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Politique Internationale

Comment la Tunisie redécouvre le terrorisme

Par L'Economiste | Edition N°:4213 Le 14/02/2014 | Partager
Les habitants encore sous le choc de «l’opération Raoued»
Dans cette lutte, le pays passe à la vitesse supérieure
Les réseaux ont profité d’une situation de faiblesse de l’Etat et de désordre

Les 7 présumés terroristes ont été abattus après qu’ils aient refusé de se rendre. Ils ont été abattus lorsqu’ils ont essayé d’attaquer les forces de l’ordre encerclant la maison (sur la photo) à Raoued et de commettre des attentats-suicides. Le suspect n°1 de l’assassinat de l’opposant Chokri Belaid en février 2013, Kamel Ghadghadi, était équipé d’une ceinture explosive

LES opérations antiterroristes ont pris de l’ampleur depuis la fin de la semaine dernière en Tunisie. Alors que le pays célébrait en grande fanfare, et en présence de prestigieux hôtes, dont le prince Moulay Rachid, la nouvelle Constitution tunisienne, les opérations antiterroristes se préparaient en secret dans les couloirs de l’Intérieur. En effet, la riposte du nouveau gouvernement Mehdi Jomâa contre le terrorisme n’a pas tardé. Le danger est devenu omniprésent avec le déplacement des réseaux des régions rurales et montagnardes aux régions urbaines. Les groupuscules extrémistes s’étant petit à petit infiltrés dans les quartiers d’habitation, en l’occurrence dans la capitale.
L’intervention musclée et inattendue des forces de l’ordre appuyée par la très puissante brigade antiterroriste «BAT» s’est soldée par le décès d’un gendarme tunisien et plus de 7 «terroristes» dont Kamal Ghadghadi, suspect n°1 de l’assassinat de l’opposant Chokri Belaid en février 2013. Le lendemain, en l’espace de quelques heures, une opération similaire a eu lieu à Borj Louzir faisant état de 3 morts dont le dénommé «le Somalien» accusé d’avoir assassiné Mohamed Brahmi, membre de l’Assemblée de la Constitution en été 2013.
En l’espace de quelques heures, les régions de Raoued et de Borj Louzir, zones d’habitation jusque-là paisibles, ont été projetées au cœur de l’actualité.
Aujourd’hui, en Tunisie, une nouvelle polémique a éclaté. Et pour cause, l’exécution des principaux accusés dans l’assassinat de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi n’a pas livré ses secrets. Le frère de Chokri Belaid et la veuve de Mohamed Brahmi estiment que la page n’est pas encore tournée et que le deuil ne se fera qu’avec l’accès à la vérité complète sur ces affaires.
Autre polémique, celle de l’utilisation du mot «terroriste» dans les conférences de presse et médias. Certains activistes, cheikhs et même avocats ont en effet exhorté à ne plus qualifier les personnes exécutées de «terroristes», en l’absence de «preuves» sur leur inculpation. Une proposition qui a provoqué un tollé chez une large partie de la population. La diffusion d’un talk show dans une chaîne de télévision locale, interviewant le père de Kamel Ghadghadi qui considérait son fils comme une victime, et la compassion de l’animateur avec un père en deuil, n’a pas arrangé les choses. Le lendemain, le syndicat des journalistes tunisiens est monté au créneau dénonçant fermement les «dépassements» du journaliste et refusant toute considération des présumés terroristes comme victimes.
Au-delà de toute polémique, c’est un grand pas franchi dans la lutte antiterroriste. A Raoued, premier lieu des interventions armées, un quartier périphérique juste à l’orée de la prestigieuse zone touristique de Gammarth dans la banlieue nord de Tunis, le danger terroriste avait atteint son summum. Surtout après la diffusion d’informations sur le squat de plusieurs maisons par des personnes recherchées et jugées «dangereuses» dont Kamal Ghadghadi.
Pour mieux comprendre ce qui s’est passé, L’Economiste s’est déplacé à Raoued. A peine arrivés sur les lieux, au milieu d’allées, de flaques et de maisons en chantier, la situation semblait être revenue à la normale ou presque mais la tension était toujours palpable. Approcher les habitants n’a pas été chose aisée. Les premières interrogations sur les événements du week-end se sont soldées par un niet sans équivoque. Une méfiance des médias et des journalistes était très apparente chez les habitants. Les traits encore marqués par les événements, seuls quelques-uns racontent les péripéties d’une soirée infernale qu’ils ont toujours du mal à oublier. Dans sa petite épicerie: Haj Mohamed nous accueille, encore sous le choc. «Pendant deux jours, nous avons été pris en otage par les événements. Avec les échanges de tirs et les cris assourdissants des habitants, Raoued est devenu en l’espace de quelques heures une zone de guerre ouverte. «Nous n’avons rien vu venir. Je suis épicier depuis des années ici. Les gens racontent depuis des semaines que de jeunes personnes sont venues s’installer. Mais nous n’avons rien remarqué de suspect. Ici, la plupart des personnes travaillent et quittent tôt le matin pour revenir le soir», poursuit-il. Même son de cloche chez Slah, un quadragénaire, habitant dans la région depuis une dizaine d’années: «Les personnes exécutées n’appartiennent pas à la région. Les salafistes qui habitent ici sont des nôtres nous les connaissons depuis leur jeune âge. Les personnes qui ont squatté les différentes maisons suspectes sont venues d’ailleurs. On dit qu’elles sont venues du Sud, mais en tout cas les salafistes de Raoued ne sont pas impliqués. Ce ne sont pas des djihadistes». Il est interrompu par un jeune qui rétorque: «Nous ne sommes plus sûrs de rien. Ces personnes ont ramené leurs munitions, leurs ceintures bourrées d’explosifs et ont vécu à nos côtés pendant des mois sans que personne ne se doute de rien».  Leur avis et leurs versions des faits diffèrent certes mais tous restent sous le choc d’un évènement qu’ils ne maîtrisent pas.

Apprendre à fabriquer des explosifs

Suite aux interventions, le département de l’Intérieur a multiplié les conférences de presse et interventions télévisées expliquant la montée de groupuscules intégristes dont la plupart sont partis pour le djihad en Syrie ou en Libye avant de rejoindre le pays en recourant à des pseudonymes. Ils ont tous appris les techniques de guerre et surtout à fabriquer des engins explosifs. Selon eux, l’intervention a permis  «d’anticiper». Les suspects auraient observé, scruté, et entamé des préparatifs pour probablement attaquer plusieurs endroits.
Aujourd’hui, le ministère de l’Intérieur est sur le qui-vive. Il passe à la vitesse supérieure et compte ratisser large pour sortir le pays du bourbier terroriste. La menace s’est accentuée depuis que le pays a fait sa révolution, l’amnistie générale ayant permis la libération de plusieurs dizaines de personnes dont certaines étaient jugées «dangereuses», le démantèlement des réseaux de recrutement des volontaires pour la Syrie, la Libye... Les réseaux ont profité d’une situation de faiblesse de l’Etat et de désordre, de la situation en Libye pour former des cellules mises en veille sur tout le territoire.  Aujourd’hui, la pression est énorme sur les forces de sécurité. Les présumés «terroristes» restent un pur produit local n’ayant en apparence aucun lien avec les réseaux du terrorisme international.

Chronologie de l’intervention

L’opération d’intervention s’est déroulée en plusieurs étapes. D’abord, l’encerclement de la maison suspecte, les négociations puis les échanges de tirs d’armes automatiques entre les forces de l’ordre et les suspects. L’opération aura duré en tout et pour tout vingt heures. Vingt éprouvantes heures pour les habitants du quartier. Le ministère de l’Intérieur n’a pas lésiné sur les moyens: forces spéciales, munitions, hélicoptères,… Jusqu’au bout, les forces de l’ordre ont joué la carte de la négociation mais en vain.

De notre correspondante à Tunis,
Sihem JAMIL

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