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Analyse

Alerte sur les ressources hydriques

Par L'Economiste | Edition N°:4264 Le 28/04/2014 | Partager
A 730 m3 par hab/an, on est en plein stress
Les abus et la pollution aggravent la situation
750 millions m3/an d’eaux usées rejetées en milieu naturel

Annoncé depuis une quinzaine d’années (1998), le plan national de l’eau (PNE) ne semble guère une priorité malgré la

Une des réponses au stress hydrique consiste en le recyclage des eaux usées. Depuis quelques années, tout nouveau terrain de golf doit être systématiquement irrigué avec des eaux recyclées. Certains hôtels et industries se sont également équipés d’un dispositif de traitement des eaux usées

pression sur les ressources hydriques. A cause d’une pluviométrie irrégulière et inégale, le Maroc est largement en dessous du seuil de stress. Ainsi, les précipitations moyennes enregistrées par le pays s’élèvent à 730 m3 par an par habitant alors que le seuil du stress hydrique est de 1.000 m3/an/habitant. En 2010, le bilan hydrique était de 2 milliards de m3/an. Il passera à 5 milliards de m3 en 2030. L’envasement régulier ainsi que l’érosion des sols réduisent la capacité de stockage des barrages de 70 millions de m3/an, soit 2% de leurs retenues.
«Dans le bassin de la région du Bouregreg, où se situent, entre autres, des villes comme Casablanca, Rabat, Settat…, la part d’eau par habitant ne dépasse guère  140 m3 par an. Dans les années 60, la moyenne nationale était de 2.000 m3 par habitant contre 1.000 m3 aujourd’hui», explique Abdelaziz Zerouali, directeur de l’Agence du bassin hydraulique du Bouregreg. Plusieurs facteurs expliquent la situation. Il y a d’abord la croissance démographique, puis la généralisation du raccordement des foyers au réseau de distribution de l’eau. Le taux d’accès à l’eau est passé de 40% à 93% actuellement. D’où une plus grande tension sur les réserves hydriques.
Par ailleurs, le Maroc s’est engagé depuis quelques années dans une panoplie de stratégies sectorielles et un programme de construction de villes nouvelles. Cela se traduit par une pression accrue sur la consommation de l’eau. La surconsommation de l’eau est aggravée par le retard pris dans la prévention de la pollution ménagère, industrielle et agricole de l’eau. Plusieurs centres urbains ne sont pas encore reliés au réseau de traitement des eaux usées. Les rejets sont parfois collectées et directement rejetées en milieu naturel. Certaines décharges publiques continuent de polluer les nappes phréatiques.

Livre blanc

Les cabinets Radius et Blue Cap ont récemment organisé, en partenariat avec l’OCP et l’ONEE, une rencontre en trois temps sur la problématique de l’eau, sa gouvernance et les modèles de financement. Une rencontre à laquelle participent des experts nationaux et internationaux. Le séminaire de clôture, qui est prévu pour le 6 mai, débouchera sur la rédaction d’un livre blanc. «Le document sera décliné en recommandations stratégiques et opérationnelles et sera proposé aux pouvoirs publics, régies de distribution, bureaux d’études, industriels, bailleurs de fonds…», annonce Rafik Namir, chef de projet au sein du cabinet Radius.

L’absence de lois sur la pollution favorise les mauvaises pratiques en matière de manipulation des déchets dangereux, souvent déposés près des sources d’eau. Selon les experts de Radius et Blue Cap, l’assainissement reste le maillon faible de la stratégie nationale puisqu’il représente à peine 15% des eaux usées. De plus, seules 26 stations d’épuration sur les 63 existantes sont opérationnelles. Sur les 750 millions de m3 d’eaux usées rejetées en milieu naturel au Maroc, moins

Les cultures qui consomment le plus d’eau ont été installées dans les régions qui présentent le plus grand stress hydrique, comme le Souss-Massa-Draâ. Un phénomène aggravé par le gaspillage d’une eau d’irrigation sous-facturée

de 20% sont traitées et ce, dans des conditions non optimales. Le programme d’assainissement et de réutilisation à l’horizon 2030 a pour ambition d’améliorer la situation. L’assainissement de l’eau est un secteur structurellement déficitaire. De plus, les financements sont en deçà des besoins réels. Ainsi, par exemple, la région de Tétouan avait prévu d’investir 1 milliard de dirhams sur 25 ans. A mi-chemin, elle a déjà dépensé l’équivalent de 2 milliards de dirhams dans la dépollution de ses eaux.
Le programme national d’assainissement et de réutilisation des eaux usées et épurées nécessitera plus de 90 milliards de dirhams à l’horizon 2030.

 

Les contrats de nappes à généraliser
Selon les projections de l’Agence du bassin hydraulique de Sebou, si la  surexploitation des eaux souterraines perdure, la région de Fès-Meknès, par exemple, perdra 25.000 ha de terres irrigables à l’horizon 2030. «Le déficit passera sur la même période de 100 millions de m3 à 267 millions, en plus d’une perte de 1 milliard de dirhams par an et 3 millions de jours de travail». C’est la raison pour laquelle un contrat de nappe 2014-2024 vient d’être signé entre l’ONEE, les ministères de l’Energie, de l’Agriculture, les régies d’eau et d’électricité, les Chambres d’agriculture…
La convention a pour objectif d’élaborer un plan de gestion intégrée des eaux disponibles, d’harmoniser les différents plans de développement de la région et d’assurer un contrôle permanent de la ressource à travers le développement du réseau de surveillance piézométrique (mesure de la pression des liquides).

Comment sécuriser la ressource
Le Maroc veut changer de paradigme en matière de gestion de l’eau. En effet, si la pression sur les eaux souterraines est à l’origine de la raréfaction de la ressource hydrique, les pouvoirs publics se sont toujours cantonnés dans une logique de renforcement de l’offre au lieu d’anticiper plutôt la demande et les besoins de la population.
L’objectif étant d’éviter la pénurie de l’eau. Les experts estiment qu’il est devenu urgent de renverser la tendance. Ministère de l’Eau, ONEE et Haut-commissariat aux eaux et forêts commencent à se mobiliser. Parmi les pistes envisagées, figurent la captation des eaux pluviales et le dessalement.
Sauf que les conditions ne sont pas totalement réunies en matière de financement, de moyens technologiques et de cadres réglementaires. La stratégie nationale de l’eau vise à mobiliser 2,5 milliards m3/an, dont 300 millions m3

Le challenge à l’horizon 2030 est de pouvoir approvisionner toute la population en eau potable, sachant que les ressources hydriques disponibles actuellement sont de 13 milliards de m3 alors que le déficit est de 2 milliards de m3

provenant des eaux usées et épurées. Les sources classiques se déclinent à travers la construction de 60 grands barrages et le transfert de 800 millions de m3 des régions du nord vers le sud.
Quant aux sources alternatives, telles que le dessalement des eaux de mer et le traitement des eaux, elles devraient respectivement fournir 400 millions et 300 millions de m3/an. Le challenge consiste également à capter 100 millions de m3/an d’eaux de pluie. En milieu urbain, le dispositif pourrait se décliner à travers la construction des noues (fossé creusé en long) entre deux voies routières, des pavés drainants sur les trottoirs et des tranchées sur les bas-côtés des routes. Au niveau des régions rurales, les participants recommandent de capter les eaux pluviales via des bassins de rétention, des puits d’infiltration, des collecteurs d’eau ou des banquettes… D’autres dispositifs sont également envisageables tels que des barrages de sable, des bassins collinaires.


Hassan EL ARIF

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