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Régions

Casablanca
Polémique autour de la décharge de Médiouna

Par L'Economiste | Edition N°:4221 Le 26/02/2014 | Partager
Extension prévue du site au grand dam des riverains
L’acquisition d’un terrain de 35 ha en cours
Les habitants du douar voisin seront relogés

Les habitants de douar Lahlaybia, mitoyen de la décharge, seront relogés dans le cadre du programme ville sans bidonvilles. La décharge est une source de revenus pour une population riveraine de chiffonniers ou fouineurs récupérateurs

LES relents de la décharge de Médiouna font des mécontents. Une pétition circule actuellement sur le net (avaaz.org, spécialisé dans les pétitions citoyennes) contre un projet d’extension de ce dépotoir, exigeant la «fermeture pure et simple» du site. En effet, la commune est en train de finaliser une opération d’acquisition d’un terrain mitoyen de 35 hectares. Ce qui devra condamner le prolongement de l’avenue Mohammed VI, déplorent les détracteurs de ce projet. Les effluves de ce dépotoir, situé à 20 mn à peine de Casablanca, se propagent à  des kilomètres à la ronde atteignant les zones environnantes (Médiouna, Bouskoura, Nouaceur , aéroport Mohammed V…), mais aussi des quartiers plus lointains comme Sbata, Lahraouiyine, Tit Mellil… au gré des vents. Ces odeurs pestilentielles sont à l’origine de maladies respiratoires, notamment chez les allergiques et les asthmatiques. Sans oublier les risques induits pour les riverains, l’environnement, la nappe phréatique…
«La décharge de Médiouna devait être fermée et transformée en parc vert. La commune souhaite aujourd’hui exproprier un terrain voisin et en faire une nouvelle décharge, ce qui condamnera encore une fois cette zone», s’indigne un riverain. C’est à croire que cette province est condamnée à recevoir les problèmes les plus épineux de la capitale économique du pays, renchérit un autre. «Non seulement Médiouna reçoit 3.000 tonnes de déchets par jour, mais les sans domicile fixe (SDF) qui sillonnent la métropole y élisent domicile au centre social de Tit Mellil. La province abrite aussi l’hôpital psychiatrique et le centre de protection de l’enfance, qui accueille les mineurs ayant commis des délits. Et enfin, Médiouna accueille également les morts de la capitale économique, qui reposent dans le plus grand cimetière de la région du Grand Casablanca, Al Ghofrane», renchérit un autre habitant de la région. C’est dire que la localité sert de cimetière et de décharge pour la métropole.
Autre son de cloche au niveau du conseil de la ville: «Nous allons élargir le site afin d’en faire une décharge contrôlée aux normes internationales en matière de tri, recyclage et traitement des déchets», tient à préciser un membre dirigeant du conseil. Les habitants de douar Lahlaybia, mitoyen de la décharge, seront relogés dans le cadre du programme ville sans bidonvilles, annonce-t-il.
En fait, la décharge, devenue trop exiguë au fil des ans, est aujourd’hui condamnée à s’élargir. «Les procédures et les études d’impact pour l’acquisition d’un terrain de plus de 90 hectares ont trop traîné depuis 2006. Résultat: même ces 35 hectares ne résoudront le problème qu’à moitié, car d’ici 7 ou 8 ans, il faudra encore chercher à étendre le site», affirme un expert en environnement.
Ce spécialiste suggère de surseoir à cette décision en attendant de trouver des solutions plus radicales. «L’on peut opter, à titre d’exemple, pour une nouvelle génération de décharges éparpillées sur plusieurs sites à Casablanca et non seulement à Médiouna», explique l’expert. En clair, il est possible à long terme de doter chaque région de Casablanca de sa propre décharge.

Plus que 5 hectares exploitables

EN 2008, la commune urbaine de Casablanca (CUC) a choisi la société Ecomed (suite à un appel d’offres international) pour la conception, le financement, la réalisation et l’exploitation de la décharge contrôlée de cette ville ainsi que la réhabilitation de la décharge existante de Médiouna pour une durée contractuelle de 18 ans. La superficie totale restante actuellement en cours d’exploitation est de 5 ha (sur un total de 70). Cinq avenants de prorogation d’une année supplémentaire ont été conclus entre les deux parties (CUC et Ecomed), ce qui a augmenté la durée d’exploitation de cette décharge à 6 ans au lieu des 2 ans prévus initialement dans le cadre du contrat, entraînant un enfouissement en surélévation au-delà de 200 mètres avec un risque potentiel de glissement des talus. Sachant que la décharge se trouve sur une ancienne carrière de 35 mètres de profondeur.

Aziza EL AFFAS

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