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Tribune

Agriculture/Maroc-UE
Politiques et défis communs
Par Dacian Ciolos

Par L'Economiste | Edition N°:4262 Le 24/04/2014 | Partager

Dacian Ciolos est commissaire européen à l’Agriculture et au Développement rural

L’Union européenne est l’invitée d’honneur de l’édition 2014 du Salon international de l’agriculture du Maroc. J’en suis particulièrement heureux et je voudrais exprimer ma gratitude aux autorités marocaines, en particulier au ministre de l’Agriculture M. Akhannouch. Cette place d’honneur, au milieu du pavillon international du salon, est un témoignage fort et symbolique des relations approfondies entre le Maroc et l’Union européenne en matière d’agriculture et de développement rural.
Pour le Maroc comme pour l’Union européenne, le développement de l’agriculture et des zones rurales fait partie des priorités politiques.  Je me félicite que l’expérience de la Politique agricole commune de l’UE  (PAC) soit exposée au Siam. La Politique agricole commune est la première politique communautaire. Elle marque la reconnaissance politique de son rôle essentiel comme ciment de l’Union européenne et la volonté affirmée de tous les Etats membres pour la période de programmation 2014-2020 de bâtir ensemble et solidairement une dynamique pour toutes les régions rurales européennes. Le Maroc a de son côté lancé le plan Maroc Vert, programme ambitieux qui fait de l’agriculture le principal moteur de croissance de l’économie. A ce jour, ce plan a bénéficié à 84% de petits agriculteurs dans son volet II axé sur la petite paysannerie.
Nos agricultures sont complémentaires, comme en attestent les échanges commerciaux pour les produits agricoles et agroalimentaires.  Le commerce agro-alimentaire entre le Maroc et l’UE totalise près de 2,3 milliards d’euros par an en moyenne sur la période de référence 2008-2013. L’UE est le principal partenaire du Maroc pour ce type de produits, à hauteur de 50%. Le Maroc exporte principalement des fruits et des légumes vers l’UE. L’UE a un panier diversifié, avec les céréales au premier rang de ses exportations. L’accord commercial agricole, entré en vigueur  en octobre 2012, permet aux deux parties de valoriser leurs spécialités tout en préservant leurs produits sensibles. Plus d’un an après la mise en œuvre de l’accord, nous pouvons réciproquement  observer que l’accord n’a pas donné lieu à des troubles sur nos marchés respectifs. 
L’Accord de libre échange complet et approfondi (ALECA), qui ne contient pas de dispositions purement agricoles hormis les aspects vétérinaires et phyto-sanitaires, sera, quant à lui, un outil au service du développement des investissements dans le secteur et de facilitation des échanges. Je souhaite m’associer aux efforts des autres commissaires pour que cette négociation soit un succès pour le Maroc et l’UE. Cet accord est d’autant plus important qu’il ouvre la voie aux autres pays méditerranéens de la Politique européenne du voisinage.
Outre la complémentarité commerciale, je voudrais signaler, même si cela ne rentre pas directement dans mes compétences, que la coopération entre l’UE et le Maroc dans le secteur agricole est solidement ancrée dans nos relations bilatérales. Près de 240 millions d’euros ont été alloués par l’UE sur la période  2011-2013 pour moderniser le secteur agricole marocain. Ces efforts vont bien entendu se poursuivre pour la nouvelle période de programmation.  Je voudrais souligner qu’à la fin de l’année 2013, l’UE a approuvé un projet important pour l’avenir des agriculteurs marocains qui consiste à soutenir la stratégie nationale de Conseil agricole. Ce projet a pris corps via l’initiative Enpard (programme européen du voisinage pour l’agriculture et le développement rural), qui me tient à cœur. Il s’agit d’aider les agriculteurs plus modestes à accéder à un conseil agricole de qualité. Les exploitations familiales ont un véritable potentiel de développement et, ainsi, d’entraînement en matière de vitalité des zones rurales. C’est un fait des deux côtés de la Méditerranée. C’est aussi le sens des accords de partenariat qui ont été passés entre nous: donner des perspectives et les moyens d’atteindre ces ambitions à des structures de tailles familiales générant emplois et valeur ajoutée.
Je suis convaincu que nous devons continuer à promouvoir le partage d’expériences et d’idées entre partenaires du sud et du nord de la Méditerranée, car il n’y a pas un modèle unique mais des voies variées de développement de l’agriculture et des zones rurales à mettre en valeur. Le développement durable de l’agriculture et des zones rurales est un défi, une ambition que nous partageons, Royaume du Maroc et Union européenne.
Au-delà des différences liées à la géographie et au climat, les 28 Etats membres de l’UE et le Maroc ont des objectifs communs pour leur politique agricole: nourrir la population à des prix raisonnables, assurer un revenu décent aux agriculteurs, maintenir une économie rurale vivante et répondre aux défis environnementaux et climatiques. Nous avons des défis communs à relever et nous devons travailler ensemble à les résoudre, par le canal des échanges et du dialogue.
Je le regrette mais je ne suis pas en mesure de participer moi-même au Siam 2014, du fait d’engagements antérieurs. Toutefois la Commission européenne sera représentée à haut niveau pendant plusieurs jours par le directeur général de l’Agriculture de la Commission européenne, Jerzy Plewa, et par l’ambassadeur de l’UE au Maroc, Rupert Joy. Je souhaite un plein succès au Siam 2014!

Fruits et légumes: Lever les craintes et incompréhensions

S’agissant des interrogations que je perçois sur les exportations marocaines de fruits et légumes et plus spécifiquement sur la question des «prix d’entrée» et le  système qui sera en vigueur à partir du 1er octobre prochain, je souhaite lever craintes et incompréhensions. Sur cette question, j’ai pu très récemment avoir un échange constructif et utile avec Monsieur le ministre de l’Agriculture. Le dispositif qui s’appliquera a été décidé par le Conseil et Parlement européen l’année dernière. Il n’impose pas de nouveau droit de douane ou taxe, mais vise simplement à assurer que la valeur déclarée en douane est objective et transparente. Nous avons convenu qu’il y aurait en outre un travail technique qui clarifiera davantage le mode opératoire de ce dispositif. Il s’agit avant tout d’une mesure qui consiste à mettre en ligne le régime des prix d’entrée avec le code douanier communautaire. Les contacts très étroits avec les autorités marocaines vont se poursuivre afin d’apporter les réponses voulues aux  préoccupations qui peuvent se faire jour.

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