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Analyse

Enquête L’Economiste-Sunergia
L’équipe Benkirane II dispose d’une neutralité bienveillante

Par L'Economiste | Edition N°:4253 Le 11/04/2014 | Partager
Départ de l’Istiqlal, arrivée du RNI et des technocrates? Bof!
En politique, tout le monde ne peut pas être «grande gueule»
Les gens critiquent le faible rendement du gouvernement

Mais pourquoi donc l’Istiqlal a-t-il quitté le gouvernement? Si le vieux parti pensait mettre Benkirane en difficulté,

A part le MP, les grands partis politiques marocains ont d’un seul coup évolué vers les «grandes gueules», les tribuns sont capables de n’importe quelle outrance en meeting. La personnalité de Benkirane a bien servi les intérêts du PJD, mais cela ne marche pas aussi bien pour les deux autres, l’Istiqlal de Chabat et l’USFP de Lachgar

cristalliser les critiques et faire  grossir le nombre des mécontents. C’est raté.
Une large majorité des Marocains s’en moque éperdument. Soit ils disent qu’ils n’ont pas d’avis (16%); soit ils disent qu’ils ne voient pas où est le changement (43%). Ce qui nous donne un bon 59%!
Les électeurs sont-ils pour autant contents de la nouvelle équipe?  Moins d’un sur trois trouvent que la nouvelle équipe est meilleure que la première;  on ne peut pas dire que c’est un satisfecit.
Il est évident que cette Enquête du Sunergia pour L’Economiste donne une  cartographie politique des citoyens marocains.

… Dans L’Economiste du 10 avril…

Hier, jeudi 10 avril, nous avons publié une première partie de l’enquête de Sunergia pour L’Economiste. Les données sur un peu plus de 1.000 questionnaires complets et significatifs.
Qu’entre 2012 et maintenant, l’étoile de Benkirane a considérablement blêmi. Comment pouvait-il en être autrement, puisque le chef du gouvernement bénéficiait alors de la confiance de 88% des Marocains. C’est un record absolu depuis que L’Economiste fait faire des enquêtes sur les sentiments des citoyens vis-à-vis de leurs gouvernements. On pensait que les 60% d’opinions positives  en faveur du socialiste El Youssoufi, qui fut Premier ministre de 1998 à 2002, seraient indépassables.  Le PJDiste Benkirane l’a donc battu à plate couture en 2012. Aujourd’hui, il n’est plus qu’à la moitié de son score, avec 45% de citoyens satisfaits.
Néanmoins l’analyse montre qu’en face les mécontents se sont certes multipliés mais ils ne sont pas assez nombreux pour menacer une réélection, si elle devait avoir lieu aujourd’hui. (Cf. www.leconomiste.com et y consulter aussi la fiche détaillée de l’enquête menée par Sunergia).

D’abord, il faut noter que les gens s’intéressent au gouvernement,  à ce qu’il fait ou ne fait pas.  Les citoyens sont beaucoup moins nombreux dans les précédentes enquêtes à dire qu’ils n’ont pas d’idées  ou qu’ils ne veulent pas répondre. On se souvient que les enquêtes de Sunergia-L’Economiste avaient rencontré ce phénomène sous El Youssoufi.
Ce comportement avait disparu par la suite et ne s’était pas réveillé avec la prise de pouvoir de l’istiqlalien Abbas El Fassi. Ceci veut-il dire que les Marocains sont bon public, mais à condition qu’on leur donne un bon acteur? Et qu’un bon acteur leur plaît plus qu’un bon faiseur, comme l’avait été le Premier ministre Jettou?
Voilà de vraies questions soulevées par nos enquêtes et qui mériteraient un débat de sociologie politique, pour le moins.
C’est clair, net et précis: les électeurs ne sont pas dans une attitude d’opposition. Ils affichent au contraire une indifférence bienveillante à l’endroit du gouvernement mené par Abdelilah  Benkirane.
Cette bienveillance n’a plus rien à voir avec le massif que les citoyens lui accordaient, il y a deux ans, qui était un record, jamais atteint par aucune personnalité politique.
Certes le mécontentement  a augmenté, mais certainement pas dans la mesure où l’opposition l’espère. Avec 1.000 questionnaires complets et significatifs,  les chiffres  de Sunergia sont inattaquables.

Et ce n’est même pas le gouvernement!

Maintenant, il faut savoir qu’est-ce que les gens soutiennent: Benkirane personnellement, son équipe ou les membres de son équipe (ce qui n’est pas la même chose). Ou bien encore les gens aiment-ils sa politique ou sa façon de mener cette  politique? On verra lundi 14 avril que les membres de son  équipe font bien pâle figure, dramatiquement pâle

- L’Istiqlal voulait mettre la majorité gouvernementale en difficulté en sortant de l’équipe… Benkirane a négocié pendant des mois et des mois pour attirer le RNI au pouvoir. Peine perdue: 43% des Marocains ne voient pas où est le changement, plus 16% s’en moquent, et 12% disent que c’est moins bien qu’avant

- Les catégories les plus aisées, les A/B (qui ne pèsent que 13% de la population marocaine) s’étaient plus ou moins mobilisées pour réclamer des technocrates au pouvoir. Elles ont été servies. Pourtant, ce sont les plus indifférents aux remaniements de l’équipe.  A rappeler aussi que ce ne sont pas les catégories les
plus mécontentes du chef de gouvernement. Ces citoyens les plus aisés affichent une neutralité bienveillante vis-à-vis d’Abdelilah Benkirane

figure!
En attendant, les gens ne sont pas dupes du faible rendement de ses équipes, de la première comme de la deuxième.
Sur les dix dossiers de réformes, réclamées par les gens, promises par les deux gouvernements de Benkirane, seulement deux, bien lire 2, recueillent une majorité d’opinions positives: la sécurité et les grands chantiers; 65% pour chacun.
Un choix qui n’est pas banal pour deux raisons.
D’abord, tout le monde sait que les grands chantiers sont revenus dans le domaine du Roi, car les gouvernements

Les gens ne sont pas dupes des ratés des deux gouvernements de Benkirane. Ils sont particulièrement  sévères sur l’emploi et sur la réduction des subventions aux carburants

d’Abbas El Fassi comme  de Benkirane ne savaient pas, ne savent pas prendre de décisions. L’immense gaspillage énergétique du Maroc, que la Cour des comptes vient de souligner, le prouve amplement et dramatiquement.
Quant à la sécurité, deux  sous-questions se posent, sans que l’enquête puisse répondre.
Est-ce un artefact statistique qui  s’explique par la date de l’enquête, juste avant que des faits-divers viennent irriter profondément l’opinion publique. Ou bien les citoyens comparent-ils aux désordres civils qui existaient en 2011-12 (1), désordres qui ont un peu  disparus aujourd’hui avec le rétablissement partiel  de l’autorité de l’Etat sur les lieux publics? L’examen  des données brutes de l’enquête ne permet pas de trancher.
En revanche, quand les gens disent qu’ils sont contents du gouvernement de Benkirane, mais plutôt mécontents de son action et qu’on trouve ses ministres assez nuls, il n’y a qu’une explication: C’est le chef du gouvernement et son style,  plus que sa politique qu’on aime.

Et lundi 14 avril, dans L’Economiste… Distribution des bons et surtout des mauvais points pour les ministres!

N. S.
(1) Les faits-divers intervenus fin mars, au moment où l’enquête se terminait, concernent la mort choquante de Mme Berrada, tuée par des jets de pierres, ou encore l’apparition du «tcharmil».
Les désordres civils concernent par exemple l’envahissement des lieux publics par des marchands ambulants, le harcèlement des femmes… qu’on laissait passer de peur d’enclencher  un «cas Bouzidi» comme en Tunisie.

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