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Economie

Le Maroc veut booster sa recherche scientifique

Par L'Economiste | Edition N°:4266 Le 30/04/2014 | Partager
Benkirane appelle à briser le statu quo et valoriser les résultats des recherches
Vers la création de pôles d’excellence pour une plus grande visibilité

Abdelilah Benkirane et Lahcen Daoudi ont été unanimes concernant les maux dont souffre le système de la recherche scientifique au Maroc, notamment en matière de gouvernance. C’est pour cela qu’ils ont appelé à procéder à des recadrages, comme le regroupement des universités en pôles d’excellence.

«Soyons sincères dans la définition des problématiques dont souffre notre système de recherche et d’innovation». C’est le principal message adressé par Abdelilah Benkirane, aux participants au séminaire national consacré à ce thème, organisé hier à Rabat. Le chef du gouvernement a appelé les différents intervenants dans ce domaine à «œuvrer pour dépasser la situation de statu quo qui dure depuis plusieurs années». Car il s’agit d’un secteur déterminant dans la course vers le développement et l’intégration dans l’économie du savoir. Or, «nous constatons depuis quelques années une baisse importante de la production scientifique, et un manque de valorisation des résultats de la recherche», est-il noté.
Un constat fait par plusieurs rapports nationaux et internationaux. C’est pour cela que les différents participants à ce séminaire ont mis l’accent sur la nécessité de «l’adoption d’une politique basée sur un schéma directeur visant la dynamisation de ce secteur», est-il indiqué. Mais, «cette mobilisation ne peut être efficace en l’absence d’orientations gouvernementales précises», fait-on savoir.
Globalement, le chef du gouvernement, mais également Lahcen Daoudi et Soumia Benkheldoun, le binôme en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ont estimé que le principal problème dont souffre ce secteur est lié à la gouvernance, et non pas au financement. D’ailleurs, «le développement de la recherche et de l’innovation est l’une des principales missions de l’Etat, en vertu de la Constitution. C’est pour cela qu’elle doit prendre en charge la plus grande part dans le financement de ce secteur», a noté, pour sa part, Abdellatif Moudni, secrétaire perpétuel du Conseil supérieur de l’enseignement. Lahcen Daoudi a remué le couteau dans la plaie en mettant l’accent sur les dysfonctionnements dont souffre l’université marocaine qui doit, selon lui, être restructurée. Cela devra passer par la révision de la loi sur l’enseignement (01-00).
L’idée est de procéder à une série de recadrages, afin d’être en phase avec l’évolution que connaît ce domaine au niveau international. Ainsi, «il n’est plus raisonnable de maintenir une panoplie d’universités de petites tailles, et d’instituts relevant de plusieurs ministères», a estimé Daoudi. Pour lui, l’objectif est «d’atteindre une masse critique, à travers le regroupement des établissements universitaires dans des pôles d’excellence». Ce réseautage des établissements et des laboratoires de recherche devra s’étendre au niveau international, a-t-il souligné. Pour lui, cela favorisera notamment la qualité des travaux de recherche, et permettra de bénéficier des financements européens, dans le cadre du Statut avancé. En effet, «l’UE a réservé l’année dernière 79 milliards d’euros à la recherche, dont ont profité certains pays comme l’Egypte, à hauteur de 40 millions d’euros», a fait savoir le ministre de l’Enseignement supérieur. Celui-ci a appelé à développer des compétences dédiées à la mobilisation des fonds au niveau international. Par ailleurs, Lahcen Daoudi a déploré que plusieurs instituts d’ingénieurs, par exemple, forment les mêmes profils, au moment où le Maroc a besoin de compétences dans diverses spécialités, a-t-il ajouté. L’idée est d’accompagner le développement des différents métiers mondiaux du Maroc, comme l’aéronautique ou l’automobile. D’ailleurs, Omar Fassi Fihiri, secrétaire perpétuel de l’Académie Hassan II des sciences techniques, a appelé à «mettre en place des mécanismes permettant aux chercheurs de travailler sur les problématiques auxquelles font face les entreprises». Un constat confirmé par Soumia Benkheldoun, qui a mis l’accent sur l’importance de «baser la coopération entre les secteurs public et privé dans le domaine de la recherche scientifique sur une politique nationale bien définie, ayant des objectifs clairs». Ceci est d’autant plus important vu le gap qui sépare l’université du monde de l’entreprise.
Une situation pointée par Marouane Tarafa, président de la commission de recherche à la CGEM, qui a remplacé Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente du patronat. Celui-ci a souligné que «le développement économique ne peut être assuré sans une plus grande coopération entre les universités et les entreprises». Néanmoins, il a insisté sur l’importance du coup de pouce de l’Etat pour favoriser cette convergence. Cela, à travers une série de mesures comme «la mise en place d’incitations fiscales à l’instar des crédits impôt recherche, de l’exonération de l’IS des dépenses de recherche, et de l’IR pour les chercheurs impliqués dans des programmes d’innovation», a fait savoir le représentant de la CGEM.

Suppression de la promotion par l’ancienneté

La refonte du système passe également par la refonte du statut des enseignants. Cela, à travers «la suppression de l’ancienneté comme critère d’évolution dans les échelles», a affirmé Daoudi. Car, «ceci est illogique. La promotion des enseignants doit reposer sur la production scientifique», a avancé Benkirane. D’ailleurs, Marouane Tarafa, président de la commission de recherche à la CGEM, a estimé que le changement de statut des universités, mais aussi des chercheurs, facilitera une plus grande interaction avec les entreprises.  L’objectif est de valoriser les résultats des recherches, comme l’a indiqué le chef du gouvernement, qui a souligné que les universités marocaines regorgent de compétences, qui ont fait leurs preuves au niveau international.

Mohamed Ali MRABI

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