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Chronique

Quand le djihad en Syrie redevient illicite!
Par Mustapha Tossa

Par L'Economiste | Edition N°:4266 Le 30/04/2014 | Partager

COMME les Etats-Unis qui avaient soutenu le djihad en Afghanistan contre les Russes jusqu’à la destruction des tours

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jumelles de New York, la France se trouve piégée par les amis qu’elle s’est choisie en Syrie.
Les djihadistes du monde entier commencent en effet à devenir indésirables sur le théâtre des opérations militaires syriennes. La pression internationale qui s’exerce sur eux devient de plus en plus forte et insoutenable. Il y a eu d’abord l’Arabie saoudite et quelques pays du Golfe comme le Bahreïn qui ont criminalisé le djihâd de leurs compatriotes en Syrie. Il y a aujourd’hui la France qui concentre une attention particulière sur les quelque 500 jeunes Français partis faire le coup de feu en Syrie.
Par anticipation, par enquête préliminaire, les autorités françaises envisagent d’assécher les filières qui alimentent le djihad contre le régime de Bachar El Assad. Non par soutien au régime de Damas mais par une prise de conscience quelque peu tardive que l’effet boomerang d’une telle crise peut être à court terme meurtrier et déstabilisateur. D’autant que l’appareil de sécurité français vient de faire une énorme découverte qui porte le danger terroriste à des niveaux inédits: la pratique de la religion islamique dans sa version la plus fondamentaliste et la plus violente, n’est pas le principal facteur d’embrigadement, d’instrumentalisation et de séductions de tous ces jeunes Français pour les attirer dans le circuit du djihad mondial. D’autres facteurs d’auto-radicalisation difficiles à maîtriser sont à l’œuvre.
La vision française et son absolue insistance à faire tomber Bachar El Assad ne manquait pas de susciter quelques interrogations parfois pimentées. Des avocats à la verve un brin manipulatrice n’ont pas manqué de souligner que les djihadistes français qui se sont inscrits dans le combat contre le président syrien n’ont fait que répondre favorablement aux multiples et violentes harangues du président français contre le régime de Bachar El Assad. Et de rappeler qu’au moment où l’ensemble des pays européens, Britanniques en tête et l’administration Obama freinaient des quatre fers contre l’option militaire en Syrie, François Hollande prenait la posture de l’homme de guerre totale contre Damas. Si François Hollande n’était pas le grand responsable des camps djihadistes français en Syrie, sa rhétorique guerrière facilitait amplement le travail des recruteurs qui séduisent et lavent les cerveaux par internet.
La dure et intraitable approche française à l’égard des djihadistes français s’ajoute à une vision globale susceptible de changer la donne politique et militaire en Syrie. Les groupes fondamentalistes qui attirent ces jeunes Européens et Arabes ne possèdent plus cet a priori positif que leur procurent leurs multiples et uniques performances militaires contre le régime de Damas. Ils sont aujourd’hui perçus comme un danger à liquider après avoir été présentés comme une précieuse carte militaire à jouer. Si précieuse que la généreuse aide militaire et financière en provenance d’Arabie

saoudite et du Qatar a été déversée sur eux sans compter. Pendant longtemps, les coups militaires les plus durs contre le régime de Bachar El Assad ont été portés par ces djihadistes étrangers venus en Syrie non pas pour construire une carrière politique mais pour y mourir en martyrs.
En fait, ce tournant n’est que la traduction politique de la décision de Barack Obama de ne pas recourir à l’option militaire pour faire tomber Bachar El Assad. Cela devenait anachronique, stratégiquement contradictoire, de continuer à alimenter une opposition radicale militarisée quand la fin ultime du jeu politique américain  dans la région est de parvenir à une sortie de crise négociée avec Damas.
Cette nouvelle donne fait le bonheur de Bachar El Assad et de son régime.  À grands fracas, elle valide après presque trois années de conflit son argumentaire que la lutte à mort qu’il mène à son opposition n’est pas cette grande dispute sur le pouvoir contre une opposition avec comme enjeu l’instauration de la démocratie, mais bien une guerre sans merci contre des groupes terroristes. Elle laisse présager que le conflit syrien a encore de longues années devant lui. Et elle impose à la communauté  internationale d’imaginer une autre solution de sortie de crise basée  sur une négociation désarmée. Autant dire que tragique statu quo d’aujourd’hui paraît la seule perspective à l’horizon.

Radicaliser la vision du monde

LA criminalisation de plus en plus généralisée des djihadistes étrangers en Syrie posent crûment la problématique de ces groupuscules fondamentalistes qui se sont donné rendez-vous en Syrie pour effectuer le djihad et installer un état islamique à Damas. L’impasse dans lequel se trouve la communauté internationale est le suivant: comment donner un coup de pied dans la fourmilière sans risquer que son éclat  n’impacte les pays fournisseurs de main-d’œuvre djihadistes comme certains pays européens et arabes. Le cauchemar afghan et la vague d’attentats terroristes qui avaient frappé le monde dans son sillage est dans tous les esprits. Tous ces jeunes Français, Britanniques, Marocains, Algériens Egyptiens ou Saoudiens qui sous la pression des coups de boutoirs de l’armée syrienne et de leur pays d’origine vont choisir entre deux options: ou déplacer leur centre de gravité djihadiste vers un autre pays ou prendre le chemin du retour vers le pays d’origine avec ce que cela implique comme conséquences sécuritaires. Au cours de cette expérience de presque trois années, ces jeunes ont non seulement appris le maniement des armes et des explosifs mais ont aussi radicalisé leur vision du monde dont les changements passe forcément selon leur logique par la violence et la guerre. Sans parler que certains d’entre eux ont su tisser des relations globalisées qui peuvent les aider à passer entre les mailles du filet.

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