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Education
Le douloureux constat de l’Unesco

Par L'Economiste | Edition N°:4210 Le 11/02/2014 | Partager
Les objectifs 2015 ne seront pas atteints
250 millions d’enfants ne savent ni lire ni écrire alors que 130 millions d’entre eux vont à l’école
Le nombre d’adultes analphabètes n’a baissé que de 1% depuis 2000

Au niveau des pays arabes de l’échantillon Unesco, le Maroc est avant-dernier en matière d’apprentissage. La part des élèves ayant atteint la 4e année du primaire et acquis les connaissances fondamentales est de près de 35% seulement. Pourtant, le pays consacre 25,7% de ses dépenses publiques à l’éducation, soit plus que le seuil recommandé par l’Unesco (20%)

L’éducation pour tous (EPT), ce n’est pas pour demain la veille! Le dernier rapport de l’Unesco l’a relevé sans ambages, les objectifs de 2015 ne seront pas atteints. Qu’il s’agisse de l’accès à l’école, de l’abandon scolaire, de la qualité de l’enseignement, de l’encadrement ou encore des financements, peu d’avancées ont été réalisées sur la dernière décennie. Pis encore, il faudrait encore des dizaines d’années, voire un siècle avant de voir tous les objectifs réalisés pour tous les pays!
Il est vrai que des efforts ont été consentis, mais ils restent insuffisants. Pour le préprimaire, par exemple, le taux brut de scolarisation est passé de 33% en 1999 à 50% en 2011, soit 60 millions d’enfants supplémentaires. Cela dit, l’objectif était de 80% en 2015. Un vœu pieux! Et encore, si ce taux a progressé c’est en grande partie grâce à l’enseignement privé. Plus du tiers des enfants préscolarisés en 2011 étaient inscrits dans des établissements privés. Cette part a atteint 71% dans les pays arabes.
L’enseignement primaire universel demeure aussi un rêve bien lointain. Même si le nombre d’enfants non scolarisés a été divisé par deux depuis 1999, en 2011 près de 57 millions d’enfants n’étaient pas scolarisés, dont 54% de filles (60% dans les pays arabes). Ce taux n’a d’ailleurs pas changé depuis 2000 selon l’Unesco.
Malheureusement, environ la moitié de ceux qui n’ont pas pu aller à l’école, et les deux tiers des filles non scolarisées des pays arabes, n’ont aucune chance d’y avoir accès un jour.
En matière d’abandon scolaire, aucune amélioration n’a été constatée. En 2010, un quart des élèves n’a pas pu achever le primaire. Cependant, dans les pays arabes, ce taux s’est amélioré, il est passé de 21% en 1999 à 13% en 2010. Mais encore faut-il que la qualité soit au rendez-vous! Selon le rapport, plus de 250 millions d’enfants ne savent ni lire ni écrire aujourd’hui, même si 130 millions d’entre eux vont à l’école! C’est dire la faible performance des systèmes d’éducation mis en place.
La qualité c’est un problème de modèle d’enseignement, de manque d’infrastructures, mais aussi d’encadrement. Ces dernières années, les recrutements d’enseignants n’ont pas suffi à accompagner la hausse des effectifs scolarisés. Selon l’institut des statistiques de l’Unesco, 5,2 millions d’enseignants sont nécessaires entre 2011 et 2015, soit un million par an. L’Afrique subsaharienne concentre 58% des besoins du primaire. 225.000 recrutements annuels y sont requis. Or, sur la dernière décennie, seulement 102.000 ont été embauchés chaque année. Par conséquent, les profs en activité se retrouvent avec des classes surchargées. Au Malawi, par exemple, les classes de première année du primaire comptent 130 enfants pour un enseignant.  
Par ailleurs, dans un tiers des pays, 25% des enseignants n’ont pas suivi de formations conformes aux normes nationales. C’est notamment le cas dans le niveau préscolaire. Selon l’Unesco, en 2015, sur un total de 122 pays, seuls 56% arriveront à atteindre un taux net de scolarisation. Pour les autres, il va falloir encore attendre.
Dans le premier cycle du secondaire, le taux brut de scolarisation a gagné 10 points en près de 10 ans pour se situer à 82% en 2011. Mais les inégalités entre pauvres et riches persistent. Le taux d’achèvement du cycle secondaire, essentiel pour l’acquisition des compétences fondamentales, n’est que de 14% chez les plus démunis, contre 61% chez les plus aisés. 
Au total, l’enseignement secondaire universel n’a été réalisé qu’à hauteur de 32% en 2011. Il ne devrait pas dépasser les 46% d’ici 2015.
Le nombre d’adolescents non scolarisés stagne à 69 millions de jeunes depuis 2007.
Côté adultes, la situation est beaucoup plus dramatique. Près de 774 millions d’entre eux sont analphabètes (les deux tiers sont des femmes).
Leur nombre n’a baissé que de 1% depuis 2000! En 2015, il devrait se situer à 743 millions. La plus forte progression de l’alphabétisation des adultes a été enregistrée chez les pays arabes, mais en raison de la croissance démographique les résultats restent peu significatifs (48 millions d’adultes analphabètes contre 52 auparavant). En 2015, seuls 29% d’un échantillon de 87 pays pourront atteindre l’alphabétisme universel.
Concernant la parité, les disparités restent énormes. 20% seulement des pays à revenu faible ont pu réaliser la parité dans le primaire, 10%  y ont arrivé dans le collège et 8% dans le lycée. Le taux global est de 63% des pays en 2011, il pourrait passer à 70% d’ici 2015.
Le chemin est encore long avant de voir tous les objectifs réalisés.
Concernant l’enseignement primaire universel, par exemple, il ne devrait être atteint qu’à l’horizon 2030 par les garçons des familles riches des pays à revenu faible à moyen. Il serait, en revanche, encore hors de portée en 2060  pour les filles pauvres des pays à faible revenu. Les filles les plus pauvres des pays subsahariens, elles, devraient attendre  jusqu’en 2086. Pour l’achèvement du collège, l’objectif ne sera atteint par les filles les plus pauvres en Afrique subsaharienne qu’à partir de 2.111.

38 milliards de dollars nécessaires en 2015

Le financement fait aussi partie des principaux obstacles à l’éducation pour tous. Près de 26 milliards de dollars sont nécessaires d’ici 2015 pour une éduction de base de qualité pour tous. Une enveloppe difficile, voire impossible, à assurer. D’autant plus que la conjoncture n’aide pas. Si l’on englobe le premier cycle du secondaire le déficit de financement passe à 38 milliards de dollars.
Les Etats ont, certes, augmenté leurs dépenses d’éducation durant la dernière décennie. Elles sont passées de 4,6% du PNB en 1999 à 5,1% en 2011. Mais ça reste insuffisant. L’Unesco regrette qu’aucun seuil n’ait été fixé pour les objectifs de 2015. Selon l’organisation, au-delà de 2015, chaque pays devrait consacrer au moins 6% de son PNB à l’éducation. Une part que seuls 41 pays sur 150 ont pu assurer en 2011. Il est également conseillé d’allouer 20% du budget de l’Etat à l’éducation. Et là encore, la moyenne des dépenses est de seulement 15% à l’échelle internationale. Afin d’assurer les 20% nécessaires, l’Unesco recommande aux pays à revenu faible à moyen d’élargir leur assiette fiscale. Cela pourrait permettre de dégager près de 153 milliards de dollars en 2015. La mesure n’est évidemment pas simple, mais l’organisation préconise de lutter contre les pratiques fiscales illégales. En Afrique, elles coûtent au gouvernement environ 63 milliards de dollars par an. En récupérer 20% pour l’éducation permettrait de récolter des financements supplémentaires de plus de 12,5 milliards de dollars par an.

Ahlam NAZIH

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