×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Arthuis: Oui, la TVA est un impôt d’avenir!

Par L'Economiste | Edition N°:4259 Le 21/04/2014 | Partager

Jean Arthuis, sénateur et ancien ministre français des Finances: «Les accords de libre-échange doivent être assortis d’une convention de stabilité monétaire. C’est la seule façon d’éviter les manipulations des taux de change»

Ancien ministre des Finances sous la présidence de Jacques Chirac, Jean Arthuis est aussi sénateur de la Mayenne depuis plusieurs années. Il a animé jeudi dernier, à Casablanca, une conférence sur le co-développement entre l’Europe, la France et le Maroc à l’invitation de l’Association marocaine des lauréats du groupe Audencia Nantes. Arthuis est lui-même un ancien élève de cet établissement.

 

- L’Economiste: Quelle est votre réaction à la récente déclaration du président de la Banque centrale européenne (BCE), qui fustigeait un «euro trop préjudiciable à la compétitivité»?
- Jean Arthuis: Il faut quand même observer qu’un pays membre de la zone euro (ndlr : l’Allemagne), avec un euro à 1,38 dollar, cumule des excédents commerciaux de plus de 200 milliards. C’est la preuve que la parité de la monnaie n’est pas le facteur le plus déterminant. Ce qui compte avant tout, ce sont les réformes structurelles mises en œuvre par les Etats avec courage et lucidité. Et cela n’est pas de la responsabilité de l’Europe. Néanmoins, l’euro fort complique, c’est vrai, la tâche des exportateurs européens. La difficulté, c’est de piloter l’euro dans les structures actuelles de l’Union européenne.
Le problème est qu’on a créé une monnaie orpheline d’Etat, ce qui est sans précédent historique. Le jour où l’euro a été émis, les Etats ont pris un billet aller sans retour vers l’intégration politique. Pour compenser cet «orphelinat», on a pensé qu’un règlement de copropriété, le pacte de stabilité et de croissance, suffirait alors que la BCE est d’essence fédérale. Il faut donc un gouvernement économique et un ministre de l’Economie à temps plein qui synchroniserait la politique économique des Etats membres de la zone euro et la politique monétaire. 
M. Draghi et le conseil de la BCE ont raison de faciliter la baisse des taux d’intérêt, cette orientation est de nature à baisser l’euro par rapport au dollar. Mais ce n’est pas si simple, ni aisé de fixer la parité monétaire dans un monde ouvert où ce sont  les marchés qui décident. Si on veut faire baisser substantiellement l’euro, il faut émettre plus de monnaie, comme le fait la Réserve fédérale américaine.

- Mais c’est une idée à laquelle les Allemands sont totalement allergiques…
- Oui, les Allemands sont «génétiquement» hostiles à tout risque d’inflation parce  qu’ils ont connu l’hyperinflation qui a abouti au nazisme et à la Seconde Guerre mondiale. Ils sont donc vaccinés contre l’inflation et le laxisme monétaire. Sur le fond, ils ont raison, c’est dans la discipline budgétaire et l’assainissement des finances publiques que se trouve la solution aux difficultés structurelles des économies européennes.

- Tout le monde est d’accord sur le constat, mais lorsqu’il faut prendre des mesures d’ajustement, par peur de perdre les élections personne ne veut y aller. Comment sortir de cet immobilisme?
- Ce n’est pas l’Europe qui fera des réformes à la place des pays qui ont pris du retard, notamment la France.  J’espère que Manuel Valls aura le courage de mettre en œuvre les réformes nécessaires. Il faudra l’aider s’il s’y engage vraiment. Pour l’instant, je demande à voir.

- Pour des pays tiers comme le Maroc dont l’économie est adossée à l’Europe, quelles opportunités ou risques présente un euro trop fort?  
- Tout dépend de la parité du dirham. Ce qu’il faut, c’est une convention de stabilité monétaire qui est un instrument d’accompagnement  des accords de libre-échange. Cet outil, me semble-t-il, n’existe pas dans ces traités et cela ouvre potentiellement des risques et quelques turbulences à terme. Pour l’instant, on n’y est pas encore, le Maroc ayant un régime de change pas totalement exposé aux décisions des marchés. Le renchérissement actuel de l’euro n’est pas en soi une menace pour son économie.

- L’intégration de la «Valeur forfaitaire à l’importation» dans la réglementation  européenne est interprétée au Maroc comme une obstruction à l’entrée des exportations agricoles. N’est-ce pas contradictoire au partenariat stratégique que prône Bruxelles?
- Il faut faire très attention. En 1993, en ma qualité de rapporteur général au Sénat, j’avais publié un rapport sur la mondialisation et la délocalisation industrielle. L’Europe veut protéger et faire plaisir au consommateur en lui offrant les produits les moins chers possibles. Mais à l’heure de la mondialisation, pour faire plaisir au consommateur, on met les producteurs dans les pires difficultés avec des conséquences sur l’emploi. Il faut donc trouver un juste équilibre et éviter d’envoyer tout ce qui peut être perçu comme un mauvais signal. Je suis persuadé que c’est par le co-développement que l’Europe accompagnera les économies du Maghreb à se développer et à relever le défi de l’emploi.

- Etes-vous toujours un partisan acharné de la TVA sociale?
- Plus que jamais, la TVA est un impôt d’avenir. On part de l’idée qu’il y a des impôts supportés par des entreprises et d’autres par les ménages. Tous les impôts que paient les entreprises se retrouvent de toute façon, dans le prix au consommateur et supportés in fine, par les ménages. Mais dans un contexte de difficulté de pouvoir d’achat, il faut faire beaucoup de pédagogie et aider les syndicats à changer de logiciel de leur pensée.

 

Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc