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Analyse

Médicaments: Le marasme s’installe

Par L'Economiste | Edition N°:4218 Le 21/02/2014 | Partager
Le marché privé a quasiment stagné en 2013
Les ventes ont atteint 8,97 milliards de dirhams
L’une des causes, l’effet d’anticipation sur la baisse des prix

Outre la baisse des prix des médicaments, à l’origine d’une situation d’attentisme chez les distributeurs, le marasme s’explique également par la saturation des régimes de couverture médicale

Le marché privé du médicament se grippe. Les chiffres de l’IMS au titre de l’année 2013 parlent d’une progression de 2,6% contre 5,6% en 2012. Soit un chiffre d’affaires de 8,97 milliards de dirhams contre 8,75 milliards de dirhams en 2012. «En fait, il faudrait comparer l’évolution des médicaments déjà sur le marché. Ils devraient avoir baissé de 25 à 30%. Par conséquent, si l’on intègre les produits introduits en 2013 et qui gonflent toujours le chiffre d’affaires, les statistiques de l’IMS s’en retrouvent faussées», affirme un industriel. Mais une chose est sûre: la période de grâce des croissances à deux chiffres aura vécu. «Le marché du médicament au Maroc est de taille modeste et connaît habituellement des croissances limitées par rapport à des pays comme la Tunisie ou l’Algérie. De plus, c’est un marché qui a atteint sa maturité. Le secteur a également été impacté par la crise économique dont les effets ne se sont fait sentir qu’en 2013», déclare un responsable d’une multinationale. D’autres facteurs sont également avancés pour expliquer la contre-performance. L’année a été marquée par les tractations laborieuses entre les industriels et le ministère de la Santé au sujet du décret sur le nouveau mode de fixation des prix du médicament. «Les longues discussions avec la tutelle ont mis les grossisteries et les pharmacies d’officine dans une situation d’attentisme. Etant donné qu’ils manquaient de visibilité par rapport à la date de l’entrée en vigueur des baisses des prix, ils se sont gardés de s’approvisionner en médicaments. Ce qui explique les méventes au niveau des industriels», affirme Abdelhak Benkkabou, président de Synthémédic. Mais les avis sont partagés quant à l’impact de cette baisse. Après la publication du décret en janvier dernier, industriels, grossistes et pharmaciens d’officine sont fixés sur la date de l’entrée en vigueur des nouveaux prix d’environ 800 médicaments. Ce qui aggrave d’ailleurs la situation puisque les baisses des ventes se sont poursuivies en janvier.
D’autres facteurs sont invoqués par la profession. Au cours des trois dernières années, le prix d’environ 600 médicaments a baissé sur décision ministérielle. Ce qui devrait expliquer, en partie, la baisse du chiffre d’affaires, qui n’a pas été compensée par l’effet volume attendu. «Faute d’une couverture médicale élargie, la baisse des prix ne s’est pas traduite par une hausse des volumes», affirme un industriel.
Depuis les trois dernières années, les achats de médicaments par le ministère de la Santé via les appels d’offres ont largement augmenté. Ils sont passés de 1,4 milliard de dirhams à plus de 2,4 milliards en 2013. Pour cette année, le budget médicament sera de 2,6 milliards de dirhams. Des approvisionnements destinés notamment aux hôpitaux chargés de livrer directement les médicaments aux Ramedistes. «Le marché public du médicament se traduit par un transfert de chiffre d’affaires au détriment du marché privé. Or, les industriels soumissionnent aux appels d’offres avec des prix largement minorés dans le seul but de continuer à faire tourner leur outil de production», précise Mohamed Houbachi, président de Polymédic. Pour l’industriel, la timide évolution du marché du médicament s’explique aussi par «la saturation des régimes de couverture en place tels que l’AMO, le Ramed et autres assurances privées». C’est la raison pour laquelle il suggère d’accélérer l’élaboration d’un dispositif dédié aux catégories non couvertes jusqu’à présent tels que les indépendants et les étudiants.
Une autre raison pourrait expliquer la contre-performance du secteur en 2013. «Il y a un grand nombre de nouveaux produits qui ont été admis par l’Anam dans la liste des médicaments remboursables, mais n’ont toujours pas eu le visa du ministère», précise-t-on auprès de la profession.

2014, année de tous les dangers?

La baisse des prix d’environ 800 médicaments devrait intervenir vers le mois d’avril.. La liste des produits concernés devrait être rendue publique en mars. Grossistes et pharmaciens d’officine sont dans l’expectative. Pas question donc de s’approvisionner avant la publication de la liste des nouveaux prix. L’attentisme durera donc encore plusieurs semaines. Avec l’entrée en vigueur et les méventes au cours du premier trimestre, les industriels s’attendent à une baisse de 10 à 15%. En effet, la baisse des prix ne manquera pas d’impacter lourdement le chiffre d’affaires du secteur en 2014.

Hassan EL ARIF

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