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Economie

Maroc-UE/Accord agricole
Les explications d’Almunia

Par L'Economiste | Edition N°:4262 Le 24/04/2014 | Partager
L’incident ne vise pas particulièrement le Maroc
Les conditions des exportations des produits marocains doivent être améliorées

Pour le vice-président de la Commission européenne Joaquin Almunia, les conditions des exportations des produits marocains doivent être améliorées en tenant, bien évidemment, compte des intérêts des différents Etats membres

Joaquin Almunia, vice-président de la Commission européenne, revient et explique l’origine de l’incident sur la question des régimes d’accès à des produits agricoles sur le marché européen. Il espère qu’une solution sera vite trouvée. Commissaire chargé aussi de la concurrence, il a accepté de rencontrer quelques représentants des médias autour d’une table ronde en marge de la 13e conférence internationale de la concurrence qui poursuit ses travaux à Marrakech.

- L’Economiste: La question de la concurrence interpelle particulièrement l’écosystème marocain, notamment concernant les régimes d’accès aux produits agricoles sur le marché européen. Cela nourrit beaucoup d’inquiétudes sur les risques d’interprétation ou d’imprécision….
- Joaquin Almunia: Je tiens juste à préciser que le contentieux apparu il y a quelques semaines résulte d’une modification décidée par le conseil vis-à-vis de tous les pays tiers non membres de l’UE. Et parmi eux, le Maroc. Compte tenu des relations du Maroc avec l’UE, j’espère qu’il y aura une solution, puisqu’il est évident que dans le cadre des accords de libre-échange que l’on veut avoir, les conditions des exportations des produits marocains doivent être améliorées en tenant compte des intérêts des différents Etats membres bien sûr. Ce sont des questions qui vont être discutées par Jerzy Bogdan Plewa, DG de l’Agriculture et du Développement rural de la Commission européenne présent au Maroc à cet effet.
- On a l’impression qu’au niveau de l’UE, le droit de la concurrence est en train de prendre le dessus sur tous les autres droits. Quels sont les garde-fous mis en place pour accompagner la compétitivité? Et quel message pourriez-vous donner aux industriels marocains?
- C’est un débat qui existe même au sein de l’UE. Nous avons besoin tout aussi bien d’une industrie forte et plus compétitive que de concurrence. On ne peut pas imaginer une croissance soutenue sans une industrie compétitive tout comme il faut assimiler que la concurrence n’est pas un obstacle, mais plutôt un instrument pour créer ce genre d’industrie dynamique. Le gain d’efficacité et de productivité est obtenu grâce en partie à la pression qu’exige un marché concurrentiel. L’expérience l’a démontré: on investit et on innove plus lorsqu’il existe une concurrence.
- Il y a pourtant des travaux empiriques qui ont démontré que l’on pouvait avoir des économies d’échelle dans des situations de monopole et de duopole?
- Je ne partage pas cette opinion. Il y a des cas de défaillance de marchés dans des secteurs particuliers où le marché ne fonctionne pas. Alors l’intervention publique doit être là. Mais ce sont des cas particuliers. En général, sauf si on démontre la défaillance du marché, la concurrence est un des instruments les plus puissants pour obtenir l’innovation, l’investissement, la productivité et l’efficacité.
- La configuration institutionnelle marocaine suffit-elle pour améliorer la concurrence? Y aurait-il d’autres aspects sur lesquels le Maroc devrait travailler?
- Je me dois d’être respectueux de la décision d’un Etat pour organiser le cadre juridique et institutionnel d’une autorité de concurrence. J’ai appris que l’existence même d’une autorité de concurrence est inscrite aujourd’hui dans la Constitution marocaine. C’est un pas important pour garantir l’indépendance d’une instance de ce genre. Mais pour réussir sa mission, une instance n’a pas besoin uniquement d’indépendance, mais aussi de moyens financiers et de ressources. A la Commission européenne, nous avons établi certaines conditions de protection des autorités de concurrence aussi bien sur le plan économique que des ressources humaines. Nous avons eu des cas où les besoins d’une consolidation budgétaire dans certains pays ont eu des conséquences sur les moyens et les ressources disponibles pour une autorité de concurrence.
- Le réseau des autorités de concurrence plaide pour une harmonisation de l’ensemble des instances. Le manque d’expérience de certaines autorités ne risque-t-il pas de freiner cet élan?
- Non! Au sein d’un réseau international, on échange les expériences. C’est toujours très positif de savoir ce que font les autres et quels sont les opportunités et les besoins. Dans cet échange, ceux qui sont matures ne s’arrêtent pas. Au fur et à mesure que cette coopération s’agrandit, ceux qui sont moins matures accélèrent le processus et leur expérience. Et puis, les principes convergent même si les législations, les calendriers, les processus et les moyens peuvent être différents. Je crois qu’en cette période, il y a beaucoup d’avancées aussi bien pour les autorités considérées matures que pour les nouvelles instances qui viennent de rejoindre le réseau.
- Revenons à une actualité… la fusion Holcim et Lafarge. Quelles conséquences pourraient avoir cette fusion sur la concurrence en Europe et au Maroc?
- Bien avant l’annonce publique de cette fusion, j’ai rencontré le CEO du nouvel ensemble qui est conscient des énormes problèmes de concurrence que cette fusion implique dans les marchés européens, puisque les deux sont d’origine européenne. Mais, c’est tout ce que j’ai à dire pour le moment.

Propos recueillis par Mohamed BENABID et Badra BERRISSOULE

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