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Economie Internationale

Tunisie: Rien ne va plus
De notre correspondante à Tunis, Sihem JAMIL

Par L'Economiste | Edition N°:4259 Le 21/04/2014 | Partager
La situation économique et les finances publiques inquiètent
Baisse des subventions, climat des affaires, investissements… un plan de refonte globale bientôt lancé
La révolution coûtera encore de précieux points de croissance

Aujourd’hui, l’économie tunisienne est fragilisée par la situation politico-sécuritaire du pays. Certains secteurs ont repris des couleurs, mais d’autres restent plombés par les grèves et autres mouvements sociaux

Publication de chiffres par-ci par-là, déclarations officielles croisées, analyses controversées… Grande tension sur la situation économique et les finances publiques tunisiennes. Différents événements y ont contribué et le paiement des fonctionnaires pour le mois d’avril grâce à un emprunt a été sans doute la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Certes, les incertitudes quant à la situation de l’économie se sont multipliées, mais c’est la vitesse à laquelle les choses ont évolué qui inquiète. Et il fallait que cela tombe sur l’épineux dossier des salaires dans la fonction publique.
Aujourd’hui, l’économie tunisienne est fragilisée par la situation politico-sécuritaire du pays. Certains secteurs ont repris des couleurs, mais d’autres restent plombés par les grèves et autres mouvements sociaux. Concrètement, les objectifs d’une croissance économique à 4% tels qu’affichés dans le budget sont difficiles à atteindre. Le Premier ministre, Mehdi Jomaâ, l’a lui-même annoncé. Selon lui, seule une croissance de 6 à 7% est susceptible de redresser  la courbe du chômage et de booster les perspectives. Pour cela, il a décidé de jouer le tout pour le tout dans un mandat jugé relativement court. Dans les couloirs des différents ministères, agriculture, tourisme, finances, industrie… le travail bat son plein et différents programmes sont en cours de lancement. L’équipe de Mehdi Jomaâ se penche actuellement sur la mise en œuvre d’un plan de refonte économique globale axée sur la baisse des subventions, notamment celles des carburants sur une période de trois à cinq années, l’amélioration de l’environnement des affaires et de l’attractivité de l’économie, l’attraction de nouveaux investissements dans les secteurs manufacturier,  technologique,…
En attendant, la conjoncture interne et extérieure ne donne pas des signes favorables. Le soutien à la consommation intérieure a atteint ses limites. Celle-ci ne pourra tirer davantage la croissance vers le haut sans relancer des tensions inflationnistes que veille à juguler sévèrement la banque centrale.
Les indicateurs de commerce extérieur ne sont pas au niveau non plus. Une lecture plus détaillée montre que la dichotomie offshore/onshore, déjà bien établie, s’est accentuée. Et ce, à l’heure où le secteur des services, particulièrement du tourisme et par voie de conséquence le transport aérien, évolue timidement, contexte oblige.
Sur le tableau des indicateurs macro-économiques, les politiques budgétaires interventionnistes se sont soldées par une dette supplémentaire d’environ 5 milliards de dinars. Le taux d’endettement se situe autour de 50% du PIB. Le déficit budgétaire 2014 devrait se creuser à 12 milliards de dinars au lieu de 7 milliards de dinars prévus dans la loi de finances de 2014... L’accroissement des dépenses de fonctionnement, le recrutement en masse dans la fonction publique, le déclin des investissements, le déficit des entreprises publiques,… se sont soldés par un effet boomerang dont les retombées sont de plus en plus apparentes. Des économistes tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme. Cette situation a été confirmée par Hakim Ben Hammouda, ministre de l’Economie et des Finances, lors de sa dernière sortie médiatique. A l’origine de cette situation, la politique ayant privilégié la compensation et la consommation aux dépens de l’investissement. Selon lui, les priorités doivent maintenant être inversées pour miser sur les valeurs travail et l’investissement. Aujourd’hui, la finalité est de trouver les solutions et les modèles économiques pour créer des emplois et booster la croissance économique. Mais en attendant, l’impact de la révolution sur l’économie coûtera encore de précieux points de croissance.

Recherche de fonds d’aide

SUR le terrain, les préoccupations économiques l’emportent même sur le politique. Mehdi Jomaâ œuvre dans ce sens et son agenda de travail le confirme. La dernière tournée proche-orientale et aux Etats-Unis s’inscrit dans ce sens. L’objectif est d’exhorter les pays du Golfe à l’«investissement et au soutien politique». Le chef du gouvernement tunisien a explicitement déclaré que son mandat à la tête du gouvernement sera axé sur la recherche de fonds d’aide, de prêts et de subventions, pour l’amélioration des infrastructures et de l’attraction d’investissements privés dans des projets de développement. Au total, le pays devrait drainer quelque 6,7 milliards de dinars (1 euro= 2,17 dinars) sous forme d’emprunts extérieurs, en 2014, par les différents bailleurs de fonds, en l’occurrence FMI,  Banque mondiale, Union européenne et donateurs arabes.

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