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Politique Internationale

Turquie: Erdogan au pied du mur?

Par L'Economiste | Edition N°:4221 Le 26/02/2014 | Partager
Une vidéo le relie directement à un scandale de corruption
Son avenir présidentiel pourrait être compromis

Recep Tayyip Erdogan a profité de sa prise de parole lors de la session parlementaire du 25 février pour démentir et condamner les accusations portées à son encontre, les qualifiant de «viles attaques» destinées à ternir son image

LE glas est-il en train de sonner pour Recep Tayyip Erdogan?  Le Premier ministre turc s’est retrouvé propulsé au-devant de la scène hier, mardi 25 février, mais pour les mauvaises raisons. Une vidéo sur le site de partage Youtube relayait l’enregistrement d’un échange téléphonique dont les interlocuteurs seraient le Premier ministre et son fils Bilal. Ce dernier est sommé par son père de se débarrasser de quelque 30 millions d’euros. L’enregistrement n’a pas encore été authentifié, mais sa large diffusion a indéniablement impacté le Premier ministre. Pour la première fois, le gouvernement a instantanément pris la peine de publier un démenti. Le timing de la diffusion est intéressant à plus d’un égard. D’une part, Erdogan est en guerre pour maintenir son image à flot à quelques semaines des élections législatives d’avril qui s’annoncent décisives pour son parti, et des présidentielles qui devraient couronner son parcours politique jusque-là sans faute. Sauf qu’un scandale de corruption impliquant son proche entourage (ministres, hommes d’affaires et hauts dignitaires) est récemment venu entraver ses plans, l’obligeant à mener une purge sans précédent dans la justice et la police notamment. Pour autant, jusque-là, il n’a jamais été impliqué personnellement dans ces démêlés.
Et voilà que c’est devenu le cas, à quelques heures à peine des accusations portées par le gouvernement à l’encontre de magistrats proches du prédicateur Fethullah Gülen, au cœur d’un duel fratricide avec Erdogan depuis plusieurs mois. Deux quotidiens turcs proches du pouvoir, Yeni Safak et Star (Aube nouvelle et l’Etoile), ont affirmé lundi 24 février que 7.000 personnes ont été illégalement mises sur écoute par l’organisation de Gülen. Le porte-parole du gouvernement, qui confirme cette information, a évoqué pour sa part le chiffre de 2.280. Quoi qu’il en soit, le Premier ministre, le chef des services secrets et de nombreux journalistes figurent dans le lot.
Ainsi, ces révélations sont intervenues quelques heures seulement avant la publication de la vidéo impliquant Erdogan dans ce feuilleton de corruption, et en plein cœur du débat parlementaire autour de la loi controversée portée par l’AKP, pour le renforcement des pouvoirs des services secrets en matière d’écoutes téléphoniques administratives notamment.
Que ce soit, comme le serine le gouvernement depuis le départ, une machination de l’organisation Gülen, ou pas, les chances de Recep Tayyip Erdogan de sortir indemne de cette affaire semblent plus faibles que jamais. Son avenir présidentiel pourrait être définitivement compromis.
Rime AIT EL HAJ

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