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Economie

Visite royale en Afrique: Un mégaprojet de fertilisants pour le continent

Par L'Economiste | Edition N°:4218 Le 21/02/2014 | Partager
Un investissement de l’OCP de 5,1 milliards de DH
Une production d’un million de tonnes d’engrais par an destinée à l’Afrique
Energies renouvelables, infrastructures, agroalimentaire… les secteurs porteurs

Plusieurs dossiers notamment politique et de sécurité régionale au menu de l’entretien en tête à tête, jeudi dernier, entre le Roi et le président malien Ibrahim Boubakar Keita

Le Maroc est mobilisé pour l’Afrique! Ce n’est pas un slogan publicitaire lorsqu’on voit l’ampleur et la force de la délégation qui accompagne le Souverain dans cette visite africaine. Des ministres importants pour la signature de plusieurs accords. Jeudi dernier, le Roi a supervisé, en compagnie du président malien Ibrahim Boubakar Keita, la cérémonie de signature de 17 conventions de partenariat bilatéral. Parallèlement, plusieurs hommes d’affaires figurent également dans la délégation officielle. Des présidents  de banques, de grandes entreprises, des patrons d’établissements publics… sont prêts à se lancer dans la bataille du développement du Mali et d’autres pays africains. Et là comme ailleurs, le mode opératoire, expérimenté, a fini par donner ses fruits. C’est le cas de Mustapha Terrab qui a fait une annonce qui devra changer la cartographie et la physionomie de la sécurité alimentaire dans le continent noir. En fait, il s’agit d’une décision du Souverain qui consiste à construire une usine de production d’engrais  entièrement dédiée à l’Afrique. Elle constitue une nouvelle illustration de l’engagement du Roi aux côtés des ses pairs africains. Le patron du groupe OCP décline l’initiative qui vise à accompagner la croissance des marchés africains. «Une croissance qui dépendra de la visibilité donnée aux distributeurs d’engrais. Il s’agit d’assurer un approvisionnement continu et régulier des distributeurs afin qu’ils puissent eux-mêmes répondre aux besoins du marché», a-t-il ajouté.
La réalisation du projet, qui sera implanté à Jorf Lasfar, nécessitera la mobilisation de 600 millions de dollars, soit plus de 5,1 milliards de DH. Cette usine, dont les travaux ont démarré il y a près de deux ans, sera inaugurée au cours des prochains mois. Pour le patron du groupe OCP, «c’est la première fois qu’un producteur d’engrais dédie une capacité qui n’est pas des moindres au marché africain, puisqu’il s’agit de la production de 1 million de tonnes par an». Ce projet s’inscrit dans la volonté marocaine de faire utiliser en priorité les ressources naturelles en Afrique pour satisfaire les besoins des économies du continent. 
Le ministre malien de l’Energie et des mines Boubou Cissé n’a pas dissimulé sa joie devant cette annonce. «La réalisation de cette unité de production d’engrais destinée au marché africain est une bonne nouvelle pour l’ensemble du continent», a-t-il souligné, en marge du Forum économique maroco-malien, tenu mercredi à Bamako au cours de la visite royale. «Quand le Maroc se porte volontaire pour créer une unité industrielle et que le Mali, comme les autres pays africains, puissent en profiter, c’est un soulagement pour nous tous», a-t-il affirmé. Pour lui, c’est à travers ce type de coopération Sud-Sud  que le continent africain peut se développer. Le ministre malien a mis en avant l’expérience marocaine en matière de politique de diversification dans le domaine minier qui pourra servir de modèle à l’intégration de ce secteur dans la chaîne économique. Parallèlement, d’autres secteurs porteurs présentent un grand potentiel de coopération bilatérale, de l’avis de Mohamed Boussaid, ministre de l’Economie et des Finances. C’est le cas notamment des énergies renouvelables, des transports, des infrastructures, de l’agroalimentaire… Boussaid a également avancé que «cette visite sera aussi l’occasion de lancer de nouvelles initiatives d’investissement dans les domaines de l’habitat et des matières premières de construction».
Une bonne nouvelle ne vient jamais seule, le président du Mali Ibrahim Boubakar Keita vient d’apprendre que la France allait prolonger sa présence à Bamako via la formation militaire jusqu’en 2016. Des militaires français et allemands vont prendre en charge cette opération. 
Au niveau politique, force est de constater qu’en très peu de temps, le Souverain organise deux voyages en Afrique. Et ces déplacements fréquents s’inscrivent dans une vision stratégique qui consolide le positionnement politique et diplomatique de Rabat dans cette région.
La nouveauté est que les pays de la région du Sahel ne sont pas des bastions traditionnellement acquis au Maroc. Ils ont depuis longtemps été considérés comme des citadelles de l’Algérie. Vu de cet angle, le déplacement du Souverain avec des patrons des entreprises publiques et privées est un signal qui confirme le repositionnement politique et diplomatique dans cette partie de l’Afrique.  D’ailleurs, on ne serait pas étonné d’un rapprochement pour une solution politique entre le président du Mali Ibrahim Boubakar Keita et le secrétaire général du Mouvement national pour la libération de l’Azawad, Bilal Ag Cherif. Les observateurs ont été surpris de constater l’audience que le Souverain lui a accordée, ainsi que l’accomplissement de la prière du vendredi à ses côtés, dans une mosquée à Marrakech. Ce rapprochement se ferait sous l’égide du Maroc, avec une proposition d’autonomie sous l’autorité du Mali, note un diplomate. D’ailleurs, la popularité du Souverain dans ces régions a surpris plus d’un observateur. En effet, il bénéficie d’un capital de confiance au sein de la population qu’on mesure aisément par les ferveurs et la sortie du peuple le long de son itinéraire. En peu de temps, le Souverain est en train de construire une image charismatique en Afrique. Sans la puissance financière ou économique d’autres chefs d’Etat, il est en train de conquérir le cœur des Africains.
Rappelons que la RAM avait très vite saisi le message royal. Même si l’expérience de sa filiale Air-Sénégal avait tourné court, la compagnie dessert actuellement 30 destinations africaines contre 23 il y a quelque temps. C’est même devenu la première compagnie aérienne de l’Afrique de l’Ouest. L’entreprise, présidée par Driss Benhima, compte aller à la conquête au-delà de la sphère de l’Afrique de l’Ouest. En effet, elle a entamé un repositionnement stratégique pour s’attaquer aux marchés anglo-saxons africains.

Codéveloppement

Depuis quelques années, les multiples voyages du Roi dans le continent noir, inscrits dans une logique stratégique, ont créé des ouvertures économiques pour les entreprises. Et l’Etat donne l’exemple pour rassurer le secteur privé sur la pertinence d’aller à la conquête de l’Afrique. Ainsi, le Souverain a engagé les entreprises publiques comme la RAM, l’ONEE… Des campagnes de sensibilisation ont été menées dans plusieurs pays. Maroc Export avait organisé sur l’Afrique, plusieurs caravanes de prospection, avec le déplacement sur place de ministres et de plusieurs entreprises. Tout le monde est persuadé qu’une forte implantation économique donnerait à Rabat une influence politique régionale sans commune mesure. C’est une carte supplémentaire que le Maroc pourrait sortir avec des pays européens pour donner un contenu aux fameux concepts de colocalisation et de codéveloppement.

Mohamed CHAOUI

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