×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Chronique

Brésil Mondial 2014: Un tremplin pour le développement - Par Robert Lanquar

Par L'Economiste | Edition N°:4211 Le 12/02/2014 | Partager

Le Maroc aura l’honneur d’être présent au Mondial 2014. Redouane Achik sera un des arbitres de la Coupe du monde de ##img0##football FIFA 2014 qui se déroulera du 12 juin au 13 juillet. Football en 2014, Jeux Olympiques en 2016, il n’y a que trois pays, le Mexique, l’Allemagne et le Japon qui, depuis 1950, ont relevé le défi d’organiser, sur une période aussi courte, deux évènements sportifs aussi importants. Un cercle vertueux de développement va-t-il se créer alors que la croissance économique du Brésil s’essouffle et que le malaise social s’amplifie?
Malgré une légère reprise fin 2012 en raison de la dévaluation de la monnaie brésilienne, le  real, la croissance de l’économie brésilienne ne sera en 2014 que de 1% avec une inflation élevée. Le chômage devrait encore reculer. Les études réalisées avant 2012-2011 étaient fort optimistes.

Faiblesse de la croissance

Aujourd’hui, le doute s’installe, même chez les politiques. Certes le statu quo se maintiendra jusqu’en juillet 2014. Puis on devra préparer les élections du 5 et 26 octobre où seront choisis le nouveau président, les députés fédéraux et ceux des Etats ainsi que les gouverneurs.
La présidente actuelle, Dilma Rousseff,  devrait se représenter: selon la Constitution du Brésil, ce serait son second et dernier mandat. L’issue de ces élections reste incertaine en raison des interrogations sociales et de l’augmentation du coût de la vie. Les manifestions s’étaient multipliées en 2013, pointant du doigt le coût exorbitant du Mondial 2014, où les places se vendent au double du salaire minimum garanti qui s’élève à 250 euros par mois.
Comme le soulignait l’OCDE dans son dernier Rapport économique sur le Brésil (novembre 2013 en anglais, mars 2014 en français), ce pays était devenu une des principales économies du monde, avec une croissance plus inclusive que par le passé, c’est-à-dire profitant à tous en donnant la priorité à l’éducation, les soins de santé, le logement et les infrastructures routières. La relance macroéconomique a soutenu la demande qui a stimulé le secteur non exportateur. Cependant la crise mondiale a montré les faiblesses du pays en termes de productivité et de compétitivité-coûts. Les communiqués de presse d’Embratur, l’institution fédérale chargée du tourisme, ont beau mettre l’accent sur le bon rang du pays dans les indices de compétitivité comme celui du World Economic Forum, ceux-ci sont à la baisse depuis deux ans. L’inflation restant élevée, la crédibilité de la politique monétaire  est mise à mal. A long terme, cela pourrait avoir un effet négatif sur le budget fédéral et ceux des Etats du pays, d’autant que la population commence à vieillir et que les dépenses de retraite augmentent rapidement. Le Brésil est le 5e pays le plus peuplé au monde avec plus de 201 millions d’habitants (2013). Son produit intérieur brut nominal (le 8e au monde juste après la Russie)  aurait diminué de 0,93% en 2013, mais son IDH – Indice de développement humain – est en augmentation ces dernières années.

Donner plus d’importance au secteur privé

La mondialisation a permis de renforcer le poids du Brésil dans les échanges commerciaux internationaux. La crise a été l’occasion de réactiver vigoureusement  les réformes structurelles. Ce sont les segments les plus ouverts de l’économie, comme l’agro-industrie, qui ont obtenu les meilleurs résultats.
Toutefois, au Brésil, malgré une expansion soutenue du crédit, les financements d’investissement à long terme ne sont pas assez élargis en raison d’une participation insuffisante du secteur privé et de conditions de concurrence quasi abusives liées au soutien financier considérable dont bénéficie la Banque nationale de développement économique et social.

Le tourisme et le Brésil

Le tourisme brésilien profite déjà de la Coupe du monde de football. En 2013, il aura reçu plus de 6 millions de touristes internationaux, une croissance de 6% par rapport à 2012, ce qui le met à la première place en Amérique latine. Il aura fait moins bien que le Pérou dont la croissance des arrivées a été de +12%, ou la Colombie avec +7%. Il sera à égalité avec le Paraguay (+6%) et devant l’Equateur (+5%). Ses recettes auraient atteint 6,7 milliards de dollars. Optimistes, les autorités espèrent cette année recevoir au moins 600.000 touristes de plus grâce à l’effet «Coupe du monde». Pourtant le Brésil restera un pays émetteur de touristes. Le marché brésilien des voyages à l’étranger était de 2,2 millions de voyageurs en 2002. Il est passé à 7,5 millions en 2011. Les premières estimations seraient qu’il dépasserait les 8,5 millions de départs en 2013, ce qui montre une légère stagnation par rapport à 2012. La crise devrait s’étaler au grand jour après la Coupe du monde: moins de Brésiliens se rendront à l’étranger, comme ce qui s’est passé en Espagne depuis 2011. Pour le Maroc, il est bon de voir que les Brésiliens préfèrent l’Europe quand ils font du tourisme à l’étranger. Le Brésil pourrait devenir un marché de niche particulièrement fructueux, recherchant culture et nature à surtout des prix abordables. Le Portugal servirait de hub.

Ensuite, le Brésil n’a pas donné tant d’importance à ses relations avec le Portugal qui est sa tête de pont en Europe et qui veut une alliance avec le Maroc pour mieux intervenir en Afrique, le Continent des Lions, celui qui pourrait bien être la locomotive du développement économique mondial des prochaines années. Le Portugal et le Maroc deviendraient les piliers du pont que le Brésil doit construire pour mieux agir en Afrique.  Enfin, il y a la question de l’énergie. Le Brésil fut longtemps connu pour sa stratégie en faveur des énergies renouvelables avec l’éthanol, d’origine végétale, comme ressource- phare. Les décisions tarifaires prises par la compagnie pétrolière Petrobras, dont le capital est majoritairement public, en faisant baisser le prix de l'essence, portent préjudice à l'éthanol. Une des conséquences est néanmoins positive: les émissions de carbone ont diminué et la déforestation s'est ralentie.
Avec la Coupe du monde de football, les prix pourraient bien continuer sur une tendance haussière jusqu’à 6%. Une autre dévaluation du real ne serait pas surprenante après les élections d’octobre 2014. Certes, la Coupe du monde de football sera un moyen pour accélérer le développement du pays. 2014 pourrait montrer un retournement positif de tendance pour la croissance. Mais les investisseurs internationaux estiment que la bonne année sera 2015, avant les Jeux Olympiques.

Le vrai prix de la Coupe du monde de football

Deux experts de la Banque mondiale, qui ont analysé les retombées de la Coupe du monde de football 2010 en Afrique ##img1##du Sud, ont conjecturé que la même réalité se répéterait en 2014. Si, au départ, on estimait que l’Afrique du Sud n’aurait investi que 2,9 milliards d’euros, en fait ce fut près des 4 milliards, dont 828 millions d’euros consacrés à la construction et à la rénovation de dix stades, 513 millions d’euros pour les aéroports et 345 millions d’euros pour les routes et le train à grande vitesse entre Johannesburg et Pretoria. Les retombées n’auraient généré que 1,8 milliard d’euros; environ 170.000 emplois auraient été créés, surtout pour le tourisme.
Cependant, les touristes sont venus bien moins nombreux que ce qui avait été prévu. Au Brésil, près de 12 milliards d’euros seront dépensés avant le 12 juin 2014, dont 449 millions pour le stade du Maracana de Rio de Janeiro, soit le double du devis initial. Le Rapport Ernst & Young Terco avait malgré tout prévu que «les gains en réputation seraient supérieurs aux gains financiers». Néanmoins ces chiffres ne sont rien par rapport à la fabuleuse facture des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi du 7 au 23 février 2014, avec des dépenses de l’ordre de 35 à 38 milliards d’euros, répartis en fonds publics et investissements privés, pour des travaux colossaux.
A Vancouver au Canada, en 2010, les Jeux d’hiver n’avaient coûté que 1,5 milliard, Turin en Italie en 2006, 3,4 milliards, Nagano au Japon en 1998, 1,26 milliard. Les Brésiliens comptent bien que les infrastructures et équipements de la Coupe du monde de football 2014 feront réduire la facture de l’organisation des Jeux Olympiques de 2016.

Le vrai prix de la Coupe du monde de football

Deux experts de la Banque mondiale, qui ont analysé les retombées de la Coupe du monde de football 2010 en Afrique du Sud, ont conjecturé que la même réalité se répéterait en 2014. Si, au départ, on estimait que l’Afrique du Sud n’aurait investi que 2,9 milliards d’euros, en fait ce fut près des 4 milliards, dont 828 millions d’euros consacrés à la construction et à la rénovation de dix stades, 513 millions d’euros pour les aéroports et 345 millions d’euros pour les routes et le train à grande vitesse entre Johannesburg et Pretoria. Les retombées n’auraient généré que 1,8 milliard d’euros; environ 170.000 emplois auraient été créés, surtout pour le tourisme.
Cependant, les touristes sont venus bien moins nombreux que ce qui avait été prévu. Au Brésil, près de 12 milliards d’euros seront dépensés avant le 12 juin 2014, dont 449 millions pour le stade du Maracana de Rio de Janeiro, soit le double du devis initial. Le Rapport Ernst & Young Terco avait malgré tout prévu que «les gains en réputation seraient supérieurs aux gains financiers». Néanmoins ces chiffres ne sont rien par rapport à la fabuleuse facture des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi du 7 au 23 février 2014, avec des dépenses de l’ordre de 35 à 38 milliards d’euros, répartis en fonds publics et investissements privés, pour des travaux colossaux.
A Vancouver au Canada, en 2010, les Jeux d’hiver n’avaient coûté que 1,5 milliard, Turin en Italie en 2006, 3,4 milliards, Nagano au Japon en 1998, 1,26 milliard. Les Brésiliens comptent bien que les infrastructures et équipements de la Coupe du monde de football 2014 feront réduire la facture de l’organisation des Jeux Olympiques de 2016.

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc