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Marrakech
Quand l’histoire disparaît avec les témoins

Par L'Economiste | Edition N°:4264 Le 28/04/2014 | Partager
Retour sur l’épopée d’un quartier avec “Guéliz en fête”
L’occasion de tirer la sonnette d’alarme sur l’absence d’archives publiques

Parler de son histoire, fêter son patrimoine, une première pour Guéliz. D’ailleurs, plutôt que patrimoine, qui n’est pas

Une 1re édition pleine d’espoir pour le “Guéliz en fête”, ponctuée de visites, concerts, expositions, projections…

reconnu comme tel, on parle de bâti récent. La 1re édition de l’événement “Guéliz en fête” a permis de rouvrir temporairement les portes de lieux oubliés.
Une pleine réussite qui repose principalement sur un travail acharné des bénévoles. C’est le cinéma qui est à l’honneur et particulièrement les salles à l’abandon du théâtre Palace et du cinéma Lux, bâtis dans les années 20. Organisé par Save Cinémas in Marocco et les amis du cinéma Théâtre Palace, l’événement a animé, tout le week-end, la rue de Yougoslavie. Ce retour dans l’histoire, on le doit aussi à une toute jeune Suissesse, Rachel Thomann, qui, dans le cadre de son master de fin d’études, a passé plusieurs mois à Marrakech pour étudier les origines de la ville nouvelle. Si Rachel avoue avoir toujours reçu un accueil favorable à sa démarche, l’absence d’archives et le manque d’intérêt des responsables ont pour le moins compliqué la tâche. De ce quartier, on ne connaît que quelques fondements et des idées

Le cinéma Lux, construit dans les années 20, n’est plus que ruines aujourd’hui. Très prisé du jeune public, on pouvait y voir 2 films pour 1,10 DH

reçues, comme l’origine du nom Guéliz, qui ne vient pas d’un défaut de prononciation, mais de la pierre du mont Guéliz utilisée pour la construction des premiers bâtiments. Tout part de l’actuelle place du 16 Novembre, appelée en 1912 place du 7 Septembre, date d’arrivée des Français. Tout autour, le tracé urbain, pensé par l’architecte Henri Prost, partait en rues en étoiles, avec l’actuel boulevard Mohammed V, comme lien direct entre le Guéliz en construction et la médina. Lyautey, qui voulait préserver la “spectacularisation des paysages”, a imposé par décret la couleur ocre à tous les bâtiments et une hauteur des édifices limitée à 3 étages. L’objectif étant de pouvoir partout admirer l’Atlas. De ville commerciale, Marrakech devient alors une ville touristique où l’architecture Art-Déco des années 20 précède la

La Villa Bel Air, située sur l’avenue Hassan II, est l’une des rares villas qui résistent encore à la destruction. Son terrain attenant, récemment vendu à des promoteurs, est déjà en travaux

“référence moderne” des années 40-50. Comme exemple de ce nouveau style fait de grands volumes épurés, l’hôtel phare du quartier, La Renaissance, qui a été le seul bâtiment de 5 étages autorisé. Fleurissent donc cinq cinémas, des galeries marchandes, des bâtiments administratifs et deux églises, dont la chapelle 1919, fermée et jalousement gardée par l’archevêque de Rabat. Elle abriterait pourtant entre 3.000 et 5.000 ouvrages sur l’histoire du Maroc, laissés à l’abandon. Le retour à l’indépendance du Royaume sonne la marocanisation du quartier, avec l’apparition des mosquées et la destruction de plusieurs ouvrages du protectorat. A partir de 1994, un nouveau découpage communal est amorcé, autorisant la construction d’immeubles de 5 étages, à l’origine d’un véritable élan immobilier. Depuis, la patrimonialisation et la valorisation du bâti récent font cruellement défaut.
Les organisateurs de “Guéliz en fête” émettent donc une idée simple, copier l’initiative de Casamémoire, afin de motiver le travail d’archives, et mettre en place un lieu d’exposition et des circuits thématiques, qui feraient écho à ceux de la médina. Cette promenade en 7 étapes, proposée pour l’événement, a amené les visiteurs de la Villa Bel Air, une des

La chapelle 1919 est le premier des deux édifices religieux construits à Guéliz pendant le protectorat. Propriété de l’archevêque de Rabat, elle est fermée depuis une dizaine d’années et renferme plus de 3.000 ouvrages sur l’histoire du Maroc

dernières à résister à la spéculation immobilière, au jardin Harti dont l’unique témoin de l’époque est son kiosque central, en passant notamment par l’ancienne place de l’Horloge, célèbre pour ses cafés Atlas et Les Négociants. Ce qui reste aujourd’hui comme souvenirs de ce passé se trouve chez des privés. “Guéliz en fête”, ses bénévoles et ses habitants espèrent tous mettre au jour un patrimoine que personne ne voudrait voir disparaître.

Silence, on tourne!

DE 280 salles obscures, le Royaume en totalise 35 aujourd’hui. A l’époque, aller au cinéma était une vraie attraction populaire. Avec l’arrivée du magnétoscope, et plus tard les CD et DVD, le déclin du grand écran s’est amorcé à grande vitesse. Les 50 millions de spectateurs d’hier ne sont plus que 2 millions aujourd’hui. Dur de rivaliser avec les 250 millions de DH de chiffre d’affaires générés par le piratage du 7e art. Pourtant, chaque année, le cinéma marocain produit entre 15 et 20 films. Des productions qui ne s’exportent pas et qui ne trouvent plus beaucoup de salles où être diffusées.

De notre correspondante, Stéphanie JACOB

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