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Competences & rh

Parité: Bond incroyable... en théorie

Par L'Economiste | Edition N°:4210 Le 11/02/2014 | Partager
Le taux de féminisation des postes de responsabilité dans le public est d’à peine 13,5%
Sur les 80 nominations publiques en 2013, seules 13 ont concerné des femmes
Les banques se méfient des businesswomen!

Selon l’indice d’écart de genre du Forum économique mondial (FEM) de 2012, le Maroc occupe le 128e rang sur 135 pays sur le plan de la participation économique des femmes, et la 12e place sur les 15 pays de la région Mena couverts. Il devance à peine l’Arabie Saoudite, la Syrie et le Yémen. En revanche, d’autres pays ont bel et bien renversé la tendance. L’Asie de l’Est, l’Afrique subsaharienne et l’Amérique latine ont inversé la parité hommes-femmes, avec des taux non négligeables

EN moins de 15 ans, le cadre législatif marocain en matière de parité a réalisé un bond incroyable. Constitution, loi organique, conventions internationales… de nombreuses avancées théoriques ont été accomplies. Mais la réalité est autre que celle escomptée. Sur le terrain, elles se battent encore contre les clivages sociaux et financiers. 
Si 48% des étudiants au sein des universités sont des filles ainsi que l’indiquent les statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur, seulement 13,5% d’entre elles arrivent à occuper des postes de responsabilité... dans la fonction publique, selon la tutelle. Dans le privé, les chiffres sont plus difficiles à vérifier. Et pour cause, beaucoup de femmes sont actionnaires au sein des entreprises mais restent passives et ne participent pas à la gestion de l’entité. «Aujourd’hui, nous sommes entre 12.000 et 15.000 femmes chefs d’entreprises, soit 10% du nombre d’entrepreneur au Maroc», souligne Laïla Myara, présidente de l’Association des femmes chefs d’entreprises du Maroc (Afem). 
Pourtant, au sujet de l’égalité économique entre hommes et femmes, de nombreuses avancées ont été enregistrées, en théorie, dans le cadre législatif. Et la nouvelle Constitution est l’une de ces évolutions majeures. Elle approuve l’égalité et spécifie la parité entre les citoyens et citoyennes sur le marché du travail. Pour rappel, la femme a acquis, il y a plus d’une décennie, son droit d’accès aux postes de haut niveau au sein de la fonction publique. Et le code du travail consacre aussi plusieurs articles à la lutte contre les discriminations sexistes dans l’accès à l’emploi et au sein de l’entreprise. Parallèlement, l’Etat marocain n’a cessé de multiplier ses engagements à l’échelle internationale afin de lutter contre la discrimination.
Mais le fait est que dans la pratique, la réalité est toute autre. Sur les 80 nominations décidées par le Conseil de gouvernement en 2013, seules 13 ont concerné des femmes directrices.  Par ailleurs, il n’existe que 3 femmes secrétaires générales au sein des ministères (Pêche, Industrie et Tourisme). 
Comment donc expliquer ce gap persistant? «Le volet de l’intégration de la femme au sein du milieu économique est l’un des parents pauvres de la politique nationale. Nous en sommes encore à la recherche de l’égalité sociale», souligne Salwa Karkri, DG de GFI Maroc. Il est vrai que l’Etat a mis en place un rapport sur le budget du genre, qui précise les conditions d’octroi du budget de l’Etat en faveur des actions initiées pour l’approche genre. «Mais, à aucun moment, ce rapport n’est discuté au sein du Parlement», témoigne Karkri. L’égalité au sein de la société devrait être mise en place à travers des lois qui imposeraient la parité hommes-femmes. «Par exemple, il aurait fallu que la loi organique sur l’accès aux postes de responsabilité impose la sélection d’au moins un CV féminin pour 3 candidatures par poste, parmi ceux présentés au chef de gouvernement», souligne-t-elle. Si la femme a réussi aujourd’hui à franchir les grandes étapes de la modernité, elle reste toutefois handicapée par la stratégie nationale dans le cadre de l’accompagnement économique. «Comme l’Etat met en place des politiques sectorielles pour atteindre des objectifs à un horizon déterminé, ceci aurait dû être le cas pour la féminisation des postes au en fixant des taux précis», rajoute la DG de GFI Maroc.
Par ailleurs, l’écart hommes-femmes est aussi marquant au niveau des entreprises marocaines. La femme est plus présente dans des secteurs tels que les services et le commerce, mais de plus en plus rares dans le milieu de l’industrie. «Les femmes sont plus frileuses quant à l’entrepreneuriat dans le secteur industriel. Pourtant, lorsqu’elles s’intègrent, elles réussissent», explique Aïcha Al Asri Amrani, responsable du pôle création d’entreprises à l’Afem.
Il faut préciser qu’en 2013, un fonds dédié à l’entreprise féminine «Ilayki» a été lancé afin d’accompagner la création d’entités par des femmes. Il s’agit d’un programme favorisant l’accès au crédit pour la chef d’entreprise. Cet accord a été signé entre la Caisse centrale de garantie et l’Afem dont la mission est de renforcer la participation du sexe féminin dans l’économie nationale. «Toutefois, elles ne sont pas nombreuses à bénéficier de ce fonds. Parce que, même si l’Etat garantit 80% du crédit octroyé, les banques ne veulent pas courir de risques», explique Laïla Myara. 
Dans le privé, les entreprises ont autant de mal à intégrer cette logique de parité au sein de leur stratégie, sauf exception. «L’entreprise doit essayer de dépasser les blocages psychologiques afin de mettre en place un environnement favorable qui encourage la femme à aller de l’avant», explique Dounia Taarji, vice-présidente de la commission responsabilité sociale et économique à la CGEM.
Comment arriver à briser le plafond de verre? En accentuant la maîtrise de leurs émotions, dont elles sont naturellement dotées, afin de réussir, à armes égales, à faire leur place dans le monde des affaires. Certaines d’entre elles insistent aussi sur l’éducation comme étant un moyen indispensable afin de sensibiliser les jeunes de demain à la question de parité et à l’apport de la femme en tant qu’acteur social et économique à forte valeur ajoutée.
En tout cas, l’Asie, suivie de l’Afrique subsaharienne, et bien sûr les économies développées, ont bel et bien compris le rôle crucial que peut jouer la femme dans l’essor économique. Dans certains de ces pays, on enregistre un taux d’activité féminin parfois supérieur à celui des hommes. «Au niveau de notre société, même si l’homme a réussi à accepter le rôle primordial de la femme dans le cadre de développement, il a toujours peur qu’elle prenne sa place, alors que son rôle est complémentaire», souligne Al Asri Amrani. «Traditions, diversité culturelle et régionale, accès au financement et au marché,… sont des obstacles qui contribuent à creuser cet écart», ajoute la présidente de l’Afem.

RL & RDA

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