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Economie

Les Rencontres économiques: Deux révolutions en douceur

Par L'Economiste | Edition N°:4253 Le 11/04/2014 | Partager
Après les télécoms, celle de l’agriculture est en marche
Pourquoi les «logiciels» classiques ne sont plus opérationnels en Afrique

Les changements observés en Afrique se font à une vitesse exponentielle. Dans les télécoms, personne ne pouvait

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prédire l’évolution actuelle, qui ne correspond à aucun schéma connu des experts des institutions internationales. Les vieilles grilles de lecture que l’on avait sur les économies africaines ne sont plus opérationnelles, prévient Karim El Aynaoui de l’OCP. Celui qui a passé 8 ans à la Banque mondiale, estime qu’il faut revoir le «logiciel» des institutions de Bretton Wood's. Le message vaut aussi pour les investisseurs. L’erreur serait de croire que l’on peut y transposer des process élaborés de chez soi. Regardez Cola-Cola: comment cette firme est-elle arrivée à vendre ses produits jusqu’au fin fond des villages les plus reculés ?
La prochaine révolution en marche sur le continent sera agricole. Le groupe OCP qui nourrit de grandes ambitions africaines et qui va investir dans une usine d’engrais dédiée entièrement à l’approvisionnement du continent, y va avec beaucoup d’humilité. Le prix de l’engrais départ usine, même trop bas, devient très élevé à l’arrivée, faute de circuits de distribution structurés. Il faut donc faire preuve d’imagination, conseille El Aynaoui. 

Obstacles à franchir

Il y a beaucoup de potentiel sur le continent, mais ce n’est pas non plus le nirvana. A l’euphorie actuelle nourrie par le rythme de croissance des économies africaines, Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie et de l’Economie numérique, prêche un peu plus de retenue: «Ma conviction est que l’Afrique est un des avenirs du monde, mais elle n’est sûrement pas l’avenir du monde», prenant à contre-pieds l’intitulé des Rencontres économiques (L’avenir du monde est-il africain?). A force de placer trop d’espoirs sur le continent, le risque de décevoir devient encore plus élevé, met en garde Elalamy.

Martin Ziguele, ancien Premier ministre de la Centrafrique

Il est intervenu à la première table des Rencontres économiques de Casablanca, mercredi 9 avril. Ancien Premier ministre d’un pays aujourd’hui déchiré par les violences communautaires, Martin Ziguele dit «ne pas être surpris» par la situation actuelle de son pays. On voyait venir l’effondrement de l’Etat et la montée en puissance de la velléité d’instrumentaliser les communautés les unes contre les autres aux seules fins de garder le pouvoir, confie-t-il. Ces images venant de Bangui où les hommes s’entre-tuent à coups de machettes vont saper le long et patient travail de redressement de l’image du continent sur la scène internationale.
Pour l’ancien Premier ministre de la République Centrafricaine, la situation actuelle est «le fruit de cette mauvaise graine qui a été semée pendant longtemps et contre laquelle nous nous sommes toujours battu ». Encore plus qu’hier, les politiques centrafricains doivent s’impliquer pour prêcher la paix et la réconciliation auprès des populations. «C’est quand le feu brûle dans la maison que l’on mesure l’importance des pompiers. Quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finira par se lever», conclut celui auquel l’on prête un avenir politique dans son pays.
A. S.

Le dynamisme économique de la région est une certitude -au moins 5-6% de croissance par an, au cours des dix prochaines années, tout comme ses potentialités. L’Afrique subsaharienne abrite en effet 60% des terres arables, 40% des réserves d’or, 12% des réserves (avérées) du pétrole et 43% des réserves de platine. Mais les obstacles à franchir par un continent dont la progression semble parfois s’écarter des schémas habituels sont immenses: la gouvernance, la corruption, le déficit en infrastructures et une démographie galopante (1 milliard d’habitants dont la moitié a moins de 30 ans) en face de laquelle les emplois ne suivent pas.
Le ministre insiste sur un changement majeur de paradigme sur le continent. Si la plupart des pays fondent encore leurs économies sur les matières premières, la prise de conscience est unanime sur l’impératif de garder une partie de la valeur ajoutée sur place. Le Gabon, gros producteur et exportateur de bois brut, exige dorénavant que soit transformée sur place une partie de son bois localement. Offset, compensation industrielle, cela peut prendre diverses appellations, mais la finalité est la même.
L’approche qui consiste uniquement à vendre à ces pays ne marche plus, prévient Elalamy. C’est le choix fait par le Maroc dont les entreprises ont investi massivement dans la région. Il y a une autre évolution qu’il faut d’ores et déjà anticiper: la Chine cessera à terme d’être l’usine du monde à cause de l’élévation des coûts salariaux. Certaines projections avancent le chiffre de 85 millions d’emplois «externalisables». Et le mouvement a déjà commencé, vers l’Ethiopie notamment où Samsung a implanté une usine de fabrication des écrans plats récemment. Pour le Maroc, à terme, il est tout à fait possible d’envisager un schéma triangulaire dans lequel demain, une partie de sous-traitants dans l’aéronautique ou l’automobile seraient basés en Afrique subsaharienne.

Quel changement!

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Lionel Zinsou, consultant et banquier d’affaires franco-béninois, décrypte le changement de l’image d’un continent qui passait encore aux yeux des investisseurs comme une «zone à éviter» au maximum. Le titre - l’avenir du monde sera-t-il africain ?- de ces rencontres aurait été impossible il y a dix ans lorsque le continent était encore assimilé à la misère du monde. Il y a incontestablement un changement de regard. Même René Dumont, célèbre agronome français avec son «Afrique est mal partie», écrit en 1960, se retournerait dans sa tombe. Le dynamisme démographique de l’Afrique est à la fois un atout, et peut-être aussi, un boulet, si l’éducation et l’emploi ne suivent pas. La transition démographique n’y a pas encore commencé. Au début des années 1960, le continent comptait 300 millions d’habitants, contre 1 milliard aujourd’hui. Quel que soit le régime de la transition démographique, le continent sera plein. Et jeune quand les autres seront vieux. On sera 22% de la population et 26-27% de la population active du monde.

A. S.

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