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    Evénement

    Maroc-UE
    Va-t-on monnayer la tomate contre le poisson?

    Par L'Economiste | Edition N°:4269 Le 06/05/2014 | Partager
    Pour Bruxelles, pas de solution hors acte délégué
    Alors que Rabat veut le respect du cadre contractuel
    150.000 tonnes de tomates menacées d’éviction du marché

    Source: Accord agricole Maroc-UE

    Fermeté. C’est la démarche de Rabat dans les tractations qu’il mène avec la Commission européenne au sujet du changement des conditions d’accès des fruits et légumes. «Le Maroc est résolu à défendre les intérêts de ses  agriculteurs», avait souligné vendredi dernier le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi. Car l’enjeu est de taille. Le nouveau dispositif qui doit entrer en vigueur le 1er octobre prochain va générer un manque à gagner à l’export de l’ordre de 130.000 tonnes et la perte de 30.000 emplois permanents. Une estimation que les professionnels jugent minimale. Pour la seule culture des tomates, les plus menacées, les exportations seront réduites de 150.000 tonnes.
    Pour cette campane qui tire à sa fin, il est prévu de réaliser 269.000 tonnes dans le cadre du contingent préférentiel et pas moins de 150.000 tonnes hors quota. Or, c’est ce dernier volume que Bruxelles cherche à contrecarrer par son nouveau mode de dédouanement. (Voir notre édition du 28 avril 2014).
    Quelles avancées enregistrées après la rencontre du 25 avril à Meknès? «Pour le moment, rien n’a filtré des tractations qui se poursuivent ces jours-ci à Bruxelles», soutient un membre de la Fédération interprofessionnelle des fruits et légumes. Ce qui est sûr, c’est que les positions des deux parties demeurent éloignées. Pour la Commission, «tout arrangement doit être en ligne de mire avec l’acte délégué entériné par le Parlement européen». Cependant, Rabat demande le respect de l’accord agricole et notamment les conditions d’accès des fruits et légumes, telles que négociées». Et tout changement est considéré comme une violation dudit accord, de la réglementation de l’Organisation mondiale du commerce, voire du Code européen des douanes. «L’intérêt du Maroc réside dans une solution préservant les flux des fruits et légumes vers les marchés de l’UE», est-il souligné par le porte-parole du gouvernement. Comment imposer une telle démarche? C’est la grande question. En d’autres termes, Rabat va-t-il maintenir sa position de fermeté en allant jusqu’à monnayer la tomate contre le poisson. Bien que le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, qui porte également la casquette de la Pêche, se défend de faire le lien entre les deux accords, il constate que le Maroc a respecté tous ses engagements contractuels. A charge pour la Commission de faire de même. En clair, le ministre renvoie à l’application à la lettre de l’accord agricole en écartant, ipso facto, toute solution en dehors de ce cadre.
    Les propositions faites par la Commission européenne lors de la rencontre du 25 avril dernier n’ont pas dépassé l’augmentation de quelques quotas ou encore l’élargissement des bases de calcul du prix d’entrée à des valeurs forfaitaires à relever auprès des centrales d’achats. (Voir également notre édition du 28 avril 2014). Des propositions jugées irrecevables par la partie marocaine. Or, si Rabat a marqué une pause dans le processus de ratification de l’accord de pêche après lui avoir donné un coup d’accélérateur, c’est peut-être en prévision de la situation qui prévaut actuellement. En effet, le Maroc a eu vent de la préparation du nouveau dispositif depuis le mois de novembre 2013. Mais la Commission européenne, du moins le DG de l’Agriculture, s’est révélé hermétique à toute tentative de dialogue avec les professionnels marocains et leurs homologues français.

    Liste soumise au prix d’entrée

    Entré en vigueur le 1er octobre 2012, le protocole n°1 de l’accord Maroc-UE prévoit l’élimination des droits de douane applicables aux importations dans l’UE de produits agricoles frais et transformé, de poissons et de produits de la pêche originaires du Maroc. A l’exclusion d’une liste limitée de produits qui reste soumise au système de quotas, du calendrier d’exportation et aux prix d’entrée. Il s’agit principalement des tomates, concombres, courgettes, ails, fraises, clémentines, artichauts, oranges, raisins de table, abricots, pêches et nectarines.
    Parmi les principaux produits qui ne sont plus soumis à contingent, tout en bénéficiant de l’exemption des droits de douane, il y a lieu de citer l’huile d’olive, l’haricot vert, les pommes de terre et les melons. De plus, certains contingents enregistrent des hausses annuelles. C’est notamment le cas des tomates, des courgettes et des concombres. 

    A. G.

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