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Les Cahiers de l'Émergence

Comment la taxe reconfigure le marché de l’automobile

Par L'Economiste | Edition N°:4271 Le 08/05/2014 | Partager
La demande se fait rare pour le segment 400.000 à 750.000 DH
Les clients se rabattent sur les véhicules hors champ de la redevance
Certains concessionnaires absorbent le surcoût

Les chiffres sur les ventes de voiture concernées par la taxe de luxe à fin mars indiquent que le marché est en baisse. Par conséquent, il sera difficile de réaliser les recettes attendues de la nouvelle redevance.

Et si la taxe sur les voitures s’avérait être un flop fiscal comme la taxe sur le sable ? En tout cas, selon nos sources, elle n’aurait rapporté que 16,8 millions de dirhams au terme du premier trimestre. Ce qui devrait conforter les mises en garde des importateurs de voitures au sujet des effets néfastes de la taxe. Quatre mois après son entrée en vigueur, la taxe sur les voitures de luxe est en train de reconfigurer le marché. La nouvelle redevance, prévue par la loi de Finances 2014, s’applique aux véhicules à partir de 400.000 DH HT. Elle varie entre 5 et 20% du prix HT. Elle est censée rapporter aux finances publiques 700 millions de dirhams. Les professionnels affirment que l’objectif ne sera pas atteint. Pis encore, les recettes fiscales générées par le secteur automobile seront minorées en raison de l’effet de l’éviction vers des véhicules hors champ de la taxe. Selon les professionnels interrogés, l’impact de la taxe sur l’activité varie en fonction des segments de véhicule. Ainsi, les ventes de certains modèles à partir de 800.000 DH HT, concernés par une taxe de 15%, n’ont pas subi le choc de la nouvelle taxation.  «A partir de ce niveau de prix, les clients ont déjà assimilé la taxe et sont prêts à débourser un surcoût de 120.000 DH», affirme Mehdi Laghzaoui, directeur de la marque Audi.

La taxe sur les voitures de luxe, dont le montant varie entre 5 et 20% selon le prix, est en train de créer un effet d’éviction vers des modèles hors champ.

Source: DGI et loi de Finances 2014

Pour cette catégorie de clientèle, c’est justement le niveau de prix élevé qui constitue le principal critère d’achat. Ce sont des clients à la recherche du luxe. Ainsi, plus le produit est cher, plus le prix est un argument différenciateur.  «Nous sommes actuellement en rupture de stock pour les quatre déclinaisons du Grand Cherokee Laredo, Limited, Overland et SRT. Nous serons livrés à l’ouverture du salon. J’ai un groupe de trois clients qui ont tous décidé de vendre leurs anciens véhicules, qui sont encore très récents pour acheter des Grand Cherokee Laredo, qui vaut près de 480.000 dirhams hors frais d’immatriculation. Les gens se livrent une rude concurrence pour acquérir des véhicules de luxe pour montrer leur niveau social», explique une conseillère commerciale de la maison Fiat. Et d’ajouter que le concessionnaire n’a pas répercuté la nouvelle taxe sur la clientèle finale, mais a plutôt décidé de l’absorber. Sauf que quand elle dépasse les 20%, les importateurs n’ont plus le choix car elle risque de mettre en péril leur viabilité économique.
Les professionnels reconnaissent que plusieurs importateurs se sont résolus à rogner sur leur marge pour ne pas perdre leur clientèle. Ce qui ne manquera pas de se répercuter sur leur chiffre d’affaires. Certains tablent sur l’effet volume. Si la nouvelle taxe n’est pas rédhibitoire pour les amateurs du luxe, leur capacité d’absorption n’est pas illimitée. «Quand ils ne reportent pas leur achat, ils se rabattent sur des marques d’un standing équivalent mais d’occasion. D’autres encore revoient leur goût à la baisse en choisissant des modèles dans la même marque, mais hors champ de la taxe. «Nous avons constaté une demande en forte baisse pour le segment 480.000 et 750.000 DH TTC. Du coup, nous commandons des modèles qui ne sont pas concernés par la taxe de luxe», ajoute Laghzaoui. Une chance donc que le portefeuille du concessionnaire Audi soit assez large. Ce qui permettra de compenser le manque à gagner sur le segment haut de gamme et sécuriser le chiffre d’affaires. Mais pour les recettes fiscales de l’Etat, elles devraient accuser un net recul à cause du phénomène d’éviction des amateurs vers des voitures hors champ de la taxe de luxe.
Le salon de l’automobile en soi n’est pas vraiment une occasion pour les professionnels de réaliser de bonnes affaires puisque les frais de location des stands restent très élevés. (Voir également page VI). De plus, les participants consentent des remises plus importantes que celles accordés habituellement. L’objectif étant de vendre le maximum. Mais les concessionnaires sont obligés d’y participer régulièrement pour promouvoir leur visibilité et empêcher la concurrence de leur ravir des parts de marché.

Effets pervers

La taxe sur les voitures de luxe a été introduite par la loi de Finances 2014. Elle démarre à 5% pour les modèles dont le prix varie entre 400.000 et 600.000 DH et atteint 20% pour les voitures supérieures à 1 million de DH. La nouvelle redevance est acquittée au moment de l’immatriculation. Selon les projections des professionnels,  ses recettes ne devraient pas dépasser les 50 millions de DH au regard du parc automobile concerné par la taxe et variant entre 8.000 et 10.000 unités.
Les concessionnaires estiment que la nouvelle redevance ferait plutôt perdre des recettes fiscales aux caisses de l’Etat puisque les ventes baisseront. L’essentiel des ventes de véhicules hybrides se trouvent dans la gamme de prix concerné par la taxe. Leurs importations devraient aussi baisser. L’on s’attend également à un recours massif aux importations de voitures d’occasion. Du coup, les professionnels affirment que la nouvelle taxe devrait plus générer des pertes en termes de recettes fiscales.

Hassan EL ARIF

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