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    Export en Afrique: Les routiers piégés aux frontières

    Par L'Economiste | Edition N°:4269 Le 06/05/2014 | Partager
    L’absence d’accords de facilitation retarde les transits
    Le Maroc, seul pays à avoir ratifié les conventions onusiennes
    L’infrastructure routière reste insuffisante

    Le Maroc et, dans une moindre mesure, la Tunisie sont les seuls pays d’Afrique à avoir ratifié les conventions onusiennes sur la facilitation des échanges commerciaux. Par conséquent, les transits frontaliers sont souvent laborieux.

    «Pas d’intégration économique sans intégration logistique». Le Maroc nourrit de grandes ambitions sur le continent. Des efforts ont bien été consentis pour une plus grande fluidification des échanges commerciaux, mais il reste encore beaucoup d’obstacles réglementaires en plus du déficit d’infrastructures. «Le cas des transits frontaliers illustre ces difficultés. Ainsi, les transporteurs sont parfois bloqués pendant trois à quatre jours aux frontières de Mauritanie à cause des lourdeurs bureaucratiques», affirme Abdelilah Hifdi, président de la Fédération du transport/CGEM.
    De plus, il n’y a aucune harmonisation des réglementations et des procédures entre pays africains. Le Maroc est le seul à avoir ratifié l’ensemble des conventions onusiennes sur le transport de marchandises dangereuses (ADR), périssables (ATP), TIR, harmonisation des contrôles de marchandises aux frontières… La convergence vers l’uniformisation des réglementations est donc un chantier prioritaire. La Fédération du transport, en partenariat avec l’UATL (Union africaine du transport et de la logistique) et l’IRU (Union internationale des transports routiers), s’active à accompagner les pays d’Afrique dans le processus de ratification. Une conférence sera d’ailleurs organisée, les 7 et 8 mai, à Rabat par le centre Euromed et l’IRU sur les conventions de facilitation.
    L’autre frein au développement des échanges maroco-africains concerne l’insuffisance d’infrastructure multimodale et de logistique performante. Si certains pays d’Afrique sont connectés via des lignes maritimes et fluviales, le secteur maritime marocain a été décimé depuis la libéralisation. Les opérateurs économiques sont obligés de faire appel aux services de compagnies maritimes internationales pour exporter vers le continent africain. Après l’achèvement de l’axe routier maroco-mauritanien (entre Dakhla et Nouadibou), la Mauritanie reste reliée au Sénégal via une simple piste de 500 km. Au-delà, l’infrastructure routière reste basique. Ce qui constitue un frein pour les échanges de marchandises entre le Maroc et le reste de l’Afrique subsaharienne. Les carences de l’infrastructure routière sont aggravées par l’absence d’accords de facilitation des transits. Quant au transport ferroviaire, il est limité puisque le rail s’arrête à Marrakech. Pour des raisons politiques, l’extension du réseau vers l’Est, à travers l’Algérie, n’est pas à l’ordre du jour. Dans ce schéma, l’aérien offre des opportunités intéressantes. D’ailleurs, Royal Air Maroc (RAM) vient de filialiser son activité cargo. Les niveaux de tarification restent un argument de taille.

    Si la demande solvable est là…

    «Les opérateurs de logistique sont prêts à réaliser des investissements en Afrique subsaharienne, mais il faut d’abord qu’il y ait une demande marocaine solvable et régulière de la part des entreprises marocaines», déclare Mohamed Talal, président de la Commission logistique/CGEM. Mais la demande en prestations logistiques devrait d’abord être précédée par la promotion des exportations marocaines sur les marchés africains. «Les associations de promotion de l’export sont appelées à accompagner les entreprises dans leurs démarches de prospection», précise Talal. Une fois que les exportateurs nationaux auront trouvé des débouchés sur le continent africain, les entreprises de logistique offriront des solutions adaptées. La plupart des prestataires logistiques sont prêts à dimensionner leurs capacités d’intervention en fonction des besoins de la clientèle et des flux attendus.
    La deuxième condition pour développer la logistique au niveau du continent africain consiste à sécuriser les investissements. Le Maroc vient de signer plusieurs dizaines d’accords de partenariat avec le Mali, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée… Des conventions qui permettront aux investisseurs nationaux de bénéficier de la même protection juridique que leurs homologues locaux en cas de conflit sur un impôt, un foncier ou un financement. Les investisseurs ne pourront donc s’implanter que dans les pays liés au Maroc par des accords de coopération juridique. La troisième condition concerne le financement des investissements. Depuis plusieurs années, les trois plus grandes banques marocaines ont déjà ouvert des succursales dans plusieurs pays d’Afrique ou noué des partenariats avec des établissements financiers locaux. Ce qui leur a permis d’engranger une expertise appréciable sur les marchés africains. «La présence de ces banques dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne est un gage de sécurité pour les investisseurs. Ainsi, si un opérateur économique souhaite, par exemple, investir au Sénégal, il pourra lever une dette au Maroc pour financer son investissement», signale Talal. 

    Hassan EL ARIF

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