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Economie

INDH: L’Observatoire dévoile les défaillances du système

Par L'Economiste | Edition N°:4218 Le 21/02/2014 | Partager
Les ressources n’ont pas toujours profité aux plus faibles
Difficultés dans le monde rural à absorber les budgets mobilisés
Les activités génératrices de revenus représentent à peine 16,3% des projets

Le rapport d’évaluation de l’INDH a souligné une progression des revenus des ménages, mais qui a plus profité aux classes moyennes qu’aux tranches les plus pauvres

L’INITIATIVE nationale du développement humain (INDH) passe au scanner. L’Observatoire national du développement humain (ONDH), chargé du suivi de ce programme, vient de réaliser une évaluation de sa première phase et de son impact sur les populations ciblées. Ce rapport, qui concerne la période allant de 2005 à 2010, souligne que «le bilan technico-financier est globalement positif, avec plus de 22.900 projets initiés, grâce à un budget de 14,6 milliards de DH». Néanmoins, l’analyse des détails de ce document permet de ressortir une série de défaillances, qui appellent à effectuer un recadrage du mode opératoire de l’INDH. En effet, «la distribution des ressources aux populations cibles s’est avéré non concordante avec le critère de pauvreté», est-il indiqué. Les enquêtes réalisées par l’ONDH, présidé par Rachid Benmokhtar, actuel ministre de l’Education nationale, ont montré que les dotations par habitant semblent plus importantes dans les régions où le taux de pauvreté se situe entre 10 et 20%, que dans celles où ce taux est supérieur à 20%. Ce qui rend nécessaire «un affinement de la méthode de ciblage géographique». Ces dysfonctionnements ont été plus visibles dans le milieu rural. Ainsi, les campagnes n’ont pas pu absorber toutes les ressources mobilisées pour leur développement. Le rapport de l’ONDH souligne que «les dépenses au titre du programme de lutte contre la pauvreté en milieu rural ont été inférieures aux prévisions de 20,4%». Néanmoins, les rédacteurs de ce document imputent cette situation aux «rigidités caractérisant les procédures d’allocation des ressources aux bénéficiaires, et à la faible capacité de ces derniers à concevoir et réaliser des projets». Parallèlement, si le monde rural a profité de 54,3% du nombre des projets, il n’a eu droit qu’à 36,4% des crédits globaux. Cela est dû à la faible implication des autres partenaires de l’INDH dans les campagnes comme c’est le cas dans les villes. Or, «cela remet en cause l’un des principes structurants de l’Initiative, à savoir le traitement à égalité en matière d’allocation budgétaire, de la pauvreté rurale et de l’exclusion urbaine».
Globalement, le revenu moyen des ménages dans les zones ciblées en milieu rural, a connu une augmentation de 20,3% contre 10,2% dans celles non ciblées. Cependant, l’examen des performances dans les détails fait ressortir que cette progression a profité moins aux ménages les plus pauvres qu’à ceux appartenant à la classe moyenne. Néanmoins, cette tendance s’est accompagnée d’une «amélioration relative à l’accès aux services de base». Quoique l’impact de l’INDH n’a pas été fortement ressenti dans ce domaine, dans la mesure où les programmes lancés par l’Etat, notamment celui de raccordement à l’eau et à l’électricité, ont réalisé des avancées considérables. En face, les résultats en milieu urbain semblent suivre une autre logique. En effet, il a été constaté «une augmentation des revenus plus importante dans les quartiers non ciblés que dans ceux concernés par l’INDH».
Par ailleurs, d’autres défaillances ont été également pointées. C’est le cas notamment des activités génératrices de revenus, principal moyen de lutte contre la pauvreté, qui n’ont représenté que 16,3% du nombre total des projets. Pire, elles n’ont absorbé que 8,6% des dépenses engagées. Pour les responsables de l’ONDH, cela s’explique par le fait que «le coût du micro-crédit, le niveau de la contribution exigée pour adhérer à une coopérative ou pour bénéficier des financements apparaissent souvent trop élevés pour les porteurs des projets. Ce qui est de nature à inhiber toute velléité entrepreneuriale.

Faible impact

GLOBALEMENT, si les projets de l’INDH ont permis d’assurer une amélioration relative des revenus des ménages, les objectifs fixés au départ sont loin d’être atteints. Ainsi, «l’Initiative n’a pas eu d’effet probant ni sur la santé infantile, ni sur la scolarisation des enfants», peut-on lire dans le rapport de l’ONDH. Pourtant, il s’agit de deux dimensions essentielles du développement humain. Néanmoins, l’impact a été plus important en matière d’amélioration d’accès aux soins de santé pour les adultes. Parallèlement, les responsables de l’Observatoire estiment que «les effets des programmes dans les domaines de l’éducation et de la santé ne se font sentir qu’à long terme». En outre, le document de l’ONDH pointe aussi une défaillance de gouvernance, due à la faible mobilisation des communes, qui doivent s’engager à s’approprier les projets lancés ainsi que leur fonctionnement. Cela doit aussi s’accompagner d’une meilleure convergence des projets de l’INDH et ceux de l’Etat et des collectivités locales. Aujourd’hui, la convergence n’est recherchée qu’après la finalisation des projets, alors qu’elle devait guider leur réalisation.

Mohamed Ali MRABI

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