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Chronique

Et si l’Arabie saoudite lâchait les radicaux de l’opposition syrienne?
Par Mustapha Tossa

Par L'Economiste | Edition N°:4221 Le 26/02/2014 | Partager

Il y a un homme aujourd'hui qui concentre sur

Spécialiste du monde arabe, Mustapha Tossa, journaliste franco-marocain, est diplômé de l’Institut supérieur de journalisme à Rabat promotion 1986 et du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes de Paris. Il participe en 1988 au lancement du service arabe de Radio France internationale. En 1990, il présente l’émission Rencontres  destinée aux communautés d’origine étrangère sur France 3, avant d’effectuer des reportages et de réaliser des documentaires dans le cadre de la série «Racines» diffusée sur la même chaîne. Chroniqueur pour Atlantic Radio et L’Economiste, il intervient régulièrement sur les chaînes de télévision françaises et satellitaires arabes pour commenter l’actualité internationale

sa personne les nombreuses contradictions de la crise syrienne, c'est Bandar Ben Sultan. L'homme est régulièrement cité comme le grand architecte de l'équation sécuritaire régionale, qu'il s'agisse du la guerre menée ouvertement contre le régime de Bachar El Assad ou de la compétition politique entre chiites et sunnites avec l'Iran des mollahs en ligne de mire. Tout est donc entre les mains d'un seul homme, Bandar Ben Sultan, l'homme qui est entré dans la légende iconographique mondiale par sa pose osée, volontairement surélevée avec le président américain G. Bush dans un salon qui illustrait la grande intimité politique entre Riyad et Washington. C'est cet homme et sa vision stratégique de la région et son réseau de relations internationales  qui sont en train d'être remis en cause.
Cette information a scintillé dans toutes les chancelleries comme un fait annonçant un véritable tournant. Celle qui affirme par la voix de diplomates occidentaux que les autorités saoudiennes ont décidé de retirer la gestion de la crise syrienne à l'homme fort des services de sécurité saoudiens le prince Bandar Ben Sultan et de le confier à l'actuel ministre de l'Intérieur le prince Mohamed Ben Nayef.
Aussi importante et inattendue que soit cette décision, cette information n'a l'air de surprendre personne. Bien au contraire, tous ceux qui ont eu à la commenter l'on trouvée d'une implacable logique. En effet, le prince Bandar Ben Sultan, le sulfureux patron des services saoudiens, avait longtemps incarné une phase où le royaume saoudien a mobilisé toute son énergie pour abattre le régime de Bachar El Assad, jusqu'à mettre à la disposition de l'opposition syrienne d'immenses moyens en armes et en matériel.
Dans sa détermination à faire chuter le régime de Damas, le pouvoir saoudien a investi sur les groupes les plus radicaux, les plus motivés militairement. Par un jeu d'alliances stratégiques contre nature, il s'est retrouvé à alimenter les réseaux d'Al Qaïda et de groupes fondamentalistes qui font dans la surenchère dans la radicalité et qui bloquent aujourd'hui toute solution négociée en Syrie. L'homme qui personnifiait cette stratégie n'est autre que le prince Bandar Ben Sultan.

Nouvelle approche de la crise syrienne

Or deux événements majeurs ont fortement invalidé cette démarche. Le premier est que le régime de Bachar El Assad, parrainé par les Russes commence à dénoncer avec un certain succès que la guerre

L’Arabie saoudite vient de retirer la gestion du dossier syrien au prince Bandar Ben Sultan. Ce fils de l’ancien prince héritier Sultan ben Abdel Aziz, et ambassadeur à Washington pendant 22 ans, avait été nommé en juillet 2012 à la tête des services de renseignement saoudiens. Il avait longtemps incarné une phase où le royaume saoudien a mobilisé toute son énergie pour abattre le régime de Bachar El Assad, jusqu’à mettre à la disposition de l’opposition syrienne d’immenses moyens en armes et en matériel

qu'il mène sur son territoire, est une guerre contre le terrorisme des groupes armés, les mêmes qui ont frappé jadis l'Amérique, l'Europe, la Russie et les pays arabes. Le second est le choix stratégique adopté par l'administration américaine de privilégier la solution politique plutôt que de recourir à l'intervention armée, sur fond de compromis international sur le contrôle des armes chimiques syriennes. L'Arabie saoudite s'est donc trouvée en porte-à-faux avec cette stratégie. D'où la tension qui a marqué sa relation avec l'Amérique d'Obama. D'où les contradictions qui on marqué sa posture dans le cycle des négociations de Genève. Signe des temps qui ne trompent pas, l'Arabie saoudite s'est inscrite dans le processus de criminaliser tous les djihadiste saoudiens, et ils sont nombreux, qui vont faire le coup de feu sur le théâtre d'opérations syriennes. Il est donc demandé à l'Arabie saoudite et donc au prince Mohamed Ben Nayef d'imaginer une nouvelle approche de la crise syrienne qui soit en adéquation avec la nouvelle donne internationale qui veut que la solution à la grande dispute autour du pouvoir à Damas ne peut être que politique.
Si ce tournant se confirme comme de nombreux indices le laissent prévoir, il est fort à parier que la région s'apprête à vivre de forts grincements qui va obliger les parrains d'hier à devenir les dompteurs de demain à changer de stratégie. Avec cette interrogation aux allures d'angoisses sécuritaires: que faire de ces nombreux groupes qu'on a armés avec générosité  et qu'on a embrigadés avec détermination?

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