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Comment MasterCard quadrille le marché africain

Par L'Economiste | Edition N°:4264 Le 28/04/2014 | Partager
Attaquer les 90% des transactions encore effectuées en cash
Adapter des solutions pour les utilisateurs selon les besoins des pays
Casablanca, un hub pour l’Afrique francophone

MasterCard change d’approche pour le continent africain et mise sur le hub marocain pour attaquer le marché francophone. Pour Raghu Malhotra, son président Mena, ces investissements permettront de développer le marché local et seront exportés vers d’autres pays africains

 MasterCard place l’Afrique parmi ses marchés prioritaires. Pour le géant américain du commerce électronique engagé dans l’inclusion financière du continent, l’Afrique et les pays émergents présentent un potentiel de croissance nettement plus élevé que celui des pays développés. Le top management de la région Mena, Raghu Malhotra, revient dans cet entretien sur la stratégie du géant américain.
- L’Economiste: Le paiement électronique reste encore balbutiant au Maroc et plus globalement en Afrique. Comment inverser la tendance? Et quelle est votre part du marché marocain?
- Raghu Malhotra: Tout d’abord, il faut une volonté émanant des pays eux-mêmes pour inverser la tendance. Au niveau du Maroc, notre part de marché est mesurée selon les transactions effectuées chez les commerçants et non selon des cartes émises. A peine 10% des transactions marocaines sont effectuées par paiement électronique et la moitié des points d’acceptations (30.000 selon les chiffres du Centre monétique interbancaire) est inactive. Si on souhaite faire bouger le Maroc au niveau du paiement électronique, il faut au moins tripler le nombre de ces points. Notre stratégie est d’attaquer les 90% des transactions qui sont encore effectuées en cash.
Il faut savoir qu’avec l’acquisition de fournisseurs de services de paiement comme Datacash ou encore Access Prepaid, MasterCard n’est plus juste un réseau, mais un développeur des activités dans le secteur du commerce électronique. Sur le plan africain, MasterCard est engagé à augmenter l’étendue de l’inclusion financière sur le continent et comme toute entreprise économique, nous sommes conscients de l’énorme potentiel des marchés émergents et africains notamment. C’est ce qui nous a poussé d’ailleurs à renforcer notre présence sur le continent africain qui enregistre des taux de croissance nettement plus élevés que ceux des pays développés.
- Avec quels moyens? Quelle sera l’approche adoptée pour le marché africain?
- Nous avons changé d’approche et opté pour une plus grande décentralisation en misant par exemple sur le bureau de Casablanca. Une équipe sur place est désormais responsable des produits et services et est en charge d’adapter les solutions selon les besoins des marchés africains tout en maintenant les niveaux de ces produits aux normes des standards internationaux. Le Maroc est pour MasterCard un hub de développement pour l’Afrique du Nord et l’Afrique francophone et nous allons investir énormément pour cette plateforme tant au niveau des ressources humaines qu’en termes d’innovation. Ces investissements serviront d’abord à mieux répondre aux besoins du marché local et pourront être par la suite exportés et réadaptés pour d’autres pays africains. C’est ce que nous entendons par hub.
Au passage, notre stratégie est en totale cohésion avec les objectifs du Maroc numérique qui tend à digitaliser son économie et augmenter l’inclusion financière.
- La faible bancarisation des populations africaines ne représente-t-elle pas un frein à toutes ces ambitions?
- C’est un frein mais aussi un challenge. Avec une population dépassant le milliard d’individus, l’Afrique représente une énorme opportunité que l’on va saisir à travers des solutions qui peuvent permettre l’accès aux services financiers formels aux communautés non bancarisées et défavorisées. Nous avons mené différentes expériences dans la région Mena et en Afrique qui ont permis, tout en diminuant le cash, à payer des aides sociales en toute sécurité. Au Qatar par exemple, nous avons développé la carte citoyenne avec des applications sur carte ou à travers le mobile qui permettent aux étudiants de recevoir leurs bourses, de payer le transport...
Un autre modèle a été développé avec le gouvernement égyptien où 65% de la population n’est pas bancarisée. Nous avons développé des applications qui permettent aux Egyptiens de payer leurs factures, retirer leur argent à travers des mobiles et accéder à des services financiers de base. En fait, cette population non bancarisée dispose désormais d’un compte bancaire virtuel. Vous ne pouvez imaginer l’impact positif et significatif sur la vie de cette population qui n’avait pas, jusque-là, accès aux services financiers.
- Le paiement mobile implique un grand nombre d’intervenants et d’autres opérateurs que les institutions financières…
 - En Egypte, la banque centrale a mis en place un système de réglementation pour réguler le paiement mobile et imposer aux institutions qui participent à cet écosystème mobile de respecter cette règle. Et cette règle est l’interopérabilité entre tous ces systèmes et où chacun des partenaires apporte sa propre contribution au programme. C’est la clef du succès.
- Comment pallier les problèmes de sécurité pour le commerce électronique qui reste aussi un frein au développement du paiement électronique?
- Si on y réfléchissait deux secondes, on s’apercevrait que la carte est beaucoup plus sécurisée que le cash. Maintenant, le système de MasterCard est aussi sécurisé que celui de la Nasa. Nous avons deux niveaux de protection avec des systèmes d’alerte pour la détection de fraude: un système statique à travers une analyse opérée grâce aux paramètres données par la banque et un autre système dynamique qui étudie le profil de l’utilisateur et ses habitudes de consommation. Une alerte est tout simplement rapidement détectée.


Propos recueillis par Badra BERRISSOULE 

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