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    Economie Internationale

    Tunisie: Les cent jours du gouvernement Jomaa
    De notre correspondant, Mohamed Laroussi Ben Salah

    Par L'Economiste | Edition N°:4276 Le 15/05/2014 | Partager
    Le 1er ministre au top dans les sondages
    Réduction des salaires des ministres, lutte contre le terrorisme…
    Mais la situation politico-économique encore fragile

    Cherchant à redorer l’image du pays, Mehdi Jomaa a été tour à tour en Algérie, au Maroc, en France, aux USA et au Golfe d’où il a ramené des promesses de soutien et d’investissement

    Le 8 mai, la Tunisie a fêté les 100 jours du gouvernement  Mehdi Jomaa, choisi pour une telle mission à la faveur d’un consensus national auquel sont parvenus les partis tunisiens après une grave crise politique.
    Quoiqu’il n’est pas d’usage de faire le bilan d’un gouvernement provisoire, l’on peut avancer que la majorité de la classe politique tunisienne y voit beaucoup de réussite. Le calme est revenu dans le pays, les forces de l’ordre maîtrisent la situation, l’armée fait le nettoyage dans les montagnes où se sont barricadés des terroristes.
    Côté tourisme, le nombre des entrées au cours du mois d’avril a largement dépassé le million. Des croisiéristes sont venus pour la première fois depuis trois ans. Malgré une campagne de dénigrement, le ministère et les professionnels du tourisme préparent fébrilement  le pèlerinage des Juifs du 13 au 18 mai à la millénaire synagogue d’El Ghriba, située à Djerba, à 400 km au sud-est de Tunis (voir aussi encadré)
    Cherchant à redorer l’image du pays, Jomaa a été tour à tour en Algérie, au Maroc, en France, aux USA et au Golfe d’où il a ramené des promesses de soutien, d’investissements, des accords de prêt et de crédit. Dans le cadre de la feuille de route définie par le quatuor du dialogue national, 18 gouverneurs de régions sur 24 ont été remplacés, de même que des dizaines de délégués de localités et plusieurs chefs d’entreprise, d’administration, d’ambassadeurs et autres responsables sécuritaires. Donnant  l’exemple, Jomaa a décidé de réduire les salaires de ses ministres de 10%, de débarrasser l’Etat des 80.000 voitures de fonction et de service, en proposant de les vendre à leurs utilisateurs et de mettre fin à la pratique des bons d’essence servis aux hauts fonctionnaires. Sur un autre plan, Jomaa a débloqué la somme de 10 millions de TND au profit de l’ISIE, Instance supérieure indépendante pour les élections tout en épongeant l’ensemble de ses dettes antérieures. Il est même monté dans les sondages et rien que pour le mois d’avril dernier, sa cote se situe à 72%.  Mais tout n’est pas aussi beau. Dans sa toute première apparition télévisée, Jomaa a fait peur aux Tunisiens en criant haut et fort que les caisses de l’Etat sont vides au point de ne pas pouvoir payer les salaires et les pensions de retraite. Les réserves en devises se situent au-dessous des 100 jours d’importation, le dinar continue de peiner malgré un léger mieux. Le déficit commercial est si important qu’il a été décidé de réduire les importations (voir article ci-contre). Après une certaine accalmie, les grèves ont repris dans la plupart des secteurs. Les prix flambent au point de détériorer le pouvoir d’achat des salariés et des couches défavorisées. Des négociations en vue de l’augmentation du salaire minimum sont en cours, mais l’on craint la décision impopulaire de la levée de la compensation qui entraînerait forcément une hausse des prix des denrées alimentaires de base.

    Tourisme: Le grain de sable israélien

    Le tollé provoqué par des membres de l’Assemblée nationale constituante la semaine dernière autour de l’entrée de touristes israéliens en Tunisie risque de mettre à mal l’actuelle saison touristique. Déjà, le nombre de pèlerins juifs à El Ghriba, à Djerba, à 400 km au sud-est de Tunis, initialement estimé entre 4.000 et 4.500, est tombé de moitié. L’agence officielle, Tap, rapporte que deux grandes sociétés de croisières ont annulé 16 excursions programmées sur la Tunisie. A l’origine, une motion de censure déposée par plus de 80 députés contre deux ministres, celui de la Sécurité et surtout celle du Tourisme. On leur reprochait de faciliter l’entrée de touristes présentant des passeports israéliens et on les accuse par voie de conséquence de normalisation avec l’Etat d’Israël. La motion de censure n’a finalement pas abouti. Quelque peu satisfaites de l’issue du débat, des sources proches du gouvernement ne cachent pas leur inquiétude quant à l’avenir de la saison qui ne fait que commencer. Le gouvernement technocrate de Mehdi Jomaa compte beaucoup sur la reprise de l’activité touristique. Le pays table sur l’entrée de 7 millions de touristes cette année en plus des Tunisiens à l’étranger. Pour ce qui est des Israéliens, il a été établi que la loi tunisienne ne leur interdit aucunement l’entrée au pays. Ils le faisaient depuis longtemps avec des laissez-passer provisoires. Les autorités tunisiennes, tous gouvernements compris, ont toujours veillé à la réussite du pèlerinage juif à El Ghriba, à Djerba, où continue de vivre en paix et sérénité une importante communauté juive tunisienne fort enracinée dans son milieu.

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