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    Economie

    «La désindustrialisation s’accélère»

    Par L'Economiste | Edition N°:4268 Le 05/05/2014 | Partager
    Une véritable évaluation des accords de libre-échange s’impose
    La protection des entreprises passe par la création de normes marocaines strictes
    La commande publique à orienter vers la production locale

    «Le système de préférence nationale doit être accompagné par une obligation d’avoir recours aux industriels marocains dans la fourniture de produits», revendique Taib Aisse, président d’Amal Entreprises.

    L’association Amal Entreprises, qui revendique plus de 1.000 adhérents, a organisé l’International Business Forum à Marrakech, une première pour le Maroc. Ce forum vise à promouvoir les relations économiques entre les pays de l’organisation islamique de coopération. Taib Aisse, président d’Amal Entreprises, explique les enjeux de l’organisation d’un tel événement.   

    - L’Economiste : Quel est l’objectif derrière l’organisation de l’International Business Forum au Maroc?
    - Taib Aisse: Ce forum est une plateforme internationale qui comprend 65 pays. Il se réunit de façon annuelle. Lors du dernier conseil d’administration, Amal Entreprises a présenté la candidature du Maroc. L’organisation d’un tel événement donne une visibilité au Maroc en tant que pays d’accueil d’investissement à l’international. La concurrence pour attirer les IDE est de plus en plus rude. Nous sommes allés chercher ces investisseurs pour faire connaître le modèle marocain. Cela n’est pas évident puisque plusieurs pays présentent plus d’avantages que le Maroc. Le pays n’est pas bien classé dans le doing business. Cet événement couronne également la dixième année d’existence de notre association.

    - Le thème retenu porte sur les accords de libre-échange. Justement, quelle évaluation en faites-vous?
    - Le Maroc a signé plusieurs accords de libre-échange avec pratiquement 55 pays. Aujourd’hui, il est temps de faire une évaluation. Ces accords présentent deux problématiques. La première concerne la rédaction des différents articles et clauses qui devaient être bien étudiés pour faire en sorte que le Maroc en profite au maximum. Le deuxième volet concerne les mesures d’accompagnement qui doivent être mises en place après la signature des accords. Cela n’a pas toujours été fait. Le forum est pour nous une occasion pour réaliser un benchmark entre les différentes expériences en matière de libre-échange. Depuis une dizaine d’années, nous avons assisté à la fermeture de plusieurs industries marocaines. Nous sommes en phase de désindustrialisation. Cette situation aggrave la crise de l’emploi. Nous devons revenir à l’industrie pour créer de l’emploi stable. Le gouvernement doit jouer son rôle de facilitateur de l’investissement. 

    - Au-delà des accords, le Maroc souffre surtout d’un problème d’offre exportable. Quelles sont vos propositions dans ce sens?
    -  Le Maroc peut produire beaucoup de choses. Il faut encourager l’industrie et la protéger dans sa phase de développement. Cela doit se faire par le biais de la facilitation de l’accès au marché, au financement et un assouplissement des différentes procédures administratives. Le Maroc importe une grande partie de ses besoins, notamment dans le cadre des commandes publiques. Pour relancer la croissance interne, il suffit d’orienter ces commandes vers les industriels marocains. Par la suite, il faudra ouvrir l’accès de ces industries vers l’exportation. Une entreprise toute seule ne peut pas s’attaquer à de nouveaux marchés. Nous parlons beaucoup du marché africain qui nécessite un accompagnement de l’Etat. Plusieurs pays bénéficient d’un soutien important de leur Etat pour aller vers de nouveaux marchés.       

    - Est-ce que l’augmentation des mesures antidumping n’est pas un retour vers le protectionnisme?
    - L’Etat doit protéger son tissu industriel. En parallèle, les entreprises ont l’obligation de se mettre à niveau. En fait, les accords de libre échange portent essentiellement sur des mesures tarifaires. La protection peut se faire par des mesures non tarifaires. Par exemple, il est important de mettre en place des normes marocaines à l’image des normes européennes ou américaines qui sont très strictes. Cela n’est absolument pas antilibéral.
    Ilham BOUMNADE

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