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Les Cahiers de l'Émergence

Agriculture solidaire: «Il faut activer les leviers bancaires»

Par L'Economiste | Edition N°:4262 Le 24/04/2014 | Partager
Les financements doivent générer un impact réel sur les populations
Le microcrédit, une option mais pas la seule solution

Après avoir épuisé une enveloppe de plus de 20 milliards de DH pour le financement des deux piliers du plan Maroc

Tarik Sijilmassi, président du Crédit Agricole: «Les personnes qui ont recours au microcrédit veulent principalement éviter les usuriers qui exercent des taux exagérés»

Vert (une enveloppe qui a même été dépassée de 4 milliards de DH), Crédit Agricole du Maroc (CAM) s’engage pour la seconde phase sur un financement de 25 milliards de DH supplémentaires. Tarik Sijilmassi, patron de la banque verte, fait un bilan d’étape, à l’occasion de l’ouverture du SIAM aujourd’hui, des avancées de ce plan ainsi que de ses futures étapes  


- L’Economiste: Quel bilan faites-vous du plan Maroc Vert?
- Tarik Sijilmassi: A mi-parcours, la convention de partenariat lancée en 2008 dans le cadre du plan Maroc Vert (PMV) prévoyait l’accompagnement des piliers 1 et 2 de la stratégie agricole, notamment de grands projets structurants. Cela concerne, les opérations sur la Sodea-Sogeta, l’oléiculture, l’agrumiculture. Des opérations du pilier solidaire sont également à l’ordre du jour comme le soutien au «petit fellah», l’accompagnement des petits agrégés... Aujourd’hui, la première enveloppe de financement dans le cadre ces deux piliers a été épuisée puisque la banque avait alloué 20 milliards de DH. Un montant qui a été dépassé de 4 milliards de DH. Attention, il ne s’agit en aucun cas d’un net d’encours puisque nous avons eu des remboursements, mais bel et bien des crédits alloués.
Pour la seconde phase, Crédit Agricole du Maroc monte au créneau puisque nous comptons mobiliser pas moins 25 milliards de DH pour soutenir le plan. Plusieurs conventions ont été signées à l’occasion des Assises de l’agriculture.

- Votre soutien au plan Maroc Vert est-il seulement financier?
- Pour la réalisation de ce programme, CAM s’est engagé dans l’accompagnement, pas seulement financier, mais également dans l’évaluation des mesures à prendre. Pour moi, ce programme dépasse largement la dimension agricole. Grâce au pilier solidaire, l’on remarque que toute une vision sur le monde rural s’est mise en place. A mon sens, le plan Maroc Vert est l’équivalent d’une matrice à quatre branches. Pour accompagner efficacement ce programme, il suffit de créer une harmonie entre les quatre entrées.
La première dimension englobe les filières interprofessionnelles. Il faut comprendre ce qui se passe dans les filières céréalières, oléicoles, agrumicoles, laitières, viandes blanches, viandes rouges…
Le deuxième volet suit une logique territoriale. La déclinaison locale va se faire selon des réalités territoriales. Ainsi, des sous-programmes adaptés aux 16 régions marocaines ont été mis en place.
Le troisième axe concerne le côté sociétal. La stratégie agricole entend concilier l’agriculture vivrière. En renforcement à l’agriculture moderne, celle-ci a pour objectif de contribuer au bien-être de la population, mais aussi de trouver des moyens pour améliorer leur quotidien, ce qui pourrait limiter en partie l’exode rural.
Le quatrième aspect relève de l’enclenchement d’une agro-industrie marocaine, alimentée par une agriculture nationale. L’objectif est d’en faire un fer de lance des exportations et même de l’industrie marocaine. L’agro-industrie est probablement la seule industrie viable du pays, c’est pour ça qu’il est important de faire la connexion entre la production industrielle et le PMV. Donc à travers ces quatre dimensions, CAM a pu adapter son offre de financement, ainsi que son mode de fonctionnement en tant que banque.
- Quelles sont les avancées auxquelles vous êtes parvenus?
- Depuis le lancement du PMV en 2008, plusieurs interprofessions ont connu une restructuration. Des contrats-programmes ont été signés avec plusieurs fédérations des différentes filières, notamment avec le secteur des viandes rouges, du lait ou encore l’oléiculture. Aussi, des efforts ont été déployés pour une meilleure intégration entre l’amont et l’aval.
Du côté de l’agriculture solidaire, d’énormes réussites ont été réalisées localement. Mais le plus grand défi pour cette feuille de route dans les prochaines années, c’est de contribuer au développement de cette filière tout en veillant à la réalisation de deux objectifs. Pour leur part, les financements doivent générer un impact réel sur les populations et l’effet de levier bancaire doit être utilisé. Ce qui permettra de tripler l’impact de la subvention via la combinaison avec le crédit.

- Qu’en est-il du microcrédit dans ce processus?
- Le microcrédit est un service qui vient en renfort aux différents outils de financement. Il n’a pas la prétention d’être

Pour la seconde phase du plan Maroc Vert, Crédit Agricole du Maroc monte au créneau et compte mobiliser pas moins 25 milliards de DH pour soutenir le plan. Plusieurs conventions ont été signées à l’occasion des Assises de l’agriculture

l’arme ultime pour lutter contre la pauvreté. Nul n’est contraint de prendre un microcrédit. Les personnes qui ont recours à ce type de financement veulent principalement éviter les usuriers qui exercent des taux exagérés. Elles n’ont pas aussi accès au système bancaire. Ceci étant, des passerelles existent pour basculer du microcrédit au système bancaire classique. Dans ce sens, deux des principales sociétés de la microfinance sont adossées à des banques. L’intéressé a le choix de contracter un crédit chez la société avec un taux de 22% ou un crédit en banques à 6 voire 8%.
Parallèlement, il existe des règles prudentielles très précises qui empêchent les banques de prendre en charge une certaine clientèle. Les institutions financières fournissent un effort considérable pour approcher des clients dont le revenu est aux alentours de 50.000 DH. Il s’agit généralement des TPE/PME, mais à cause des restrictions, la clientèle de microcrédit est laissée de côté.

 

Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI et Aïda Lo

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