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Politique

Le FMI au secours de Kiev, mais à quel prix?

Par L'Economiste | Edition N°:4243 Le 28/03/2014 | Partager
Accord signé pour une ligne de crédit de 14 à 18 milliards de dollars •
Hausse de 50% du gaz, gel des retraites et salaires des fonctionnaires …

Christine Lagarde, à la tête du FMI, avait dès le 27 février annoncé (quoique à demi-mots) que le FMI répondrait favorablement à la demande ukrainienne. Entre temps, elle a lancé une évaluation technique indépendante de la situation économique pour juger des montants à accorder et des réformes à mettre en place

Plongée dans une crise financière, l’Ukraine va pouvoir éviter la faillite. Le Fonds monétaire international a annoncé jeudi 27 mars l’octroi d’une ligne de crédit de 14 à 18 milliards de dollars à Kiev, dans le cadre d’un massif plan de sauvetage qui devra atteindre les 27 milliards de dollars d’aide sur deux ans. La différence sera notamment comblée par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), avec un milliard d’euros pas an, Bruxelles (1,6 milliard d’euros), Tokyo (1,5 milliard de dollars et Washington (1 milliard de dollars). La validation du conseil d’administration du FMI devrait ouvrir la porte au versement d’une première tranche, dont le montant n’a pas été communiqué, dès le mois d’avril.
Mais l’Ukraine paye cette aide au prix fort. Le FMI, qui lui était déjà venu en aide en 2008 et en 2010, a imposé de sévères mesures d’austérité en échange des liquidités. Fini les subventions pour le gaz, dont le prix devra augmenter de 50%. Ces subventions seront remplacées par un programme d’aides sociales à l’adresse de 30% de la population. Fini aussi le régime de change fixe. La monnaie devra désormais se prêter au jeu du marché. Celle-ci s’est déjà considérablement dépréciée depuis le début de l’année (-25%). Les retraites et les salaires des fonctionnaires devront aussi être gelés. Par ailleurs, l’Ukraine devra mettre en place des mesures drastiques de lutte contre la corruption, qui lui a coûté plusieurs dizaines de milliards de dollars sous le président déchu Viktor Ianoukovitch, selon le gouvernement de transition.
Stepan Koubvic, gouverneur de la banque centrale, reconnaît que «certaines réformes seront douloureuses». Mais il estime qu’elles sont nécessaires pour redresser le pays, et oxygéner son économie qui frise l’asphyxie. «Nous sommes passés d’une approche populiste à une approche pragmatique», explique-t-il, même si «cela ne sera pas apprécié par tous». 
Arseni Iatseniouk, Premier ministre par intérim, a aussi présenté un ensemble de mesures de réduction des dépenses de l’Etat devant le Parlement, jeudi 27 mars. L’emploi va en prendre un coup, puisque la première des mesures concerne la suppression de 10% des postes du personnel des ministères. L’Etat s’engage aussi à vendre des terrains et propriétés lui appartenant, à instaurer des taxes visant «les plus riches» et à supprimer les subventions sur les mines.
Tout comme Koubvic, Iatseniouk estime que son pays «n’a pas le choix: soit ces mesures sont prises, soit l’Ukraine sera en faillite». Et pour cause, le pays a été confronté à la perte de la Crimée et à une guerre qui ne dit pas son nom avec la Russie, alors même qu’il sortait à peine de la récession (fin 2013) et que son économie restait particulièrement fragile. Dans le meilleur des scénarios, les spécialistes estiment que le PIB baissera de 3%, alors que l’inflation variera entre 12 et 14%.


Rime AIT EL HAJ

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