatement. «C’est pour cela que nous avons dit qu’il faut une politique pharmaceutique nationale qui accompagne la baisse du prix du médicament», souligne El Houssaine Louardi.
■ Les contrôles démarrent
Dorénavant, tous les médicaments commercialisés au Maroc seront publiés au Bulletin officiel avec leur prix. Pour l’application de cette baisse, deux plans ont été prévus. Le premier a fait l’objet de concertation avec les opérateurs. Le deuxième s’apparente à un plan B. «Nous avons prévu d’importer directement via l’Institut Pasteur pour éviter toute rupture de stock», indique le ministre de la Santé.
Sur l’étiquetage, le ministère a conçu dès le départ une période transitoire, le temps d’opérer le basculement. Les inspections sur l’état d’avancement de ce chantier ont démarré. Et à partir du 8 juin, les vérifications s’effectueront au niveau des officines.
■ Le prix le plus bas du benchmark pour les nouveaux produits
«Oui, j’ai fait l’objet de pressions». Louardi dit avoir tenu bon et opté pour le compromis: «Je n’étais pas d’accord que les prix soient alignés sur la moyenne des prix du benchmark constitué de huit pays. J’étais partisan du prix le plus bas». Il reconnaît néanmoins qu’il était difficile de basculer rapidement vers l’extrême car cela aurait occasionné quelques milliards en moins pour le secteur. Ceci étant, le ministre rappelle que l’alignement sur la moyenne des prix était «provisoire» et concerne les médicaments commercialisés actuellement au Maroc. Dans une deuxième étape, tous les nouveaux produits seront commercialisés au prix le plus bas du benchmark. Autrement dit, durant les années à venir, les prix des médicaments vont baisser.
■ Les essais cliniques bientôt réglementés
Ils sont importants pour les patients, la recherche au Maroc et aussi l’investissement. Les essais cliniques seront mieux encadrés. Ceux réalisés au cours des derniers mois ont été autorisés par une circulaire.
Mais aujourd’hui, le gouvernement s’apprête à introduire un nouveau texte de loi. Ce texte sur la protection des personnes soumises à la recherche biomédicale comporte un volet assurance et organise l’obtention des autorisations. Un comité d’éthique, un comité national et des sanctions sont également prévus. Dans cette «activité», des dérives ont été constatées. Celles-ci vont «des liaisons dangereuses» entre laboratoires et médecins aux essais pratiqués sans aucune connaissance du directeur du CHU.
■ Concours régionaux, mutualisation des moyens…
Le ministère de la Santé veut mieux recruter. Les concours s’opéreront en fonction des spécialités jugées prioritaires. Une opération qui a démarré avec le recrutement d’infirmiers spécialisés en psychiatrie et en réanimation. Pour le reste, un concours commun a été organisé.
La Santé va également mettre en place des concours régionaux mettant ainsi fin à ceux menés à l’échelle nationale. Cette mesure permettra d’éviter les problèmes de mutation et la gymnastique administrative qui s’en suit.
Pour faire face au manque de professionnels de santé, Louardi souhaiterait que les 8.000 qui opèrent à l’étranger rentrent au Maroc. De même il compte s’appuyer sur le partenariat public-privé pour pallier le manque de médecins dans certaines zones. «Nous pouvons mettre en commun les moyens. Les médecins du privé peuvent travailler dans les hôpitaux moyennant paiement. Le schéma est valable même pour les gardes», soutient le ministre. Il indique qu’un arrêté est quasi prêt. Il ne reste que le volet rémunération à trancher.
■L’objectif 3.300 médecins impossible à atteindre
La loi sur les fondations comme celle de Cheikh Zaid à Rabat ou encore celle de Cheikh Khalifa, qui va ouvrir à Casablanca d’ici la fin de l’année, les autorise à lancer des facultés de médecine. Jusqu’à présent, aucune initiative privée n’est menée dans ce domaine. D’ailleurs, l’objectif 3.300 médecins calculés sur la base d’une participation du privé ne pourrait pas être atteint. «Cet objectif est obsolète puisqu’on s’est basé sur l’ouverture de facultés qui n’ont jamais vu le jour. Il faut le revoir à la baisse même si nous avons nettement amélioré le nombre de médecins formés», affirme Louardi.


Khadija MASMOUDI

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